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antiques et d'autres matériaux de même nature. Le stratum III est formé d'un tuf moins solide que le n*> II, et ne présentant aucun des cristaux que celui-ci renferme en
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Fig. $a. — Section du cimetière de Saint-Calliste.
abondance ; c'est la couche dans laquelle travaillaient de préférence les fossores chrétiens, celle dans laquelle nous trouvons le plus ancien et le plus considérable étage de la catacombe. Dans la section de plan qu'il a sous les yeux, le lecteur remarquera que les galeries P, X et U sont creusées de façon que leur plafond soit taillé à même la couche supérieure : les fossores en usaient souvent ainsi, choisissant pour les voûtes un tuf plus solide; et c'est pourquoi, en visitant les catacombes, on est souvent surpris de la diffé-
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48a ROME SOUTERRAINE.
rence de couleur entre le tuf des loculi et celui des voûtes d'une galerie, sur lesquelles scintillent une multitude de cristaux. Vers le point a^ le stratum III se termine insensiblement en une couche de pouzzolane, dont il est séparé seulement par un mince lit de pierres et de cendres volcaniques, mêlées de cristaux et de débris de mica. Solidifié par l'action de Teau, ce stratum intermédiaire IV est devenu du tu/a litoïde. Le stratum V se compose de pouzzolane proprement dite ; une galerie étroite et basse, ^^ y a été creusée : elle forme le dernier étage de la région souterraine qui s'étend sous le monument ruiné. Ici devrait se terminer notre plan. Mais M. de Rossî, à qui n^us l'empruntons^ a figuré, au-dessous de la ligne qui divise le stratum V, l'étage inférieur d'une autre portion de la catacombe, dont le piano supérieur est à peu près au même niveau que notre étage U et X, et dont la situation générale, sur le plan qui termine l'atlas du premier volume de sa Roma sotteranea (tav. XXXV) S est marquée par les chiffres et les lettres Le I, 2, et I^ I. Par ce moyen nous avons sous les yeux un étage plus profond, r, r, r, creusé dans la pouzzolane ; et dans le stratum VI, où se rencontre de nouveau le tuf a granulare^ nous voyons une galerie creusée encore plus avant, ft, ft, ft, à une telle profondeur que l'air y est raréfié, et que l'on atteint le niveau de l'eau : elle est presque toujours inondée. Le roc VII, au-dessous, est imperméable à l'eau, et n'a pas été fouillé. Le niveau du Tibre et celui d'un petit cours d'eau, l'Almone, qui traverse la voie Appienne, sont donnés d'après les calculs et les mesures du P. Secchi.
Nous venons de voir comment sont construits les divers étages d'une catacombe ; étudions maintenant la construction des galeries et des chambres d'un même étage. La nécropole de Saint-Calliste est la seule dont un plan complet et scientifiquement exact ait encore été publié ; nous
I. Cette portion du cimetière est située trop au nord pour avoir pu être comprise dans le plan général qui accompagne le présent volume.
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limiterons nos études à ce vaste cimetière. Si Ton jette un regard sur la carte qui accompagne ce volume, la première impression que Ton ressent est celle d'une inextricable confusion; un examen plus attentif, rendu facile par la coloration différente de chaque portion du plan, fait bientôt apercevoir, dans les galeries de ces diverses portions, un certain ordre, une évidente symétrie ; la théorie de M. de Rossi, d'après laquelle, à l'origine, chacune de ces divisions aurait formé un cimetière séparé, dont Varea était circonscrite et protégée par la loi romaine, devient visible à qui regarde avec soin les lignes et les couleurs répandues sur la carte. Les dimensions de ces areœ^ réduites en pieds romains, confirment singulièrement cette théorie; ce ne peut être par un pur effet du hasard qu'elles correspondent à des nombres ronds comme 100, 125, 150, 180 et 250 pieds. Sa certitude devient évidente, quand on examine en détail les galeries elles-mêmes et les divers points par où une area est maintenant mise en communication avec une autre. Dans un travail de dimensions restreintes, il serait impossible de suivre M. de Rossi à travers l'analyse si minutieuse qu'il fait de chaque chambre, de chaque galerie, presque de chaque tombe, et sur laquelle il assoit sa démonstration : nous nous bornerons à en donner ici les résultats pour une seule ar^a^ qui sera analysée en détail dans un chapitre spécial ; nous choisirons, comme exemple, celle qui remferme les tombes des papes et de sainte Cécile ; elle a été décrite plus haut (liv. III, ch. m et iv), et l'histoire nous montre en elle le plus important, le plus élevé en dignité des cimetières chrétiens, celui dont l'archidiacre du pape avait l'administration. Nous ne prétendons pas que les caractères architecturaux et le développement successif de cette area forment un type qui ait été fidèlement suivi dans la construction de tous les autres cimetières. La nature et les accidents du sol, la richesse du propriétaire, les connaissances architecturales des personnes qui dirigeaient les excavations, ce sont là des circonstances variables qui n'ont pu se reproduire identiquement dans toutes les catacombes.
