I. Voir page
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la première chapelle, de chaque côté de la porte, peuvent se diviser en trois classes. Les uns sont de simples noms, la signature du pèlerin, quelquefois son titre ; d'autres sont des souhaits, des prières, des salutations, des acclamations, se rapportant à des parents ou à des amis, vivants ou morts ; d^aulres, enfin, sont des invocations adressées aux saints et aux martyrs vénérés dans la crypte.
Les graffites consistant en de simples noms peuvent se diviser eux-mêmes en deux catégories. Les uns, tracés sur les enduits les plus anciens, et occupant la partie la plus accessible de la muraille, à la hauteur de la main, appartiennent à la nomenclature de Tâge classique, Elpidephorus, Tychîs, Polyneicus, Maxîmus, Nikasius, etc. Les autres, tracés sur les enduits les plus récents, quelques-uns même, en petit nombre, relégués à une hauteur où la main peut difficilement atteindre, et gravés évidemment à une époque oii le reste de la muraille était déjà couvert d'inscriptions, se composent de noms appartenant tous à la nomenclature du moyen âge, Prando pr. indignus peccator, Lupo, Hildebrand, Ethelrid, etc.
Pêle-mêle avec les noms de la première catégorie on déchiffre, se croisant sur la muraille en un fouillis inextricable, des prières pour les amis absents ou morts, des acclamations, de pieux souhaits. Ces prières, ces acclamations, ces vœux ont presque tous la forme laconique et simple des premières épitaphes chrétiennes : vivas, vivas
IN DEO CHRISTO, VIVAS IN iETERNO, ZHC EN OEn, BIBAC
IN eEQ, TE IN PAGE*, etc. Rien de plus naturel, de plus humain que ce sentiment qui pousse à écrire sur de saintes murailles, en des lieux vénérés, les noms, un souvenir de ceux que Ton aime. Les païens n'étaient pas étrangers à cette pieuse coutume. Sérapion, fils d'Arislomaque, visitant
I . A l'exception de racclamation IN PAGE, dont l'usage se prolongea plus longtemps, ces formules ne se trouvent sur aucune inscription funéraire romaine postérieure à Constantin. Sur les anneaux ou les ustensiles domestiques on les voit jusqu'à la fin du IV* siècle.
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ua des temples de Tîle de Philae, en Egypte, écrit sur la muraille que, * arrivé à la statue de la grande Isis, déesse de Philae, il y veut laisser un souvenir de ses parents, pour leur bien*. » Les anciens voyageurs chrétiens approchant, non de sanctuaires fabuleux, mais des tombes de martyrs dont le sang était à peine séché, dont l'histoire était encore dans toutes les bouches, écrivaient avec plus de confiance encore, sous leur ombre protectrice, les noms de frères, d'amis et de parents, c pour leur bien. » C'est ainsi que les pèlerins du m* et du iv« siècle ont couvert d'inscriptions certaines murailles du cimetière de Calliste, de même qu'un pèlerin du vi* *, visitant Cana en Galilée, traçait les noms de ses parents dans le lieu même où le Seigneur avait été couché, c in ipso accubitu. »
Nous pouvons, à quinze siècles de distance, suivre en quelque sorte à la trace, dans les galeries et les chambres du cimetière de Calliste, ou, comme on disait alors, de « la crypte de sainte Cécile et de saint Sixte, » un de ces pieux visiteurs. Il était venu là, le cœur plein du souvenir aimé d'une certaine Sophronie, — sa femme, ou sa sœur, ou sa mère. Avant d'entrer dans le vestibule du principal sanctuaire (III, B e 4), il écrit : Sofronia^ vibas... cum tuis^ • Sophronie, puisses-tu vivre avec les tiens ! » Un peu plus loin, sur la porte d'une autre chapelle (III, B e 7), il réitère le même souhait, mais en lui donnant une forme plus religieuse : Sofronia (vivas) in Domino^ • Sophronie, puisses-tu vivre dans le Seigneur! » Plus loin encore, près de Varcosolium d'une autre chapelle (V, C/2), la dernière que visitaient en ce temps-là les pèlerins, il trace en caractères plus larges, plus réguliers, en grandes lettres monumentales, cette tendre affirmation : Sofronia dulciSy semper vives DeOj f ma douce Sophronie, tu vivras toujours en Dieu ; t et, immédiatement au-dessous, il répète encore, comme ne pouvant se détacher de cette pensée : Sofronia, vives,