‹ Rome souterraineChapitre 111 sur 326 · Corp. inscript, latin. j t. P*", p · texte numérisé non relu

Corp. inscript, latin. j t. P*", p

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« trahison, soit hasard, il fut découvert par des soldats païens pendant qu'il adressait la parole aux fidèles réunis autour de lui. Ramené dans Rome, il y fut jugé et condamné à être exécuté sur le lieu même où il avait violé Tédit impérial. On le reconduisit, avec les six diacres ou prêtres qui l'accompagnaient, jusqu'au cimetière de Prétextât : le diacre saint Laurent marchait auprès de lui, et, les yeux baignés de larmes, il lui adressait ces tendres paroles : f Où vas-tu, 6 père, sans ton fils? où vas-tu, ô prêtre, sans ton diacre*? » Laurent n'avait pas assisté à l'assemblée du matin et n'était pas compris dans la sentence. Arrivé au cimetière, dans la chapelle même où il avait célébré les saints mystères, saint Sixte fut décapité sur sa chaire épiscopale, ou du moins si près d'elle qu'elle fut couverte de son sang. Le cimetière de Prétextât a gardé la trace de ce glorieux supplice. On y peut voir, grossièrement gravée en rouge sur la pierre d'un loculus, l'image d'un évêque assis dans sa chaire, avec un diacre debout auprès de lui, un livre dans les mains. Sur une autre pierre la chaire seule est représentée, associée par le ciseau du lapidaire au culte dont le pape martyr était l'objet. Enfin, sur la tombe de Gemina, clarissima femina^ on voit représenté, entre les images de saint Pierre et de saint Paul, le portrait même de saint Sixte, désigné par le mot SVSTVS écrit au dessous. Une petite basilique fut, au iv* siècle, élevée au-dessus du cimetière pour marquer l'endroit précis où le pontife avait subi le martyre. Deux des diacres qui avaient soufièrt avec lui, Felicissimus et Agapitus, furent enterrés dans le cimetière de Prétextât, où nous avons vu leur chambre funéraire, et nous avons lu sur le mortier d'un loculus. dans la crypte de saint Janvier, la prière fervente que leur adressait un chrétien du m* siècle ou de la première moitié du iv* *. Saint Sixte et ses autres compagnons, au nombre de quatre, furent transportés dans le cimetière de Calliste, peut-être immédiatement après leur martyre,

I. Acta Sonet. augU8t., t. II, p. 491. a. Voir page 119, fig. 11.

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car redit de Valérien, en interdisant aux chrétiens de se réunir dans les cimetières, ne paraît pas leur avoir défendu d'y enterrer leurs morts. Le martyre de saint Sixte a été chanté par le poëte des catacombes, le pape Damase, et le recueil de ses œuvres nous a conservé le texte de l'inscription métrique qu'il lui a consacrée : —

Tempore quo gladius secuit pia viscera Matris Hic positus rector cœlestia jussa docebam ; Adveniunt subito, rapiunt qui forte sedeiitem ; Militibu8 missis, populi tune colla dedere. Mox sibi cognovit senior quis tollere vellet Palmam, seque suumque caput prior obtulit ipse, Impatiens feritas posset ne laEDere quemquam. Ostendit Christus reddit qui Framia vitae Pastoris meritum, numerum gREGis ipse tuetur.

« Au temps où Tépée transperça le tendre cœur de notre Mère, moi, le pasteur enterré ici, j'enseignais les commandements du ciel. On arrive tout a coup, on me saisit assis dans ma chaire. Des soldats avaient été envoyés, et le peuple tendit le cou a leur épée. Le vieillard vit bientôt qui désirait recevoir à sa place la palme du martjre, il fut le premier à s'offrir et à livrer sa tête, afin que l'impatiente fureur des ennemis n'atteignît aucun autre. Le Christ, qui donne en récompense la vie éternelle, manifeste le mérite du pasteur, et prend soin lui-même du troupeau. »

Cette inscription fait allusion à plusieurs circonstances de la scène du martyre qui étaient sans doute familières aux contemporains de saint Damase, mais qui, malheureusement, demeurent obscures pour nous. Elle ne nomme pas le pape dont elle célèbre le courage. Par des raisons que nous ne pouvons deviner, quelques actes de martyrs attribuèrent à saint Etienne, prédécesseur de saint Sixte, la gloire d'avoir été décapité dans les catacombes. M. de Rossi a corrigé avec beaucoup de clarté et .une grande force d'argumentation cette assertion erronée. Il a prouvé que saint Sixte, et non saint Etienne, fut mis à mort sur la chaire épiscopale. Saint Cyprien, contemporain de saint Sixte, le dit expressément *. Les graffites tracés sur la porte de la

I. Xistum in cim'uirio animadversum sciatis octavo Iduum Augustarum die et cum eo diaconos quatuor. — Ep, 80.

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chapelle des papes invoquent toujours saint Sixte et ne nomment pas une seule fois saint Etienne. L'inscription que nous avons citée d'après les œuvres du pape Damase a donc trait à saint Sixte. Si elle ne prononce pas son nom, c'est qu'il était dans la bouche de tous les pèlerins, que sa mémoire remplissait, pour ainsi dire, toute la chapelle, et que la place de Tinscription suffisait par elle seule à le désigner. Elle était en effet fixée dans la muraille, immédiatement derrière la chaire épiscopale. Après le martyre de saint Sixte, on ne voulut pas séparer sa sépulture de celle de ses collègues ; et comme l'usage était de placer dans les tombeaux des martyrs ou près d'eux les vêtements ou les objets teints de leur sang, on transporta du cimetière de Prétextât dans la crypte papale la chaire sur laquelle saint Sixte avait été décapité, hic positus. Cette chaire fut fixée sur le gradin de marbre que l'on voit encore dans la chapelle ; et au-dessus l'on grava l'inscription damasienne, que la disposition des lieux ne permet pas de placer ailleurs *. Il ne reste de cette inscription que deux petits fragments trouvés avec tant d'autres débris dans la crypte papale. Ces fragments contiennent en tout sept lettres incomplètes, appartenant à trois vers qui se suivent : elles ont le type damasien ; en les comparant avec le contexte, on reconnaît aisément qu'elles ont fait partie de l'inscription citée plus haut.

Nous n'avons pas Tépitaphe de Caïus (283-290), successeur d'Eutychien. Tous les anciens documents affirment qu'il fut enterré in cœmeterio Callisti^ c'est-à-dire dans la chapelle des papes : pour les pontifes enterrés dans une autre partie du cimetière la formule est en effet différente, in cœmeterio Callisti in crypta. Marcellin (290-303), qui lui succéda, paraît avoir gardé pour lui-même l'administration du cimetière de Calliste : pendant son pontificat, le diacre Severus fit construire ce beau cubiculum dont nous avons déjà parlé, sur les confins de la troisième area du

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