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Mais comme les lois romaines s'appliquaient à toutes sans distinction, et que les nécessités d'agrandissement ou de secret ont été les mêmes, aux mêmes époques, pour chacune d'elles, nous aurons l'occasion, en décrivant celle-ci, d'indiquer, dans leurs lignes générales, les modifications et les développements successifs qui ont affecté toutes les autres.
La vaste nécropole formant ce qu'on appelle le cimetière de Saint-Calliste est bornée par la voie Appienne et la voie Ardéatine, et l'espace de terrain s'étendant entre ces deux voies est coupé par deux petits chemins de traverse qui les mettent en communication, et auxquels nous donnerons le nom de voie Appio- Ardéatine. En consultant la carte générale, on reconnaîtra que la plupart des escaliers qui conduisaient dans l'intérieur de l'hypogée ou étaient parallèles à Tune ou à l'autre de ces deux voies, ou formaient avec elles un angle droit, et que les différentes areœ entre lesquelles la nécropole est divisée, possédant chacune son escalier propre, ont leur limite bien marquée le long de ces voies. Concentrant notre attention sur \area de sainte Cécile (marquée III sur le plan général), nous tracerons le tableau de son développement architectural depuis sa construction primitive jusqu'à sa dernière transformation.
Voici l'histoire de la première période des excavations. Un terrain mesurant 250 pieds romains le long du chemin de traverse qui joint les deux voies, et présentant en arrière une largeur de 200 pieds, centum pedes in agro, fut, par son propriétaire chrétien, consacré à un usage sépulcral, en suivant les formalités prescrites par ^a loi. Le plan des excavations fut ensuite dressé : il avait la forme indiquée par la figure ci-jointe (calculée sur une échelle de 7V00). Les deux galeries parallèles A et B, chacune mise par un escalier en communication avec le sol, paraissent avoir été creusées d'abord et conduites dans toute la longueur de Varea. La galerie G, qui les réunit, fut, à en juger par les traces de coups de pic encore visibles sur ses parois, commencée à l'angle AÇ. Les ambulacres A etB étaient encore
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réunis par deux autres galeries, I et D, et le plan original paraît même avoir voulu les joindre par les voies F, G, H, qui cependant ne furent point achevées pendant la première
PCDESCCL-IN FRONTE
^'g- 53* — Première période d'excavation.
période des excavations. La galerie I, avec la crypte papale L*, et la chambre L* appartiennent à cette période, ainsi que les cubicula A*, A*, A% dont les peintures ont été décrites dans un précédent chapitre (liv. IV, ch.Jvi).
