‹ Rome souterraineChapitre 179 sur 326 · La Science â^s Religions, p. 256, 257. Paris · texte numérisé non relu

La Science â^s Religions, p. 256, 257. Paris

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logie chrétienne • ajouté par Tauteur lorsqu'il donna son travail au public sous la forme de livre» Lorsque le travail de M. Burnouf vit le jour dans un recueil périodique, Fauteur, faisant prob^lement allusion à la croix gammée^ s'était borné à dire : • Plusieurs de ces symboles (de rorient indo-perse) se rencontrent à Rome dans les catacombes les premières en date..^ Ces figures étrangères à la vieille Egypte, à la Grèce, à la Judée, se retrouvent dans les livres des Indiens et des Perses, avec le même sens métaphysique*. • La pensée de M. Burnouf, faisant de l'archéologie l'appui d'une thèse, est, en définitive, celle-ci : montrer que le christianisme, dans ses dogmes et dans sts rites, n'est qu'une reproduction de la religion primitive des Aryas de l'Inde, et que toutes les conceptions de ceux-ci se retrouvent au fond des idées et des symboles chrétiens. Il ne nous appartient pas de discuter ici une pareille affirmation, dénuée de tout fondement historique : mais nous suivrons volontiers l'auteur sur le terrain de l'archéo- Ic^e. En ce qui concerne la croix gammée^ ses assertions peuvent se résumer ainsi : i* c'est la forme la plus ancienne du signe de la croix; 2^ elle se rencontre à Rome dans les catacombes les premières en date; j** ce symbole, étranger à l'Egypte, à la Grèce et à la Judée, a été emprunté par les premiers chrétiens aux livres des Indiens et des Perses. Aucune de ces propositions n'est exacte.

Lorsque M. Burnouf affirme que la croix gammée est jugée par les archéologues chrétiens la forme ^la plus ancienne du signe de la croix, il oublie qu'aucun archéologue moderne n'a émis une pareille opinion, qui est contraire aux résultats les plus certains des fouilles faites depuis trente ans dans les catacombes. Dans le deuxième volume de Roma sotterranea, publié en 1867, c'est-à-dire un an avant les articles de M. Burnouf, M. de Rossi déclare * que la croix gammée ne se trouve, à sa connaissance, sur aucune

I. Revue des Deux Mondes ^ 1$ août 1868, p. 874. a. Roma sotterranea^ t. II, p. 318.

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pierre tombale portant gravés les symboles les plus anciens, l'ancre, par exemple : il ne Ta pas rencontrée dans le cimetière de Calliste avant la dernière moitié du iii*^ siècle, et il lui paraît évident que ce n'est pas là une des formes originaires de la représentation de la croix, mais plutôt une de ces combinaisons de lignes que les chrétiens, dans leur désir de représenter, en le dissimulant, le signe sacré, empruntaient volontiers à des sources étrangères.

M. de Rossi, en 1868, a, de nouveau, brièvement résumé ce sujet, à l'occasion, précisément, des articles de M. Emile Burnouf. Il résulte de ses observations que, bien loin que ce symbole se rencontre à Rome 9 dans les catacombes les premières en date, » il ne fait son apparition dans les monuments chrétiens qu'à une époque relativement récente. « En fait, dit-il, dans les plus antiques familles d'inscriptions chrétiennes des cimetières d'Ostrianus et de Priscille, de Domitille, de Prétextât, des cryptes de Lucine et de la première area du cimetière de Calliste, jamais, jusqu'à ce jour, je n'ai rencontré la croix gammée. Au contraire, dans ces mêmes cimetières, elle apparaît et se multiplie dans les régions appartenant à la fin du m* siècle, et se maintient sur les monuments du iv"*. •

Enfin M. de Rossi démontre que la combinaison de lignes connue sous le nom de croix gammée^ loin d'être propre aux Indiens et aux Perses, se retrouve chez tous les peuples. Elle a été rencontrée sur des statues assyriennes, dans des sépultures étrusques et samnites, et sur des poteries anglaises et italo-grecques'.On la reconnaissait récemment sur des poteries de l'Asie Mineure*. Elle se voit sur des monnaies de Gaza, en Palestine, de Corinthe, en Grèce, de Syracuse, en Sicile. Sous l'empire, les Romains la dessinaient souvent. M. de Rossi cite une mosaïque représen-

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