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4. Acilleus pour Achille us n'est pas rare. On le voit écrit ainsi sur l'étiquette de Vampulla et dans Vindex des huiles de Monza (p. 601, note 3), dans une inscription du v* siècle, publiée par Boldetti, et sur un vetro païen, où l'Achille homérique est désigné par le mot A C I L L I S . BuUett, di arch . crist., 187s, p. 9.
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On peut maintenant se faire une idée de Tautel-sépulcre ou confessio des martyrs Nérée et Achillée, occupant le centre du pres^ bytcrium^ devant la chaire pontificale. Leur sépulture primitive étaitelle là, ou leurs corps furent-ils, de quelque autre partie de la catacombe, transportés à cette place lors de la fondation de la basilique? Il est difficile de le dire, bien qu'il paraisse vraisemblable qu'une construction irréguliére, de l'époque constantinienne, qui fut incorporée plus tard à la basilique, et dont on a retrouvé les murailles à l'extrémité de la nef droite*, se prolongeait originairement jusqu'à l'endroit occupé ensuite par le presbyterium^ et abritait, là, le tombeau primitif des deux martyrs : dans cette hypothèse, celui-ci n'aurait pas été déplacé lors de l'érection par le pape Sirice d'uu édifice plus orné et plus vaste.
On possède sur ces héros du christianisme deux documents qui s'éclairent et se complètent l'un par l'autre. Le premier est l'éloge métrique que nous avons cité, et qui a la gravité et l'autorité de l'histoire ; le second, connu sous le nom à' Actes de Nérée et Achillée, paraît tout à fait légendaire dans la forme, mais ofiire cependant un fond historique, car toutes les indications topographiques qui s'y rencontrent ont été vérifiées et confirmées par les découvertes modernes. Si Ton interroge le poëme damasien, que voit-on? qu'ils firent partie d'une militia^ servirent, par crainte, la tyrannie de Néron^ puis, éclairés par la grâce, abandonnèrent la situation qu'ils occupaient, renoncèrent aux armes* et aux récompenses militaires dont ils avaient été honorés, et confessèrent le Christ. A quelle mi7i« tia appartinrent-ils? Les soldats romains n'étaient ni geôliers, ni tortureurs, ni bourreaux : il semble que le saevwn officium que remplissaient Nérée et Achillée n'était pas le service militaire proprement dit. Peut-être étaient-ils des apparùores^ c'est-à-dire des membres de ce corps d'exécuteurs des décisions des magistrats criminels, auxquels font si souvent allusion les Actes des Martyrs*. Cependant des apparitores ne pouvaient prétendre à ces dona milùaria dont on voit que Nérée et Achillée avaient été honorés, et qui étaient la récompense du courage guerrier. M. de Rossi conjecture que les deux
I. Cette constraction est marquée en noir et désignée par les lettres A dans le plan publié par M. de Rossi, BulUtt., 1874, ^^^' IV> V. Elle est la cause de Té^asement que subit en cet endroit la basilique, sa muraille de droite ayant été reliée à celle de l'édiûce constantinien, dont elle suit la direction oblique.
a. Edm. Le Blant, Recherches sur Us bourreaux du Christ, Arras, 187}.
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saints avaient appartenu, comme officiers ou soldats, à la milice prétorienne. Sous le règne de Néron, auquel se rapporte la première partie de leur vie (leurs Actes les disent convertis par saint Pierre)*, les prétoriens furent souvent employés à l'exécution des cruautés du prince : Juvénal montre toute la cohorte prétorienne, tota cohors^ occupée, jussu Neronis^ à investir les palais des riches proscrits *. Dès les règnes précédents il en avait été ainsi : Josèphe met dans la bouche de Chéréas haranguant les prétoriens àt% plaintes indignées contre Caligula, qui de soldats les avait changés en bourreaux*. Peutêtre Nérée et Achillée furent-ils mêlés, en cette qualité, aux cruautés du tyran : les quartiers des cohortes prétoriennes portaient à Rome le nom de castra^ que semble rappeler Damase quand il dit, en parlant de la fuite des deux soldats convertis : ducis ïmpia castra reh'n" quunt.
