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été ainsi, la même règle eût été appliquée à la peinture, el nous avons vu, au contraire, celle-ci se développer librement dès les temps apostoliques. Le contraste ofFert pendant les persécutions par ces deux branches de Tart chrétien s'explique tout naturellement par les conditions différentes dans lesquelles étaient placés les peintres et les sculpteurs. Caché dans les entrailles de la terre, avec ses couleurs et son pinceau, le peintre poursuivait son œuvre dans une liberté et une sécurité relatives. Le sculpteur, au contraire, dont Fatelier était situé dans Rome môme, n'eût pu tailler dans la pierre des sujets chrétiens sans faire, souvent au péril de sa vie, profession ouverte de christianisme. Aussi, sur les quelques sarcophages des catacombes antérieurs à Constantin, ridée chrétienne n'apparaît jamais que sous un voile, cachée dans quelque figure symbolique plus ou moins connue et employée par les païens. Au contraire, sur les sarcophages si nombreux postérieurs à la paix de l'Église, on retrouve ces mêmes séries de sujets sacrés, ce même symbolisme réduit en un système régulier, que nous avons étudiés dans les fresques souterraines du ii® et du iii« siècle. La paix n'eut pas été plus tôt donnée à l'Église que l'art chrétien, comme une source longtemps retenue dans les entrailles de la terre, jaillit de toutes parts, apparut à ciel ouvert sur tous les points à la fois du monde romain. Des sarcophages du IV* siècle ornés de sculptures chrétiennes ont été trouvés à Arles ^ et dans tout le midi de la France, à Saragosse, en Afrique, aussi bien qu'à Rome, à Ravenne, à Milan et dans toute l'Italie.

I. Un grand nombre de sarcophages chrétiens découverts û Arles sont maintenant au musée de cette ville, qui paraît avoir possédé une importante école de sculpture chrétienne. Sur les couvercles de ces sarcophages, à la place oii les païens sculptaient des masques et des têtes décoratives, et les chrétiens de Rome les portraits de saint Pierre et de saint Paul, apparaît souvent une tête jeune et imberbe, d'un type à peu près immuable, et offrant les caractères d'un portrait : M. de Rossi y voit le portrait du patron d'Arles, le jeune martyr Genest. — Bull, di arch, crise, j 1864, p. 46-48.

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La formation d'une école chrétienne de sculpture n'était pas possible avant la fin des persécutions. Aussi, pendant les trois premiers siècles, était-il presque toujours nécessaire, pour se procurer des sarcophages, d'avoir recours aux ateliers ou aux boutiques des marbriers païens. Quand on examine les fragments des sarcophages de cette époque trouvés dans les catacombes, on reconnaît le soin avec lequel les chrétiens, en les commandant ou en les achetant, ont évité tout ce qui eût senti l'idolâtrie, toute sculpture représentant des rites païens, des faux dieux, des scènes mythologiques. Sur quelques sarcophages des catacombes, cependant, on rencontre des sujets de cette nature; mais toujours ils ont été effacés, mutilés à coups de marteau ou de ciseau, ou bien le côté sur lequel ils sont sculptés a été posé contre la muraille, de façon à n'être pas vu. Quand ijn fragment de sarcophage orné de figures mythologiques était employé, à défaut d'une autre pierre, pour boucher un loculus^ on avait soin, de même, de tourner la face sculptée vers l'intérieur de la tombe. On a trouvé dans la crypte de Lucine

Fig. 41. — Très-ancien sarcophage, trouvé dans la crypte de Lucine.

un sarcophage dont une des faces représente une bacchanale : elle avait été tournée vers la muraille, et la face nue, destinée, dans l'intention de l'artiste, à être appuyée contre les parois de la chambre sépulcrale, était au contraire exposée à la vue, et portait inscrit le nom de la défunte, IRENE. Les sarcophages découverts dans les catacombes sont quelquefois simplement ornés de festons ou de lignes ondulées (fig. 41 ) ; ou de scènes empruntées à la vie pastorale, à

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Tagriculture, à la chasse; ou même, maïs plus rarement, de masques ou figures comiques. On trouve, parmi les basreliefs des tombeaux païens, des scènes pastorales, l'image d'un ou plusieurs bergers, qui parfois (cela est rare) portent une brebis sur les épaules. De tels sujets, qui se rencontrent fortuitement avec les plus chères figures du symbolisme chrétien, bien que séparés d'elles par des différences qui empêchent de les confondre, étaient faciles à tourner à un sens spirituel, et il n'est pas surprenant qu'ils aient été choisis de préférence par les fidèles qui achetaient des sarcophages. Nous en dirons autant des nombreux sarcophages sur lesquels sont sculptés des dauphins (planche XX, n® i). M. de Rossi publie un curieux bas-relief de la crypte de Lucine, représentant un trident dressé entre un hippogriffe et un hippocampe * : des chrétiens achetèrent sans doute le tombeau qu'il décorait en considération de l'image de la croix qu'ils voyaient dans ce trident. D'autres sujets paraissent, à première vue, moins susceptibles d'une interprétation chrétienne. Ainsi, dans une chambre du cimetière

Fig. 42. — Sarcophage enterré dans le sol d'une chambre du cimetière de Calltste.

de Calliste, on a découvert un sarcophage sur lequel sont représentés, à côté du pasteur, entre les jambes duquel est une corbeille renversée, signe de mort, l'Amour et Psyché se tenant embrassés (fig. 42). Ce bas-relief semble avoir été recouvert de chaux, peut-être pour en cacher les figures : on l'a trouvé enterré plus bas que le niveau du sol. Un autre sar-

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