‹ Rome souterraineChapitre 19 sur 326 · I. Roma sotterraneay t. ï, 2« partie, p · texte numérisé non relu

I. Roma sotterraneay t. ï, 2« partie, p

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superposés d'une cabine de navire. Chaque niche était destinée à recevoir un ou plusieurs corps. De place en place cette suite de niches est coupée par une porte, qui donne accès dans une petite chambre; les murs de ces chambres

Fîg. 1. — Galerie de catacombe.

sont ordinairement percés de tombeaux, comme les galeries.

Tels étaient, tels sont encore les premiers cimetières chrétiens de Rome. Leur origine date des temps apostoliques, et quoique, à partir de Tannée 312, l'usage des cimetières sub dio Tait emporté, on ne cessa tout à fait d'y enterrer que vers 410, date de la prise de Rome par Alaric. Au iii« siècle TÉglise de Rome possédait vingt-cinq ou vingt-six cimetières souterrains : chacun d'eux correspondait à un titre ou paroisse de la ville. Outre ces grands

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cimetières, on en connaît vingt autres de petites dimensions, composés de quelques galeries auxquelles la tombe d'un martyr servait de centre, ou consacrés à la sépulture d'une famille.

Les cimetières chrétiens furent à Torigine des propriétés privées ; plus tard seulement ils eurent pour propriétaire rÉglise elle-même. Les premières catacombes ont été creusées dans les jardins ou les villas de riches Romains qui avaient embrassé la foi du Christ et consacré leur fortune à son service. Les plus anciennes portent encore le nom du propriétaire sous le terrain duquel elles s'étendaient : ainsi la crypte de Lucine, qui vivait du temps des apôtres, et les cimetières d'autres Lucines, qui vécurent dans les deux siècles suivants ; le cimetière de Priscille, également comtemporaine des apôtres; celui de Flavia Domitilla, nièce de Vespasien; de Commodilla, propriétaire d'un terrain sur la voie d'Ostie ; de Prétextât, qui avait consacré à la sépulture des chrétiens un vaste emplacement sur la voie Appienne ; de Pontien, dont le domaine était sur la voie Portuensis; les trois cimetières des Jordani, de Trason, de Maximus, situés sur la voie Salaria Nova. D'autres catjicombes. ont gardé le nom des membres du clergé qui en eurent l'administration : ainsi la c^élèbre catacombe de Saint-Calliste sur la voie Appienne, et celle de Saint-Marc sur la voie Ardéatine. D'autres prirent, soit immédiatement, soit après la paix de l'Église, le nom des principaux martyrs dont elles abritaient le tombeau; celle, par exemple, des saints Hermès, Basitla, Protus et Hyacinthe, sur la voie Salaria Vêtus. Des particularités locales, des accidents de situation, la dénomination populaire du lieu où elles étaient creusées, suffirent parfois à désigner des catacombes : ainsi le cimetière appelé ad catacumbaSy sur la voie Appienne; celui ad duos lauros, sur la voie Labicane ; Pontiani ad ursum piteatum^ sur la voie Portuensis ; ad septem columbas^ sur le Clivus Cucu^ meris.

II est aujourd'hui reconnu par tous ceux qui ont examiné de près les catacombes qu'elles furent destinées à la sépul-

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ture et aux assemblées religieuses des seuls chrétiens. Les découvertes modernes ont également démontré qu'elles furent originairement creusées dans ce but. Personne ne voit plus

Fig. 2. — Partie de U catacombe de Sainte-Agnès.

en elles des sablonnières (arenaria) ou des carrières abandonnées, que les chrétiens auraient adaptées à leurs usages. Entre un arénaire et une catacombe il existe des différences essentielles. Le lecteur en peut juger par les deux plans ci-joints (Jig. 2 et 3). L'un représente une portion du cimetière communément appelé de Sainte- ^.

. 1 • ». '^'?* '• ■" '*^*° *^® Tarénaîre communiquant

Agnès , sur la voie Nomen- «vcc le cimetière de Sainto-Agnè*.

tane; l'autre, Tarénaire qui s'étend au-dessus. Tous deux sont dessinés d'après une même échelle. Les dissemblances

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sautent aux yeux. La largeur des galeries de Tarénaire contraste visiblement avec les dimensions étroites. de celles de la catacombe. Les premières sont d'une extrême irrégula-, rite; tout indique, au contraire, que les galeries de la catacombe ont été creusées d'après un plan régulier et bien défini. Il est impossible de confondre désormais deux choses aussi distinctes.

