‹ Rome souterraineChapitre 63 sur 326 · Voir page · texte numérisé non relu

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3. Les Mirahilui urbis Rom^j dont la première composition parait appartenir à la seconde moitié du x* siècle, contiennent un chapitre dé Cœmeuriis.

4. Toutes les grandes bibliothèques de l'Europe contiennent des manuscrits des Indulgentût et Reliquiœ urbis Roma^ remontant, pour la plupart, au xv* siècle ou à la fin du xiv*^. On commença, en divers pays, à les imprimer dans la seconde moitié du xv*' siècle.

lia ROME SOUTERRAINE.

ainsi désignés présente en effet quelque particularité frappante, qui vient donner créance à la tradition dont il est l'objet. Et quand on rapproche les unes des autres les notes ainsi recueillies dans ces divers cimetières, on aperçoit que, réunies, elles concordent parfaitement entre elles, et se trouvent, par leur ensemble comme par leurs détails, en un rapport exact avec la date alléguée. Ainsi, les peintures qui décorent les cimetières que la tradition assigne à Tâge apostolique sont du plus pur style classique, à peine inférieures, comme exécution, aux meilleures œuvres de Tart païen de la même époque. Leurs murailles sont revêtues de très-beaux stucs, comme il ne s'en rencontre dans aucune catacombe chrétienne d^une date certaine postérieure au II* siècle. Eux seuls renferment des cryptes de vastes dimensions, non pas creusées, comme d'ordinaire, dans le roc nu, mais maçonnées avec soin, ornées d'élégants pilastres et de corniches en brique ou en terre cuite. Leurs galeries ne sont pas ces étroits couloirs percés d'innombrables tombeaux que Ton rencontre dans les catacombes du III* siècle, mais bien de spacieux ambulacres, dont les murailles, couvertes de peintures, ne contiennent qu'un petit nombre de niches, destinées à recevoir des sarcophages. Leurs inscriptions forment une famille à part, offrant un grand nombre de noms classiques, et ne présentant encore aucune des formules qu'adopta l'épigraphie chrétienne. Quelques-unes de ces inscriptions ont des dates certaines, et ces dates sont du r' et du ii* siècle. On ne peut admettre qu'une si exacte concordance entre les caractères et le style de chacun de ces cimetières et le caractère, le style distinctif de l'âge que leur assigne une tradition constante, recueillie et contrôlée par des écrivains appartenant eux-mêmes à diverses époques, soit un pur effet du hasard ou le résultat d'une opinion préconçue.

Bien loin qu'il ait existé, dans ce sens, un courant d'idées préconçues, les savants modernes refusaient, il y a peu d'années encore, toute créance aux traditions qui viennent d'être rappelées et toute foi aux anciens docu-

Digiti

ments de qui nous les tenons. On refusait de croire qu'aucune catacombe chrétienne pût prétendre à une antiquité aussi reculée que le i*' ou le ii* siècle. On enseignait que les commencements de Rome souterraine furent petits et misérables, que les grandes et riches constructions, les parties vastes et ornées qu'elle renferme ne peuvent appartenir qu'à rage de paix. Les découvertes contemporaines ont renversé cette théorie. En présence des monuments qu'elles ont mis au jour, il est impossible de ne pas accepter les conclusions de M. de Rossi. Il suffit d'avoir quelque teinture de Thistoire de l'art, il suffit d'avoir à un degré quelconque le sens artistique, pour reconnaître que les fresques de quelques cryptes récemment découvertes sont plus anciennes, plus classiques, d'un meilleur temps que les peintures si intéressantes à d'autres égards, mais bien moins parfaites, des cimetières du III* siècle. L'architecture, le système de décoration de ces mêmes cryptes, sont également en rapport avec les usages funéraires des Romains des deux premiers siècles, et concorderaient beaucoup moins avec la situation de l'Eglise chrétienne au siècle suivant. Ces notions deviendront plus claires encore quand nous aurons exposé, dans le IV* livre, l'histoire et les caractères des diverses périodes de Tart chrétien; l'analyse architectonique d'une partie du cimetière de Calliste, que nous emprunterons aux travaux de M. Michel de Rossi, achèvera de les mettre en lumière, en donnant au lecteur les moyens de distinguer chronologiquement les époques successives de la construction de Rome souterraine*.

Nous ne pouvons terminer ce chapitre sans parler d'un autre cimetière dont l'origine est encore inconnue, mais qui, s'il n'appartient pas à l'âge apostolique, était certainement en usage au ii* siècle. On y retrouvera quelquesuns de ces traits caractéristiques que ne présentent plus les cimetières de l'âge suivant, et qui marquent d'une

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