Roma sotterrancay t. I, p. i8j
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temps apostoliques, les cryptes du Vatican auraient les premières droit à notre attention , si elles n'avaient été presque entièrement détruites quand furent jetées les fondations de rimmense basilique qui abrite aujourd'hui la tombe de saint Pierre. Nous ne pouvons cependant les passer tout à fait sous silence ; nous le pouvons d'autant moins que le renseignement le plus ancien que Ton ait sur elles confirme expressément ce que nous avons dit de l'entière liberté dont jouissaient les chrétiens pour l'enterrement de leurs martyrs. Le Liber pontificalis rapporte qu'Anaclet, successeur de Clément sur le siège apostolique, et ordonné prêtre par saint Pierre lui-même, • construisit et orna le monument — construxit memoriam — du bienheureux Pierre, et prépara un lieu de sépulture pour les évêques qui viendraient après lui. • Il y fut enterré lui-mênie, ajoute le livre pontifical, et après lui ses successeurs Lin, Clet, Évariste, Sixte I«', Telesphore, Hyginus, Pie P', Éleuthère, et enfin Victor, dont le corps fut déposé dans la crypte Vaticane en l'an 203. Après saint Victor aucun pontife n'y fut plus enterré jusqu'à saint Léon le Grand, qui fut inhumé dans la basilique de Saint- Pierre en Tan 461. L'idée que nous donnent ces mots construxit memoriam est celle d'un édifice élevé au-dessus du sol, selon l'usage ordinaire des Romains; et l'on a vu qu'un édifice de cette nature, même destiné à recevoir des tombes d'évêques chrétiens, fût resté à l'abri de toute violation pendant les deux premiers siècles. Il est malheureusement impossible de confronter ce texte du livre pontifical avec les monuments ou les tombeaux auxquels il fait allusion. On crut cependant avoir découvert, dans les premières années du xvii* siècle, la tombe du successeur immédiat du prince des apôtres. Lorsque Urbain VIII fit reconstruire la confession de saint Pierre, on trouva, à cette place même, plusieurs corps dans lesquels les contemporains virent (sans preuves certaines) les restes des premiers papes; plusieurs sarcophages de marbre furent également trouvés; sur le couvercle de l'un était gravé le nom
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Lin US. Peut-être était-ce le tombeau du successeur dç saint Pierre. L'omission du mot episcopus, loin de contredire cette conjecture, serait au contraire une preuve de l'extrême antiquité de l'inscription, et le cognomen Linus, fréquent dans Tépigraphie païenne, est tellement rare dans la chrétienne, que, rencontré sur une tombe, dans la confession même de saint Pierre, il est un indice presque certain de la sépulture du second des papes, qui sepultus est juxta corpus beati Petri^.
Du tombeau de saint Pierre sur le Vatican, l'esprit passe naturellement à celui de Tapôtre des gentils, de l'autre côté du Tibre et à l'extrémité opposée de la ville. Là aussi, la colline a été fouillée et dévastée, pour faire place à la basilique de Saint-Paul-hors-des-Murs; la catacombe de Sainte-Lucine ou Sainte-Commodilla, comme l'appellent quelquefois les anciennes relations, a été détruite de fond en comble, et les galeries qui en subsistent encore sont tellement remplies de terre et de débris de toute sorte, qu elles sont presque impraticables. Cependant il ne faut pas oublier que dans cette catacombe Boldetti a lu la plus ancienne inscription à date certaine* qui ait été trouvée sous terre ; elle avait été tracée sur le mortier d'un loculus^ et portait la date du consulat de Sura et Senecio^ qui correspond à Tannée 107'. Le même Boldetti trouva dans cette catacombe une autre inscription gravée sur une tablette de marbre, et rappelant les noms de Piso et BolanuSy consuls Tan iio, et une troisième qui, bien que privée de date, paraît appartenir à la même époque et est
t, Bullettlno di arch, crist.^ 1864, p. 50.
a. Il existe, il est vrai, une inscription chrétienne plus ancienne encore, datée de la troisième année du règne de Vespasien, qui correspond à Tan 72. Malheureusement on ignore de quel cimetière elle est tirée. Il faut se souvenir qu'un très-petit nombre d'inscriptions chrétiennes portent la date de Tannée ; Tindication du jour et du mois suffisait pour marquer Tanniversaire ; celle de Tannée était considérée comme moins importante.