Telle est la lueur historique, assez confuse encore, jetée sur l'histoire de ces martyrs par l'inscription damasienne. Mais ici surgit une difficulté. Les Actes de Nérée et Achillée indiquent les rapports ayant existé entre eux et Flavia Domitilla, nièce du consul Clemens : ils sont désignés comme ses eunuchi cubicularii. Cela est inconciliable avec le texte de Damase, qui en fait des soldats. Ce texte est certainement historique : comment les Actes ont-ils pu altérer à ce point la vérité ? Il est probable que, après leur conversion, Nérée et Achillée obtinrent un office quelconque dans la maison de Flavia Domitilla, Or, les Actes que nous possédons ont été traduits du grec en larin par un écrivain du y« ou vi* siècle. L'original grec (qui doit lui-même avoir amplifié et singulièrement altéré des documents primitifs auxquels on est redevable de la part trèsimportante de vérité qu'il contient) est sans doute l'œuvre, aujourd'hui perdue, d'un auteur qui transporta dans la maison d'une princesse du I*' siècle les usages et les mœurs qu'il voyait dans la cour byzantine de son époque : et comme les eunuques y étaient investis d'une grande puissance, il crut ne pouvoir mieux exprimer que par ce titre le poste important et l'influence considérable que possé-
I. c'est par oubli de cette circonstance que j'ai, page 10$, note, nommé Domitien au lien de Néron : c'est également par erreur que, dans les deux vers de l'inscription citét dans cette note, la version almum officium, qui est donnée par un seul manuscrit, a été préférée à sœvum officium, que donnent deux manuscrits.
a. Juvénal, Sat, X, i$-i8.
j. Joséphe, Ant, jud., XIX, i, 6.
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daienc les deux chréciens dans la maison' et sur Tespric de Domitille.
§ 3. La sépulture de Pétromlle.
En nous étendant avec quelques détails sur la découverte du tombeau de Nérée et Achillée, nous avons légèrement interverti Tordre chronologique: elle eut lieu au commencement de 1875, tandis que celle relative à la sépulture de Pétrônille avait été annoncée dés le mois de décembre 1874*. Le lecteur se rappelle * qu'Aurélia Petronilla, descendant peut-être par sa mère de T. Flavius Petro, qui fut la souche de la gens Flavia, avait été convertie au christianisme par l'apôtre saint Pierre, et enterrée dans le domaine de Tor- Marancia : c'est près de son tombeau, disent les Actes de Nérée et Achillée, que furent déposés les cubicularii de Flavia Domitilla, et les documents topographiques nomment toujours à la suite l'un de l'autre ces deux groupes de sépultures. Donc, môme en l'absence de tout indice matériel, il était permis d'affirmer que la fille spirituelle de saint Pierre avait reposé aux environs de l'abside qui contenait le tombeau àts deux martyrs. Une curieuse peinture, trouvée derrière la basilique, est venue rendre plus claire encore cette conclusion. A droite du presbyrerium^ près de la niche où était placée la chaire épiscopale, s'ouvre un passage étroit, assez irrégulièrement taillé, long de 2 mètres, large de 80 centimètres à son ouverture dans l'abside, et s'évasant jusqu'à atteindre une largeur de 2 mètres au point où il débouche dans la caucombe. Sa voûte est revêtue de stuc blanc et décorée de rosaces rouges, qui peuvent appartenir au y ou VI* siècle. Il mettait le chevet de la basilique en communication directe et avec la campagne romaine, au moyen d'un escalier qui venait aboutir dans une galerie voisine, et avec les autres parties de la catacombe, notamment avec Thypogée décrit pages 105 et suivantes, au moyen de voies souterraines appartenant à la dernière période des excavations. Ce passage est prolongé par une galerie qui s'ouvre, à gauche, sur deux cubicula : l'un, situé immédiatement derrière l'abside de la basilique, dont il est séparé seulement par l'épaisseur de la muraille, n'oflfre aucune particularité remarquable ; le second est occupé, au fond, par un arcosolium^ dont l'ouverture