Le Hir, Etudes bibliques j t. II, p
de douze, sept urnes remplies de vin au lieu des lapideœ hydriœ sex de révangîle des noces de Cana. Il semble , par cette négligence volontaire, dire clairement qu'il veut exprimer une idée, non représenter un fait.
Le rapprochement symbolique des deux miracles, et le sens de ce rapprochement, sont clairement indiqués dans un autre monument artistique très-important et très-curieux. Une petite catacombe chrétienne a été découverte en Egypte, près d'Alexandrie, en 1864, par un savant français, M. C. Wes- ^ cher*. Dans une chapelle de cette catacombe, au-dessus de Tautel où les saints mystères étaient célébrés, on distingue encore les restes d'une peinture que M. de Rossi attribue à la première moitié du iv« siècle, peut-être même au iii« *. Trois
I . Rapport sur les inscriptions grecques de r Egypte j Moniteur, 17 juillet 1864. — Bullettino di arch. crist.^ 1864, p. 88; 1865, p. ^7-64, 73-77-
a. Cette fresque a été, vers le vr' siècle, restaurée et dans certaines parties repeinte. M. Wescher a reconnu des vestiges de ces restaurations. A la date que nous indiquons a probablement été retouchée la figure du Christ, occupant le centre de Tabside : les sigles îc, xc, et le nimbe cruciforme, paraissent l'indiquer. A la même époque appartient sans doute le nimbe carré qui entoure la tête de saint André. Au contraire.
Digiti
scènes y sont représentées : le miracle de la multiplication des pains et des poissons, le miracle du changement de Teau en vin, et la participation des fidèles à TEucharistie. Le sujet de ces trois compartiments est écrit au-dessus de chacun d'eux. Au centre est Notre-Seigneur, ayant à sa droite saint Pierre, à sa gauche saint André tenant à la main un plat dans lequel sont deux poissons : aux pieds du Christ sont posées plusieurs corbeilles remplies de pains. A droite de ce sujet central, le miracle de Cana est représenté : audessus de la tête de la sainte Vierge on lit ces mots H AFIA MAPI A, « sainte Marie; • au-dessus des serviteurs leur désignation est écrite, ÎÎAIAIA. Dans le compartiment correspondant à celui-ci, à gauche du sujet principal, on voit un certain nombre de personnes assises comme pour un festin avec cette légende : TA2 ETAOriA2 TOT 5cT E2eiONTE2, € mangeant les bénédictions du Christ. » Saint Paul se sert du mot eulogia^ littéralement « bénédiction, • pour désigner la communion du corps et du sang de Jésus-Christ, to TTOTvfpiov TT,ç 80>.oyiaç *. Le verbe y correspondant, eùXoyeiv, est employé par les évangélistes en même temps que le verbe eux,api<jTeîv, et avec le même sens que lui, dans le récit de la multiplication des pains et des poissons et dans celui de la dernière cène *. Saint Cyrille d'Alexandrie exprime toujours par le mot eù>.0YÎa le pain et le vin consacrés. Quand la ferveur des chrétiens eut diminué, et que la réception du corps de Jésus-Christ fut devenue moins fréquente, le mot demeura en usage, et servit à désigner les pains bénits distribués aux fidèles en souvenir et en image du pain consacré auquel participaient jadis tous ceux qui assistaient au sacrifice de l'autel. Dans la fresque de la
la nature du symbolisme, la composition des groupes, le style des figures, des draperies et des inscriptions, particulièrement les noms OETPOC et ANAPEAC non précédés de O AHOC (sanctus) , indiquent une époque beaucoup plus ancienne.