Mamachi, Orig. christ. ^ t. I, lib. VI
6o ROME SOUTERRAINE.
rendues contre eux et le christianisme déclaré illégal'. » Des lois spéciales n'étaient même pas nécessaires pour cela; il suffisait que le christianisme, en tant que religion, ne fût pas officiellement reconnu par l'État pour qu'il ne pût vivre que par tolérance et demeurât sous le coup d'une menace continuelle. Telle fut sans doute sa situation pendant les trente années de paix qui séparèrent Néron de Domitien. Ce dernier, nous l'avons vu, réveilla la persécution et n'épargna même pas sa propre famille. 11 persécuta également les Juifs 2, mais pour des raisons purement fiscales et non, comme les chrétiens, pour cause de religion. Nerva rendit la paix à l'Eglise ; l'auteur du traité sur la mort des persécuteurs^ va jusqu'à dire qu'il lui restitua sa liberté primitive. On ne peut entendre ce mot sans réserves. Ni sous Nerva, ni sous aucun de ses successeurs les plus tolérants et les plus favorables, l'Église chrétienne ne fut officiellement reconnue par l'Etat et ne jouit, par conséquent, de la liberté légale. Les lois qui la flétrissaient sous le nom d'athéisme ne furent jamais rapportées, jamais elle ne passa, de la tolérance de fait qui lui était accordée quelquefois, à une position légale analogue à celle de la religion juive. Aussi les lois qui la menaçaient, un instant suspendues, pouvaient -elles être d'un moment à l'autre remises en vigueur. Il en fut ainsi à la mort de Nerva. Tout le monde a lu la correspondance de Pline et de Trajan au sujet des chrétiens^. Les chrétiens, dit le proconsul, adorent le Christ comme un Dieu. La loi est formelle contre eux, répond l'empereur. Et, tout en conseillant à Pline de ne les pas rechercher avec rigueur, il lui ordonne de les punir conformément aux lois, si, traduits devant son tribunal, ils refusent d'abjurer. ISlon licet esse vos ^ : voilà en un seul mot le