Voir planche VIII, i
Digiti
3ia ROME SOUTERRAINF.
et non de représenter un fait, elles sont des signes d'idées, non des allusions à un événement déterminé, en un mot ce sont des peintures symboliques, des peintures idéographiques^ selon l'expression de Raoul-Rochette, et à ce titre elles viennent à leur place ici. Pour en bien pénétrer le sens, il est nécessaire d'avoir étudié d'abord une autre peinture semi-historique, semi-symbolique, assez souvent reproduite dans les catacombes, et dont les Pères donnent euxmêmes l'interprétation.
Sur les murailles de plusieurs chambres souterraines on voit représentés sept hommes assis ou couchés autour d'une table * : c'est la reproduction littérale d'un passage du dernier chapitre de l'Évangile selon saint Jean, racontant la troisième apparition de Jésus ressuscité à ses disciples. Les anciens peintres chrétiens paraissent avoir eu pour cet épisode une prédilection toute particulière, car, de tous les sujets de même nature que leur offre le récit évangélique, ils ont choisi celui-ci à la presque complète exclusion des autres. Sept des disciples, raconte Tévangéliste, avaient passé la nuit à pêcher dans le lac de Tibérîade, et n'avaient pu rien prendre. Le matin venu, Jésus parut sur le rivage, et leur ordonna de jeter leurs filets à la droite de la barque. Ils obéirent et firent une pêche miraculeuse. Lorsqu'ils descendirent de leur barque sur le rivage, ils y virent préparé un feu de charbons, au-dessus duquel cuisait un poisson ; à côté était posé un pain. Jésus leur dit d'apporter aussi quelques-uns des poissons qu'ils avaient pris. Quand ils l'eurent fait, il les invita à se mettre à table, et, prenant le pain, il le distribua entre eux : il leur distribua ensuite ,1e poisson *.
Tout le monde reconnaîtra dans cette pêche miraculeuse
une image prophétique du succès qui devait accompagner
les travaux des apôtres, quand ils seraient devenus pêcheurs
I d'hommes. Il est difficile de ne pas soupçonner quelque