Pendant les deux premiers siècles, les chrétiens creusèrent et décorèrent librement leurs catacombes. Personne ne songeait à y mettre obstacle. L'entrée des cimetières souterrains était publique ; elle s'ouvrait sur les grandes routes ou dans le flanc des collines. Même liberté pour leur décoration intérieure. Les galeries et les chambres des catacombes, ainsi accessibles à tous, étaient couvertes de peintures représentant les mystères sacrés du christianisme. Au commencement du III® siècle, cette situation changea. Par des raisons qui seront expliquées plus loin, il devint nécessaire, en certains moments, de cacher aux regards l'accès des catacombes. On dut pratiquer dé nouvelles entrées, rendre ces entrées difficiles, les entourer de mystère, souvent même les dissimuler dans les dédales de quelque arénaire abandonné.

Le mot catacombe^ que nous employons souvent, et dont l'origine sera expliquée plus loin, ne servait pas dans l'antiquité à désigner les sépultures souterraines des chrétiens. On les appelait cœmeterium^ lieu consacré au sommeil, mot particulier à la langue chrétienne, que les païens répétaient sans en comprendre sans doute la pieuse signification *. On les nommait aussi martyrium^ mot d'origine grecque, ou confessio^ son équivalent latin, l'un et l'autre parfaitement appropriés à la sépulture des martyrs ou confesseurs de la foi*. Les tombes ordinaires étaient appelées locus* si

1. Eusèbe, Hist. Eccl.^ VII, 2. Cf. S. Jean Chrysost., Homilia in cameterii appellationânij i.

2. C'est ainsi que la crypte qui s'étend sous le maîfre-autel de la basilique Vaticane est appelée la confession ou tombeau de saint Pierre.

3. M. de Rossi ne connaît aucun exemple chrétien du mot loculus.

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elles ne contenaient qu'un seul corps, locus bisotnus. trisomus, quadrisomuS; si elles en renfermaient deux, trois ou quatre. Les terrassiers qui les creusaient dans les galeries, et qui creusaient les galeries elles-mêmes, portaient le nom de fossores. L'enterrement s'appelait depositio, mot empreint d'un touchant respect et d'un pieux symbolisme. Les galeries ne paraissent pas avoir reçu de dénomination spéciale. Les

Fig. 4. — ArcosoWum.

chambres s'appelaient cubicula. On donnait le nom d'arcosolia à ces tombeaux que Ton rencontre souvent dans les chambres et les galeries des catacombes, et qui diflerent par le style des tombes ordinaires : ce sont des cavités oblongues, construites en maçonnerie ou creusées dans le roc, couvertes par une table de marbre posée horizontalement , et ' surmontées d'une niche voûtée en demi- .

cercle (fig. 4). Quel- ^. ^ , „ ' , .

^ ^ "î^- 5- — Sepolcro a mensa ou table funéraire.

quefois la niche

afFecte la forme d'un rectangle (fig. 5). Dans ce cas il n'existait pas ou nous ne connaissons pas de nom spécial à cette sorte de tombe ; nous l'appellerons, pour la distinguer de Varcosolium^ une table funéraire; c'est la traduction du terme italien employé par M. de Rossi, sepolcro a mensa.

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Les arcosolia renfermaient souvent le corps d'un martyr. Ils servaient alors, le jour anniversaire de sa mort (le langage toujours symbolique de l'Église primitive appelait ces anniversaires natalitia, jour de la naissance), d'autels sur lesquels on célébrait les saints mystères. Les cubicula ou chambres funéraires pouvaient ainsi se diviser en deux classes. Les unes étaient de vraies chapelles, des lieux consacrés au culte public. D'autres n'étaient que des sépultures de famille. Il est probable, du reste, que les saints

Fig. 6. — Section de chambres dans la catacorabc des saints Marcellin et Pierre; ouverture inférieure du luminaire.

mystères étaient également célébrés dans ces lieux de dévotion privée le jour anniversaire de la mort des fidèles qui y étaient enterrés*. Un cubiculum était assez large pour servir ainsi à la dévotion de toute une famille. Pour qu'il pût, au besoin, servir également au culte public, on creusait souvent l'un à la suite de l'autre deux, trois, ou même quatre cubicula^ qui recevaient l'air et le jour par la même ouverture ou luminare communiquant avec la surface du sol (fig. 6). De cette façon certaines parties des catacombes

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