Nos lecteurs demanderont sans doute sur quoi nous nous appuyons pour décider avec tant d'assurance que telle ou telle galerie appartient à telle période d'excavation, et prétendre donner les dimensions exactes de Varea avec autant de certitude que si nous avions en main les documents originaux et les titres de propriété. A cette dernière question nous répondrons que, pour cette area au moins, ses limites se distinguent facilement de celles des areœ voisines, attendu que le sol de ses galeries est de i",25 plus bas que le niveau de ces dernières. Quant à la période à laquelle ont été creusées les différentes galeries, on peut considérer comme un axiome l'observation suivante : toutes les fois que les loculi percés dans la muraille d'un ambulacre ont été rompus, brisés, pour donner accès dans une galerie, cette portion au moins de la galerie est d'une date postérieure à la construction primitive de Tambulacre dans lequel elle vient déboucher, et dont le plan original ne Tavait point prévue. Ainsi, dans la figure 54, p. 486, qui représente le mur de droite de la galerie C, les entrées aux
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galeries C* et C* (cf.Jig. 57, p. 490) ont été taillées à travers trois ou quatre lociili^ que Ton a soutenus ensuite par de la maçonnerie. 11 est évident que les galeries C* et C* n'avaient point été prévues dans le plan primitif de la galerie C, et ont été construites à une date bien postérieure. Cette observation cependant ne peut se rapporter qu'aux
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rend facilement compte que le niveau originaire du sol, dans Tambulacre A, a dû correspondre à la ligne imaginaire c d. Dans cet état du sol, on pouvait passer de Tambulacre à la galerie D, dont l'entrée avait alors sept pieds d'élévation,
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et à la galerie F, un peu moins haute, mais suffisante ; l'entrée de la galerie G, étant donnée cette ligne de niveau
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avant que le sol de Tambulacre eût été abaissé ; la galerie F, dont le sommet atteint précisément le niveau c d^ ne peut évidemment avoir été construite avant ce travail d'abaissement. Si Ton examine Tambulacre B, on se convaincra de même que les galeries F et H n'ont pu être mises en correspondance avec lui sans une nouvelle excavation du sol primitif; mais nous en avons dit assez pour montrer que notre plan ne repose point sur des données arbitraires, et* pour de plus amples détails, nous devons renvoyer le lecteur à l'analyse descriptive contenue dans le chapitre suivant.
L'abaissement du sol des galeries marque la deuxième période des excavations. La nécessité de ménager aux loculi un plus grand espace, la confiance en la solidité du roc que l'expérience ^.vait donnée aux fossores^ les conduisirent à adopter ce moyen d'agrandir le cimetière. Ils paraissent avoir commencé par Tambulacre B, et avoir continué ce travail sur toute la longueur de la galerie C, jusqu'au point où elle atteint A. Dans cette dernière galerie, le changement de niveau fut fait moins régulièrement, et le sol fut
Fig. 56. — Deuxième période d excavation.
abaissé à une profondeur moins grande qu'on n'avait résolu de le faire lorsque l'on contruisit les chambres A*, A*, A*. Ces cubîcula avaient été évidemment creusés dans la prévision d'un abaissement bien plus considérable du sol de l'ambulacre, car on y descend aujourd'hui par plusieurs degrés, tandis que pour entrer dans A* et A', devant les-
quels la galerie a conservé son niveau primitif, il faut au contraire monter. Probablement les fossores avaient trop présumé d'abord de la solidité du roc, et, se voyant, au coin 27 G (Jig- 55), obligés de soutenir la paroi par un bloc de maçonnerie, ils abandonnèrent le projet ,de faire descendre tout Tambulacre A au niveau de B et G. Ge travail, avec Tachèvement des galeries F, G, H, et la construction d'une nouvelle galerie E, marque la fin de la seconde période des excavations; à ce moment, Varea doit avoir offert l'aspect que reproduit la figure 56.
