‹ Rome souterraineChapitre 71 sur 326 · Cyprian., Ep · texte numérisé non relu

Cyprian., Ep

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I30 ROxME SOUTERRAINE.

révèque seul. L'usage s'établit de nommer, à la mort du pape, ce premier diacre, et non un prêtre, pour lui succéder : et cet usage acquit tellement force de loi que, pour écarter ce diacre du rang suprême, on le contraignait quelquefois à recevoir la prêtrise du vivant du pape.

Ces considérations nous permettront d'apprécier toute la portée des paroles de l'auteur des Philosophumena^ racontant que saint Zéphirin c confia à Calliste la direction du clergé et l'administration du cimetière. • La communauté chrétienne de Rome entrait à ce moment dans une phase nouvelle de sa vie : elle faisait tourner à son avantage la protection que les lois romaines accordaient à certaines corporations, et, pour obéir à ces lois, un de ses membres était choisi pour être le gérant ou syndic qui administrerait la propriété commune et veillerait aux intérêts du corps sociale C'est ce rôle que Calliste fut appelé à remplir, réunissant en sa personne la direction du clergé et l'administration du cimetière, et gouvernant à ce double titre le trésor charitable de l'Eglise. Le cimetière qui lui fut ainsi officiellement confié était donc le cimetière commun des chrétiens, la propriété collégiale de VEcclesia fratrum. C'était f le cimetière sur la voie Appienne • que, d'après le Liber pontificalis^ Calliste « créa, dans lequel beaucoup d'évêques et de martyrs reposent, et qui est appelé aujourd'hui encore cœmeterium Callisti. »

Les raisons qui décidèrent l'Église romaine à créer ce cimetière l'engagèrent à y fixer, pour l'avenir, la sépulture des papes, déposés jusque-là au Vatican. Sur dix-huit papes qui occupèrent le siège pontifical de Zéphyrin à SylvesU-e, treize, selon le Liber pontificalis^ furent enterrés dans le nouveau cimetière. Il fut, d'après la conjecture de M. de Rossi, le premier lieu public de sépulture possédé

I. Quibus permissum est corpus habere coUegii, sodetads, sive cujusque alterius eorum nomine, proprium est ad exemplum reipublics habere res communes, arcam communem, et actorem sive syndicum, per quem quod communiter agi fierique oporteat agatur, fiât.— I^.^ III. 4, I, § I.

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et administré officiellement par TÉglise ; par lui se fonda la propriété ecclésiastique, conséquence naturelle de la forme corporative adoptée par l'Église dans ses rapports avec la société civile, à partir du m* siècle. D'autres cimetières lui appartinrent bientôt au même titre. Le Liber pontificalis rapporte qu'en 338, saint Fabien, le quatrième successeur de Zéphyrin, f divisa les diverses régions de Rome entre les diacres, et ordonna la construction de nombreux édifices (fabricas) dans les cimetières. • Cesfabricœ étaient sans doute des oratoires élevés au-dessus des catacombes, soit en vue du culte ou des assemblées, soit pour servir d'habitation à un gardien. Nous avons vu que tel était l'usage dans les grands domaines funéraires païens et nous avons retrouvé à l'entrée du cimetière de Sainte -Domitille les restes d'une de ces anciennes /aér/c^. Les chrétiens durent construire un grand nombre de ces édifices pendant les trente-neuf années de paix (211-350), troublées seulement par la courte persécution de Maximin (236), qui s'écoulèrent entre le règne de Caracalla et celui de Dèce.

En janvier 250, saint Fabien tomba victime de la persécution de Dèce. Dèce rendit probablement un édit pour interdire l'entrée des cimetières chrétiens; mais l'histoire n'en a gardé aucune trace. La persécution de Valérien, qui éclata en 357, les atteignit. Nous n'avons pas le texte de la loi rendue contre eux; mais son existence ressort clairement de ces paroles adressées par Emilianus, préfet d'Alexandrie, à saint Denys, évèque de cette ville : f Ni à vous, ni à personne, il n'est permis de tenir des assemblées et d'aller dans ce que vous appelé^ vos cimetières * ; • et de ces mots d'Aspasius Paternus, proconsul d'Afrique, à saint Cyprien : f Les très-saints empereurs Valérien et Gallien ont défendu de se réunir en aucun lieu, et d'entrer dans les cimetières*.»

I. Lettre de saint Denys d'Alexandrie, dans Eusèbe, Hist. EccL^yil^ II. — Ces dernières expressions prouvent l'origine exclusivement chrétienne du mot a cimetière. »

a. Àcta proconsularia «T. Cypria/ii.

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Le pape Sixte II, avec ses diacres et les ministres sacrés (saint Laurent était l'un d'eux, et nous avons vu les tombes des deux autres*), fut, pendant la même persécution, traqué, surpris et décapité dans le cimetière de Prétextât*, t parce qu'il avait méprisé les ordres de Valérien'. »

En 260, Gallien mit fin à la persécution. Il envoya dans tout l'empire un rescrit enjoignant aux possesseurs des loca religiosa confisqués par Valérien sur les chrétiens d'en faire restitution aux évêques de chaque église. En même temps, il adressa à quelques évêques des rescrits spéciaux, pour leur rendre le libre usage de leurs cœmeteria^. Il parait résulter de ces actes de l'empereur que les lieux d'assemblée des chrétiens, ces édifice^ à ciel ouvert dont nous avons parlé, avaient été confisqués par Valérien, et vendus ensuite au profit du fisc, tandis que les cimetières, protégés par la religion des tombeaux, avaient été seulement interdits. La persécution cessant, VEcclesia fratrum en reprenait de plein droit Pusage, n'en ayant jamais perdu la propriété : au lieu que, pour lui rendre les édifices non funéraires, il fallait qu'un édit exprès, les expropriant une seconde fois en sens inverse, les enlevât à ceux qui les avaient achetés du fisc. C'est sans doute en vertu de ces deux rescrits impériaux que Denjs, successeur de Sixte II, ayant recouvré les propriétés de l'Église, • divisa, dit le Liber pontificalis^ les églises et les cimetières entre les prêtres, et constitua des paroisses et des diocèses. •

Ces fluctuations de la politique impériale, en mettant en relief la position singulière et contradictoire de l'Église chrétienne, devenue légitime comme corporation et demeurée illégale comme religion étrangère, firent comprendre aux chrétiens la nécessité d'assurer l'inviolabilité de leurs sépultures et le secret de leurs réunions. A partir de ce

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