‹ Rome souterraineChapitre 226 sur 338 · Agresti turbida cultu · texte numérisé non relu

Agresti turbida cultu

Nuda ImmeroSj intonsa gênas, exserta lacenos, (V. 21, 22.)

2. De hono patientiie. §§ 2, 3.« Exerti ac seminudi pectoris inverecuiida jactantia. »

telle ou telle personne enterrée dans cette chambre, mais parce que, quand on voulait personnifier l'assemblée des fidèles, l'Eglise, on le faisait sous la figure d'une femme. Dans les épîtres de saint Paul et dans les écrits des plus anciens Pères, l'Église est appelée l'épouse du Christ, qui n'a ni taches ni rides. Elle partage, comme nous l'avons déjà vu, le privilège de Marie, étant comme elle une vierge pure et une mère féconde; beaucoup de traits de l'une, selon la remarque de saint Ambroise, peuvent être appliqués à l'autre : une femme est devenue ainsi l'image naturelle de l'Eglise entière. A Rome, dans la mosaïque de l'église de Sainte-Sabine, œuvre du pape Célestin au commencement du v^ siècle, les deux Eglises, celle issue du judaïsme, celle formée des incirconcis, sont représentées par deux femmes debout, tenant à la main un livre ouvert. L'une,-désignée par cette légende lECCLESIA EX CIRCUMCI- SIONE, a au-dessus d'elle saint Pierre; l'autre, dont l'origine est exprimée parles mots ECCLESL4 EX GEN- TIBUS, est accompagnée de saint Paul : allusion à la vocation spéciale des deux apôtres, exprimée par ces mots de l'épître aux Galates : Creditum est milii Evangelium prœputiiy sicut Petro Evangelium circumcisionis^ . Les mosaïques, conservatrices, si l'on peut ainsi parler, plutôt que créatrices, reproduisirent en général les types déjà consacrés par la peinture ; et il est probable que ces deux figures de l'Eglise furent empruntées par le mosaïste du v* siècle à une tradition depuis longtemps établie dans l'art chrétien. Cette forme symbolique de l'Eglise ne fut jamais abandonnée; nous la retrouvons souvent au moyen âge, sculptée sur les portails des cathédrales gothiques ; on peut voir, dans un manuscrit du xi"^ ou xii*-' siècle, conservé à la bibliothèque Barberini, et contenant les prières liturgiques pour la bénédiction du cierge pascal, l'image d'une orante. audessus de laquelle est écrit le mot EC CL ESI A. Quelle

I. Barbet de Jouy, les Mosaïques chrétiennes de Rome^ p. ^. — Les figures de saint Pierre et de saint Paul n'existent plus.

que soit, du reste, la signification précise de la figure féminine représentée les bras étendus dans la fresque de notre cubîculum, qu'elle soit l'image d'une dame chrétienne, ou de l'Eglise, ou de la vierge Marie, qu'elle soit, comme dans l'épitaphe d'Abercius, la personnification de la Foi\ cela est, au fond, peu important. L'attitude de Vorante, sa place auprès de l'autel, suffisent à appeler notre attention : elle nous rappelle ces mots de saint Cyprien : « Les prières les plus puissantes sont celles qui sont faites en présence des offrandes consacrées. »

Nous avons déjà parlé du sujet qui fait suite à celui-ci, les sept disciples assis ensemble devant le poisson et le pain (planche VII). Sa signification eucharistique nous paraît évidente, et nous jugeons ainsi, non-seulement d'après la disposition et la place de la peinture, mais d'après les témoignages formels des Pères de l'Église, et en particulier de saint Augustin. Un critique allemand refusait récemment de voir dans <:ette fresque autre chose qu'une représentation des agapes chrétiennes, ou une allusion au banquet mystique du paradis. Ces deux sujets sont quelquefois dessinés dans les cata- •combes : ils ne ressemblent en rien à la composition uniforme représentant le repas des sept disciples. On y voit souvent des femmes assises à côté des hommes : le nombre des convives n'est pas fixe, il varie selon les convenances de la composition et les caprices de l'artiste. Au contraire, dans toutes les images du repas préparé par Jésus sur les bords du lac de Tibériade, le nombre des convives est invariable, ils sont sept, et tous du sexe masculin. Dans le cubiculum A% ce sujet est peint sur la même muraille que l'image du Baptême, à laquelle il fait suite : visible indice du sens sacramentel que lui prêtaient les premiers chrétiens. Dans le cubiculum A^, nous avons déjà fait remarquer, comme le principal caractère des peintures qui le décorent, le parallélisme constamment établi entre la figure et la ireprésentation littérale des mêmes mystères : ainsi, près de

Page 1