I. Roma sotterranea, t. I, p
Digiti
a78 ROME SOUTERRAINE.
Ch. Lenormant, Welcker, de Witte, les meilleurs critiques d'art en Allemagne et en France s'expriment sinon dans les mêmes termes, au moins dans un sens identique ^. En Angleterre, les écrivains les plus engagés dans la lutte contre les idées catholiques se rendent sur ce point à Tévidence. • Les premiers chrétiens ornèrent leurs cimetières souterrains, dit l'un d'eux, non par une nécessité de leur religion, mais parce que les païens avaient coutume d'honorer ainsi leurs morts*; • c est-à-dire que, voyant les païens orner de peintures leurs chambres funéraires, ils les imitèrent en ceci, n'étant retenus par aucun scrupule, par aucune prohibition. Mais l'auteur que nous citons va trop loin, quand il attribue au seul désir d'honorer les morts l'origine de l'art chrétien , car les chambres sépulcrales des catacombes étaient aussi des lieux de culte public, et les peintures qui couvrent leurs murailles se rapportent bien plus aux mystères chrétiens qu'au souvenir des morts. Ce qui est vrai, c'est que l'épanouissement de l'art chrétien fut graduel et successif. On commença par employer les formules décoratives de l'art funéraire païen, écartant avec soin tout signe d'idolâtrie et toute image immorale; peu à peu on introduisit dans cet ensemble décoratif quelques traits spécialement chrétiens, et enfin, par une évolution naturelle, un moment vint où toutes les formules inutiles, pour ainsi dire, se trouvèrent éliminées, pour ne laisser place qu'à des sujets exclusivement chrétiens. L'auteur anglais que nous avons cité remarque que dans quelquesunes des plus anciennes chambres des catacombes t on ne sait pendant un instant si l'on a sous les yeux des fresques chrétiennes ou païennes. • Le plafond est peint avec les
T. Ch. Lenormant considérait quelques peintures du cimetière de Domitille comme étant du même style que celles de la pyramide de Caïus Sextius, an 3a ap. J.-C. (Correspondant ^ février 1859, p. 356.)
— Welcker attribue au i" siècle les peintures de la crypte de Lucine.
— Roma sotttrranea^ t. I, p. 322.