‹ Rome souterraineChapitre 261 sur 338 · Murray's Handbook of KomCj 1867, p · texte numérisé non relu

Murray's Handbook of KomCj 1867, p

2. Vitruvius, Arch.j III, 7 : « Ut ea sit idonea neque habeat terrani commixtam... et quas manu confricata fecerit stridorem erit optima... item si in vestimentum candidum ea conjecta fuerit, postea excussa vel icta non inquinaverit neque ibi terra subsederit, erit idonea. »

importante quand on songe au grand nombre des cadavres qui autrefois remplissaient les parois de ces cimetières souterrains. Plusieurs catacombes ont même été creusées dans un tuf encore plus impropre à la construction que le tuf a granulare : telles sont les catacombes de Saint -Pontien sur le Monte- Verde et de Saint- Valentin sur la voie Flaminienne, dont le stratum n'est qu'un dépôt marin ou fluvial, composé de terre, de sable, de coquillages, de galets, de végétaux et d'animaux fossiles, etc., et nécessite de solides substructions en maçonnerie pour combattre sa tendance permanente à s'écrouler. De telles excavations n'ont pu être faites que dans un but de sépulture, et comme les chrétiens seuls y ont enterré des morts, ils en sont évidemment les seuls auteurs.

La manière dont sont construites les catacombes en fournit une autre preuve, surtout si on les compare soit avec les arenifodinœ , ou puits à sable, qui ont été creusés dans l'antiquité et dans les temps modernes pour l'extraction de la pouzzolane, soit avec les lapidicince. comme on appelait les anciennes carrières de pierre. Ceux qui ont creusé ces puits et ces carrières s'étaient proposé un double objet : en extraire la plus grande quantité possible de matériaux avec le moins de difficultés possible. Aussi les voies souterraines y sont-elles d'une grande largeur; la courbe des voûtes y commence, de chaque côté, au niveau du sol, afin de permettre un facile passage aux charrettes que Ton y introduisait pour enlever le sablé ou la pierre. Par le même motif, les excavateurs ont évité les angles aigus, les détours brusques, et ont adouci toutes les sinuosités des voies. Bien différente est l'architecture des catacombes. Là, les murailles s'élèvent toutes droites; le plafond n'est que légèrement voûté, ou même est tout à fait plat; les galeries sont étroites, rarement deux personnes y peuvent passer de front : elles se dirigent ordinairement en ligne droite, et se croisent les unes les autres à angles très-aigus. Les plus petites voitures à bras y peuvent seules circuler, ce qui dut rendre très-lent et très-coûteux le travail des excavations.

La considération de la dépense n'eût peut-être point arrêté les païens de Rome, à qui la main-d'œuvre coûtait si peu, grâce aux esclaves presque innombrables dont ils disposaient ; mais, à coup sûr, ils n'eussent point songé à construire (dans des couches de terrain impropres à tout usage utile) des voies souterraines qui semblent calculées de manière à rendre impossible toute exploitation. Un regard jeté sur les plans de Varenifodina et de la catacombe qui coexistent à Sainte-Agnès (fig. 2 et 3, page 39) rendra sensibles les différences essentielles de ces deux systèmes d'excavation.

Dans un petit nombre de cas des arenariœ ont été transformées en cimetières chrétiens : ces exceptions mêmes viennent confirmer la règle, en apportant une preuve convaincante de l'origine chrétienne des autres catacombes. Nous en avons un remarquable exemple dans une portion du cimetière de Saint-Hermès. A première vue, le style et les proportions des galeries et des loculi s'éloignent peu

Fig. 48. — Partie de muraille de la catacombe de Saint-Hermès.

du type ordinaire; mais, en regardant de plus près les murailles, on s'aperçoit qu'elles ont été construites en maçonnerie, au lieu d'être creusées dans le roc. Le plafond est en tuf, légèrement voûté, soutenu de place en place par des contre-forts en briques; les niches des loculi sont régulièrement ménagées dans les murailles, et fermées de la manière accoutumée, à l'exception de la rangée supérieure,

close par des pierres posées obliquement, en forme de demi-toit, comme le montre la section ci-jointe. La galerie

Fig. 49. — Section de galerie dans la cat.-.combe de Saint-Hermès.

a la largeur usuelle ; mais, si on la débarrasse de la construction en briques adossée aux murs, on reconnaît qu'elle est deux ou trois fois large comme une galerie ordinaire de catacombe; la section des murs et de la voûte forme Une ellipse presque régulière. Au point de jonction des galeries, le développement du cintre s'agrandit encore, les murs s'inclinent davantage, et quelquefois la voûte est soutenue, au milieu, par un épais bloc de maçonnerie contenant des loculi. tandis que les murailles sont fortifiées à leur base par une construction en briques, et ne renferment point

Fig. $0. — Section de galerie soutenue par des piliers en briques.

de tombes. Cet exemple suffit à montrer quels changements étaient nécessaires pour transformer une arenarîa en cime-

tière chrétien. Si la théorie que nous combattons était exacte, il devrait se rencontrer dans la campagne romaine un grand nombre d'excavations souterraines privées de tombeaux, et offrant des galeries étroites et droites comme celles des catacombes : or aucune excavation de cette nature n'a été découverte. Nous sommes en droit de conclure, du contraste si marqué entre les catacombes et les arénaires, à la différence d'origine des unes et des autres : car, s'il eût été facile d'amplifier une catacombe au point de la faire ressembler à un arénaire, on n'eût pu, sans un travail aussi reconnaissable que celui dont il a été donné un exemple, resserrer un arénaire aux proportions d'une catacombe.

Une question se présente naturellement à l'esprit : comment, si les catacombes portent elles-mêmes un témoignage si évident de leur origine chrétienne, la théorie qui voit en elles un ouvrage des païens a-t-elle pu naître, et obtenir, pendant un temps si long, l'assentiment presque unanime des savants^ Nous avons déjà indiqué la réponse : la théorie de l'origine païenne des catacombes repose sur une fausse tradition historique, sur des textes mal interprétés, et non sur l'analyse des souterrains eux-mêmes. Elle a été puisée dans les livres, non dans les faits. En voici la source : quelques documents anciens emploient, pour désigner les lieux où furent enterrés certains martyrs, les mots in arenario, juxta arenariunij in cryptis arenariis. Les passages où l'un de ces mots est employé sont au nombre de neuf. — i^ On lit dans plusieurs manuscrits du Liber pontificalis que Lucine enterra le pape Corneille in crypta juxta cœmeterium Callisti in arenario. — 2° Les actes des saints Hippolyte, Eusèbe, Marcel et leurs compagnons rapportent que « l'évêque Etienne recueillit leurs restes, et les enterra sur la voie Appienne, à un mille de Rome, dans Varenarium même où ils avaient coutume de se rassemblera » — 3° Les actes des saints Nérée et Achillée racontent « qu'Auspicius emporta leurs corps et les enterra dans la propriété de sainte

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