I. Ep. 125, ad Rusticum
Digiti
Tarénaire qui s'étend entre les cimetières des Jordani et de Thrason, une inscription qu'il attribue à la deuxième moitié du III* siècle; sur la pierre sont gravées, d'un côté, une vigne, de Tautre une colombe, au-dessous de laquelle se tient un quadrupède dont le dessin, fort incorrect, semble représenter un cheval. Il tient entre ses deux pattes de devant et porte à sa bouche un pain rond marqué d'une croix équilatérale très-nettement dessinée : il est impossible de n'y pas reconnaître le pain eucharistique, tel qu'il parait dans la bouche des deux pisciculi^ sur le marbre de Modène. Le nom du défunt est agatopvs (composé de âyaOoç tcouç, bon pied)^ et peut-être l'étymologie de ce mot a-t-elle, par un jeu d'esprit qu'aimaient les anciens, et dont les catacombes offrent plus d'un exemple, poussé * à lui donner pour image un cheval. Le cheval est quelquefois représenté sur les marbres chrétiens *, sans doute en souvenir des paroles de saint Paul dépeignant la vie comme une course, un stade, et la récompense comme la couronne donnée à celui qui a vaincu *. Un petit nombre d'épitaphes précisent le sens, en montrant [le cheval courant vers une palme ou une meta dessinée devant lui. L'ensemble de la composition grossièrement dessinée sur la pierre tombale de l'arénaire semble représenter l'homme qui, pendant sa course, s'est nourri du pain eucharistique, et dont, quand sa course est achevée, l'âme, symbolisée par la colombe, s'envole vers le ciel *, peut-être figuré par la vigne '.
T. Voir Mardgny, Dut, des ont, chrét,^ v* Noms. — M. de Rossi publie Tépitaphe, trouvée dans le cimetière de Calliste, d*un nommé LEO, dont la pierre sépulcrale porte gravé un lion. Roma sotterranea, t. II, tav. XLV, 73.
a. BulUtt. di arch. crist,^ "867, p. 83. — On a récemment découvert en Sardaigne une curieuse inscription, sous laquelle est dessiné un cheval courant vers le monogramme ^^ comme pour indiquer que le Christ est le but de la course du chrétien, et sa récompense quand elle est terminée.