Joann., i
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appuyée la houlette, d'où pend la mulctra ou vase de lait. Dans une fresque plus récente du cimetière des saints Pierre et Marcellin, le vase est posé sur le dos de l'agneau, et entouré d'un nimbe (fig. 25). Si Ton se rappelle que, dans l'antiquité chrétienne, le vase de lait fut pris quelquefois comme symbole de l'Eucharistie *, si l'on se souvient de saint Ambroise appliquant à ce sacrement le mot du Cantique des cantiques : c J'ai bu mon vin avec mon lait *, • si l'on n'a pas oublié saint Zenon de Vérone disant aux néophytes : f L'agneau a infusé avec amour son doux lait dans vos lèvres entr'ouvertes et vagissantes, • on reconnaîtra fecilement dans ces images une allusion eucharistique, et l'on donnera à la représentation de l'agneau portant le vase de lait, dans la crypte de Domitille, une valeur analogue à celle du poisson portant la corbeille de pain et de vin, dans la crypte de Lucine.
Les actes du martyre de sainte Perpétue ', document incontestable du commencement du m* siècle, décrivent plusieurs visions qui vinrent consoler et fortifier la sainte dans sa prison. L'une d'elles est racontée ainsi parla martyre elle-' même : c Je montai, et je vis un jardin d'une étendue immense. Un homme de haute taille et aux cheveux blancs était assis au milieu; il portait un habit de pasteur, et tirait le lait de sqs brebis ; il était environné de plusieurs milliers de personnes vêtues de blanc. Il leva la tête, me regarda, et me dit : c Vous êtes la bienvenue, ma fille, • puis il m'appela, prit un peu de lait caillé, et me le donna. Je le reçus en joignant les mains, et le mangeai : et tous ceux qui étaient là répondirent : • Amen. » Je m'éveillai à ce bruit, ayant dans la bouche quelque chose de doux. • Il est impossible de ne pas voir dans ce récit une allusion à la communion. Le mot « amen » était celui que prononçaient les
I. Buonarotti, Vetri^ 3a ; Garrucci, Vetri^ 6a, 63, a* édit. a. De Sacr,,\y 3.
3. Passio SS. martyrum Perpétua et Felicitatis^ ap. Acta SS. mardi, m, p. 633 et sq.
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premiers chrétiens après la réception du corps et du sang du Seigneur * : et ils approchaient de Tautel en joignant Tune sur l'autre leurs deux mains, sur lesquelles on déposait ordinairement le pain consacré. Nous avons vu une allusion à cet usage dans Tinscription d'Autun *. D'autres actes racontent des visions analogues à celle-ci. Rappelons ici l'antique coutume de faire manger aux enfants, après le baptême, un peu de lait et de miel, sans doute en image des dons divins auxquels le baptême leur donnait le droit de participer : pratique citée par Tertullien et saint Jér6me, et dont la tradition s'est conservée au moins pour le baptême administré le samedi saint, jusqu'au ix« ou x" siècle'. Saint Augustin, dans un de ses sermons*, parle de la table du Seigneur se faisant lait pour pouvoir se communiquer aux hommes. • Notre-Seigneur Jésus-Christ, dit-il, a voulu que le salut vînt de son corps et de son sang. Mais par quel moyen nous a-t-il donné son corps et son sang? Par le moyen de son humilité... Comment un mortel pourrait-il approcher de cette nourriture? Comment pourrait-il acquérir un cœur digne de la recevoir ? Il fallait qu'elle devînt lait — mensa illa lactesceret — et pût ainsi parvenir aux petits. • Et, trouvant dans son cœur une image admirable, le grand docteur ajoute : c Mais comment la viande peut-elle se changer en lait? Comment peut-elle se changer en lait, à moins de passer d'abord par la chair ? Dans la mère cela a lieu ainsi. Ce que la mère mange devient la nourriture de l'enfant; mais comme il ne peut encore manger lui-même le pain, la mère change le pain en sa chair — ipsum panem mater incarnat — et ainsi nourrit l'enfant du même pain qu'elle-même par l'humilité de son sein et le jus du lait. Comment donc la sagesse de Dieu
1. Const, apost.y VIII, 13. — S. Cyrill. Hieros., Cattch,^ V. — S. August., Contra Faust. ^ XII, 10. — S. Hieronym., Ep. 42, ad Teoph.
— Euseb., Hist, EccL^ VI, 43.