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I. Liv. HT, chap. 11, p

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de rhistoire architecturale des catacombes sans dire un mot d'un vaste et prodigieux labyrinthe de galeries (marqué XIV sur le plan général) qui remplit d'étonnement tous les visiteurs, et dont il a été impossible, même dans les cartes dressées avec le plus de soin, de déterminer l'enchaînement régulier. Nous avons décrit ailleurs ^ ce réseau de galeries, qui forme deux étages différents, chacun suivant assez exactement le plan horizontal. Ces deux piani appartiennent à l'époque où l'hypogée, d'abord contenu dans les limites légales des diverses arece, finit par les dépasser, et déborder de toutes parts. Le labyrinthe servit de trait d'union : il met en communication la crypte de Lucine avec celle de sainte Cécile et les deux areœ adjacentes. L'union de tous ces cimetières en une seule nécropole n'était point sans difficultés, à cause des niveaux différents de chacun d'eux : l'observateur qui traversera une partie du labyrinthe en allant de la tombe de sainte Cécile à celle de saint Corneille reconnaîtra les points de jonction, les endroits où se fait la soudure, et ne manquera pas de rendre justice à l'habileté déployée par les fossores pour accomplir cette partie de leur tâche.

Répétons-le encore une fois : nous ne prétendons point que l'ordre du développement architectural constaté dans le cimetière de Calliste se trouve exactement reproduit par toutes les catacombes romaines. Sans doute chacune d'elles eut son style propre et son architecte. On peut croire cependant que le cimetière de Calliste, placé, depuis le commencement du III* siècle, sous l'administration directe du pape, et confié par lui à l'archidiacre de l'Eglise romaine, fut, dans une grande mesure, le patron sur lequel ont été plus ou moins exactement calqués les autres cimetières. Nous pouvons donc nous appuyer sur lui pour résumer brièvement, d'après les catacombes elles-mêmes, l'histoire de leur développement successif.

Quand les contemporains des apôtres commencèrent à

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LE TEMOIGNAGE DES CATACOMBES. joj

créer aux environs de Rome des cimetières souterrains, le travail qu'ils entreprenaient leur était encore peu familier. Ils connaissaient mal la solidité du roc qu'ils devaient creuser en se conformant aux limites légales de Varea et aux besoins d'un nombre de personnes d'abord peu considérable. Aussi ne les voit-on pas construire de vastes chambres, découper dans le tuf des voûtes élancées. Ils se bornent à un seul étage. La nécessité d'économiser le terrain ne contraint point encore les fossores à resserrer les galeries les unes contre les autres, au risque de mettre en péril la solidité de l'hypogée : le noyau primitif d'une catacombe consiste en une galerie qui suit toute la longueur de Varea^ s'ouvrant sur un petit nombre de chambres; quand cette galerie unique a été reconnue insuffisante, on en construit d'autres, mais en laissant entre chacune d'elles un très -large intervalle.

Avec le temps, certaines modifications deviennent nécessaires ; à mesure que se multiplient et s'allongent les galeries, les administrateurs des cimetières, sentant l'utilité de ménager le terrain, et les fossores, connaissant mieux désormais la solidité du roc qu'ils taillent, inventent divers moyens d'économiser l'espace. On construit de nombreux cubicula de chaque côté des ambulacres. La superficie que les murailles offraient aux loculi est augmentée par une dépression artificielle du sol. On creuse désormais des galeries plus étroites. Les loculi eux-mêmes se rétrécissent; on les fait larges à l'endroit des épaules, étroits aux pieds. Les fossores osent désormais creuser des galeries parallèles, séparées seulement par une mince muraille de tuf, et, à leurs angles, ne pouvant, de peur d'effondrement, tailler de grands loculi, on ménage de petites tombes destinées à recevoir des corps d'enfants. Quand, enfin, malgré tous ces expédients, une catacombe est devenue trop petite, \qs fossores créent de nouveaux étages au-dessus ou au-dessous du piano primitif. La décoration de ces étages montre que l'ouvrier est devenu maître de la matière qu'il travaille ; ils ne sont plus seulement, comme les portions plus anciennes.

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revêtus d'ornements en stuc ou en briques : on y rencontre des corniches, des colonnes, des pilastres, des chaires même^, .taillés dans le roc. A la même époque, la forme des loculi est variée par Tintroduction de Varcosolium: les chambres, jusque-là toujours rectangulaires, deviennent hexagonales, octogonales, quelquefois terminées en abside sur un ou plusieurs de leurs côtés ^.

Un peu plus tard, les cimetières, que la loi a cessé de protéger, cessent^ à leur tour, d'observer les limites des concessions légales et de suivre la forme géométrique de Varea. Les ouvertures construites pendant cette période pour mettre les souterrains en communication avec le sol extérieur nç sont plus ces luminaires carrés par où l'air et le jour pénétraient dans les cubicula, mais des puits de forme ronde, ordinairement situés au-dessus du point d'intersection de plusieurs galeries, et destinés principalement à Fenlèvement des terres. "Lqs fossores ^ n'étant plus retenus dans des limites précises, construisent maintenant de vastes chambres, de grands arcosolia; et, en même temps, pour répondre au rapide accroissement du peuple chrétien, ils ouvrent une multitude de galeries étroites, d'aspect misérable, dépourvues de tout ornement, mais pleines de loculi. A cette époque remontent les efforts faits pour dissimuler l'entrée des cimetières. Les escaliers réguliers sont démolis : on construit pour les remplacer des passages dérobés qui mettent les catacombes en communication avec des cavernes ou des arénaires. Comme ressource suprême, on comble de terre les galeries, afin de protéger les tombes des saints. Enfin, dans la dernière période, les indices d'un abandon graduel des enterrements souterrains commencent à apparaître. On voit, à l'extrémité de beaucoup de galeries, un assez long espace qui ne contient pas de loculi^ ou dans lequel la forme des loculi a été dessinée contre les murs, sans qu'ils aient été creusés ensuite. Même dans quelques

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