Ibid.j 1866, p
4o6 ROME SOUTERRAINE.
fait maintenant partie de la collection Slade au British Muséum; nous donnons un dessin de l'autre, page 422,
fig' 40.
Ces deux exceptions ne suffisent probablement pas à infirmer l'opinion acceptée par tous les archéologues, qui s'accordent à considérer Rome comme la seule place où cette sorte de verres ait été fabriquée. Le P. Garrucci va plus loin : d'après lui, l'art de décorer ainsi le fond des coupes aurait été particulier aux chrétiens de Rome. Il est peu vraisemblable que les chrétiens aient inventé un art inconnu de leurs compatriotes païens. Certaines coupes de verre sont ornées de iigures non-seulement mythologiques, mais idolâtriques, c'est-à-dire accompagnées [d'invocations aux dieux. Celles-là sont évidemment d'origine païenne. Il est vrai que la presque totalité des fonds de coupe ornés de figures a été découverte dans les catacombes. Mais cela s'explique aisément. D'une part, c'était l'usage de fixer dans la chaux fraîche, immédiatement après la fermeture des loculi souterrains, des monnaies, des lampes, des ustensiles de diverse nature, bien souvent de fabrication païenne : il n'est donc pas surprenant qu'un petit nombre de coupes décorées d'images étrangères au christianisme aient été découvertes dans les catacombes, et cela n'implique nullement que ces dernières coupes soient l'œuvre d'artistes chrétiens. D'autre part, si des verres de cette nature n'ont presque jamais été trouvés dans les tombeaux païens, il faut remarquer que l'on n'en a pas découvert dans les tombeaux élevés à la surface du sol que les chrétiens ont possédés dès les premiers siècles, et qui sont devenus d'un usage si général dans l'Église après l'année 312. Dans les tombeaux tant païens que chrétiens construits sub dio. ces verres fragiles et précieux ont dû périr ou être dérobés; dans les catacombes, leurs fonds ont été protégés par l'épaisse croûte de mortier qui avait fini par faire corps avec eux. Ainsi s'explique que dans les catacombes seules, à part de rares exceptions, aient été découverts des débris de coupes à fond d'or. Cavedoni conjecture qu'un grand nombre de verres
ainsi décorés ont été détruits, spécialement dans les tombeaux non souterrains, pour en retirer l'or qu'ils contenaient. Cette conjecture est confirmée par plusieurs exemples récemment découverts, où l'on reconnaît que la feuille d'or a été en partie extraite, au moyen d'un instrument, d'entre les deux plaques de verre qui la renfermaient ^ Les Juifs « marchands de verre cassé, » qui exerçaient leur commerce dans le Transtevere dès le temps de MartiaP, ont probablement contribué à diminuer le nombre de ces frêles ustensiles.
Il est difficile de déterminer avec précision l'époque à laquelle appartiennent les verres des catacombes. Olivieri en découvrit un dans le cimetière de Calliste, sur lequel étaient représentées plusieurs monnaies, dont une, qui semblait occuper la place d'honneur, portait la tête de Caracalla^. Sur un autre verre est écrit le nom de Marcellin, martyrisé sous Dioclétien en 304^. D'après la forme des vêtements, le style des coiffures, l'orthographe des inscriptions et des légendes, le P. Garrucci considère tous les verres chrétiens comme antérieurs à Théodose. Quelquesuns appartiennent certainement à l'époque des persécutions. M. de Rossi a vu l'empreinte de trois vases de verre dans l'endroit même où il a découvert une inscription datée de 2pi^. Il range tous les fragments de cette nature dans une période qui s'étend entre le milieu du m® et la tin du IV® siècle.
Les sujets dessinés sur les fonds de coupe sont plus variés que ceux peints à fresque dans les catacombes. Quelques-uns, nous l'avons dit, sont certainement païens : scènes mythologiques, dieux et déesses, figures d'Hercule, d'Achille.