Nous arrivons maintenant à la troisième période des excavations. Un plus grand élargissement des ambulacres étant devenu dangereux, les/owore^ furent obligés d'entreprendre la construction d'un nouveau système de galeries à un étage inférieur. Afin de ne point ébranler l'hypogée déjà existant, il fut nécessaire de descendre à une profondeur considérable; aussi trouvons-nous, s'ouvrant dans la galerie transversale H, un escalier de trente-quatre marches. Mais à peine les excavateurs eurent-ils dépassé le niveau primitif, qu'ils se trouvèrent au delà du tuf a granulare, dans une couche de pouzzolane très-friable. Il fallut protéger par des contre-forts de briques les parois de l'escalier; et, trouvant que, à mesure qu'ils pénétraient plus avant, ils rencontraient devant eux une plus épaisse couche de pouzzolane, ils se déterminèrent à tourner obliquement, et à s'ouvrir, en ligne horizontale, un étroit passage représenté dans \dL figure 57 par H* ; mais, dans cette nouvelle direction, ne trouvant point une nature de tuf qui leur permît d'entreprendre un travail utile, ils abandonnèrent leur entreprise, et le petit nombre des loculi qui furent ouverts dans cette région sont entièrement construits en briques. Nous avons déjà montré comment cet essai, et d'autres également infructueux, pour creuser des galeries funéraires dans la pouzzolane, sont une preuve de l'origine exclusivement chrétienne des catacombes. Les briques employées dans l'escalier et les galeries immédiatement adjacentes portent la marque des briqueteries impériales de Marc-Aurèle, et doivent, par conséquent, avoir été fkbri-
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quées entre i6i et i8o. Cette circonstance seule ne suffirait pas à déterminer la date précise d'une construction ; mais il serait étrange que toutes les briques d'un édifice portassent une date, et que Tédifice lui-même n'eût point été construit
Fig. $7. — Troisième pC-riode. Communication avec un arenarlum.
à une époque voisine de leur fabrication. Si cette observation paraît juste, nous avons là une preuve de l'existence du cimetière avant Tan 197, époque où il fut confié par le pape Zéphyrin à l'administration du diacre Calliste.
Pendant cette période, des travaux furent exécutés à un angle du fond de la crypte papale L^, afin d'ouvrir un passage vers la crypte O, dans laquelle fut placée la tombe de sainte Cécile, tout près de la sépulture des papes. Cette dernière crypte était d'abord bien plus petite que ses dimen-
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sîons actuelles; elle avait probablement la forme représentée dans notre plan, et servait d'entrée à la galerie Q et aux deux cubicula Q^ et Q*. Toutes les chambres et galeries dont nous venons de raconter l'histoire architecturale sont remarquables par la finesse et la blancheur du stuc qui couvre leurs murailles, particulièrement dans la partie la plus ancienne, et aussi par l'absence d'arcosolia. Les tombes sont de simples loculi, ou, quand elles forment table {Jîg. 4 et 5, page 41), comme celles désignées dans le plan 57 par de petits quadrilatères, ce sont des loculi a mensa, non des arcosolia.
Nos lecteurs n'ont point oublié que, vers le milieu du III* siècle, les chrétiens commencèrent à être troublés dans la possession jusqu'alors paisible de leurs cimetières ^ Il n'était plus possible pour eux de réclamer la protection des lois, et, par conséquent, il devenait indispensable de mettre les tombes des saints à l'abri de la persécution, en dérobant leurs approches à la vue du public. Dans ce but on mura, on détruisit même en partie les escaliers A et B. Les traces de ce travail sont encore visibles; on peut les reconnaître dans la section de A, figure 55, où, au point marqué n, on voit l'ancien escalier s'arrêter court à un mètre et demi environ au-dessus du sol : les tombes 7, 9, 10 n'ont pu être creusées qu'après cette démolition partielle de l'escalier. L'entrée B fut encore plus complètement détruite; un passage, B^, fut ouvert et soutenu par une muraille de maçonnerie adossée au mur extérieur de l'ambulacre B, afin de permettre aux chrétiens d'accéder à leur cimetière à travers Varenarium X*, X*, X', situé à peu de distance. Nous voyons par le plan 57 qu'il y avait plusieurs passages A^Varenarium au cimetière, et qu'un certain nombre de ces passages ont été murés. Ces diverses entrées fournissaient aux chrétiens traqués par leurs ennemis jusque dans la catacombe les moyens de se dérober à leur poursuite ; et, tandis que les satellites du persécuteur, guidés peut-être par quelque traître, pénétraient dans le cimetière par une entrée, les fidèles, séparés de ceux qui