‹ Rome souterraineChapitre 287 sur 326 · Justin., Apol., I, 66\ cf, Dialog. cum Trfph · texte numérisé non relu

Justin., Apol., I, 66\ cf, Dialog. cum Trfph

Digiti

mystérieux le front de certains iilitiés*. Les inscriptions midiriaques elles-mêmes usurpent souvent les formules chrétiennes*. Il semble que les païens, vaincus dans la lutte qu'ils soutenaient contre la grâce divine, aient tenté, par un effort désespéré, d'opposer, selon l'expression de M. Beugnot, Mithra à Jésus*, ou plutôt d'absorber le christianisme , en essayant une identification impossible et sacril^;e. C^est dans ce sens qu'un prêtre du dieu phrygien osa prononcer cette parole, rapponée par saint Augustin : f Mithra est vraiment chrétien, • Mithra christianus est ^.

A première vue, l'existence d'un sanctuaire mithriaque commu* niquant avec les chambres décrites dans le paragraphe précédent semble contredire Thypothèse d'après laquelle ces chambres seraient la memoria de saint Clément, le sanctuaire primitif consacré par son souvenir et par sa prédication. Examinons de plus près ce sujet.

Quand on se demande comment, sous la basilique élevée au nr siècle en l'honneur de saint Clément, peut se rencontrer un spe^ laeum mithriacum du ni* , une explication se présente tout d'abord à l'esprit. Ce sanctuaire, dit-on, dut être concédé aux chrétiens par un empereur après la paix de l'Église : ils le purifièrent , et , audessus, construisirent la basilique. C'est ainsi que, à Alexandrie, l'empereur Constant fit don aux chrétiens d'un sanctuaire mithriaque depuis longtemps abandonné et désert, et que, en 336, l'évêque Théophile tenta d'en faire une église. On se rappelle, à ce propos, un texte bien connu de saint Jérôme, racontant qu'en 377 Gracchus, préfet de Rome, détruisit un spelaeum de Mithra, et mit en pièces les divers simulacres qui servaient à conférer aux initiés les sept grades successifs (corax^ gryphus , mues ^ leo^ perses ^ helio^ dromusy parer )^. Le culte de Mithra, dit-on, fut alors aboli, et, vers cette époque , les sanctuaires mithriaques purent être concédés aux chrétiens : ainsi en dut-il être de celui du Celius.

Ce système, fort spécieux, est inacceptable. L'acte de Gracchus fut un acte de zèle tout privé , conforme, sans doute, aux lois rendues successivement , depuis Constantin , par tous les Augustes

Page 1