‹ Rome souterraineChapitre 67 sur 338 · I. Voir livre Y · texte numérisé non relu

I. Voir livre Y

empreinte si originale les monuments contemporains des apôtres ou de leurs disciples immédiats.

Le cimetière dont nous voulons parler est celui de Prétextât ^ L'almanach philocalien , le martyrologe hiéronymien et les livres liturgiques du v® siècle indiquent les stations solennelles qui avaient lieu, in cœmeterio Prcetextati via oAppia, près des tombeaux de plusieurs martyrs illustres. Le cimetière de Prétextât s'étend sous des terrains couverts de vignes et de prairies, à gauche de la voie Appienne, entre le premier et le second mille de Rome, près de l'église de Saint-Urbain alla Caffarella, du cirque de Maxence et de la villa construite au ii^ siècle par Hérode Atticus. Son fondateur, qui appartenait peutêtre à l'illustre famille des Prastextati, dont on a trouvé une mention dans un cimetière voisin, ne peut, dans l'état actuel des découvertes, être désigné avec certitude. Mais les martyrs enterrés dans le cimetière de Prétextât sont parfaitement connus, grâce aux documents que nous avons énumérés. Ils forment six groupes : le tribun Quirinus, martyrisé avec sa iille Balbina, sous Adrien ; — saint Janvier, l'aîné des sept fils de sainte Félicité, martyrisé en 162, sous Marc-Aurèle; — le mari et le beau-frère de sainte Cécile, Valérien et Tiburce, martyrisés avec leur compagnon Maximus, sous le même empereur, vers 177; — l'évêque Urbain, qui fut l'instrument de la conversion des précédents, et dont nous aurons plus tard à distinguer la personnalité de celle du pape Urbain , contemporain d'Alexandre Sévère; — Felicissimus et Agapitus, diacres du pape Sixte II, martyrisés en 258, avec ce pape, dans le cimetière de Prétextât, pendant la persécution de Valérien ; — enfin Zenon, dont nous ne connaissons rien que le fait

I. Sur le cimetière de Prétextât, voir Bullettino di archeologia cristianaj 1863, p. i à 6, 17 à 22; 1870, p. 42 à 48 ; 1872, p. 45 à 81. Ce dernier article, qui complète les premiers et résume l'état actuel de la science sur le cimetière de Prétextât, n'avait pas encore paru quand a été publiée la première édition de ce livre : nous nous en sommes servi pour refondre entièrement les pages consacrées à ce cimetière.

HISTOIRE DES CATACOMBES. itj

de son martyre et les honneurs dont il fut Tobjet après la paix de l'Église. Les Itinéraires mentionnent les monuments dédiés à ces divers martyrs et visités aux vu® et VIII® siècles par les pèlerins. Ils se composaient de basiliques élevées au-dessus du sol et de chapelles souterraines. Les basiliques ou cellœ étaient au nombre de trois, celle des saints Valérien,Tiburce et Maxime, celle de saint Zenon, et un oratoire dédié au pape saint Sixte. Les chapelles souterraines contenaient les tombes d'Urbain, de Felicissimus et Agapitus, de Quirinus, de Janvier, qui paraît avoir été le martyr le plus vénéré du cimetière de Prétextât*.

Les premières fouilles du cimetière de Prétextât eurent lieu entre 1847 et 1850. Pendant ces trois années,leP.Marchi et M. de Rossi explorèrent la région souterraine qui s'étend dans le voisinage de deux massifs de ruines, l'un' rond, l'autre rectangulaire, dans lesquels M. de Rossi n'hésite pas à reconnaître les restes des deux basiliques des saints Valérien, Tiburce et Maxime et de saint Zenon. Le premier étage de la catacombe fut d'abord exploré : il avait déjà été visité et dévasté : on y recueillit seulement un assez grand nombre d'épitaphes, presque toutes du iv® siècle. Un arcosolium orné de peintures, qui paraissaient appartenir à la même époque, fut découvert à cet étage : on y reconnaissait les images de saint Pierre, saint Paul, saint Sixte, ce dernier désigné par le mot svstvs. Le P. Marchi crut pouvoir donner à cette partie de catacombe le nom de « cimetière de Saint-Sixte, » et c'est sous ce nom qu'ont été publiées, dans le recueil de Perret, les peintures dont nous venons de , parler ^ .

L'étage inférieur, qui fut déblayé en 1850, présente les caractères d'une antiquité plus reculée. Il se compose d^un vaste ambulacre soutenu par des arcs en maçonnerie et

1. Ce cimetière était désigné par les anciens topographes comme coemeterium Prœtextati ad S. Januarium. — Roma sotterranea^ t. I, p. i8o^ col. I.

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