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& Fin du 3° Acte.
Paris, Imp. E. DUPRÉ, rue du Delta 26.
M. Ansseau dans “ Roméo et Juliette
J'attendais avec une curiosité intéressée les seconds débuts de M. Ansseau dans Àoméo et Juliette. Je croyais sincèrement cette fois au «greatevent». Et je m'en réjouis:
sais, car rien ne m'est plus agréable, quoiqu'il en puisse paraître,-que de faire plaisir à tout le monde ct de décerner des éloges sans restrictions. Cela ne m'arrive pas souvent: à qui la faute? «
Je n'irai pas jusqu'à écrire, au sujet de M. Ansseau, le mot de désillusion, qui dépasserait ma pensée, et romprait avec mon impértubable courtoisie de forme. Le nouveau pensionnaire de M. Rouché, qui a fait ses preuves et auquel j'aurais moi-même signé avec empressement le plus brillant engagement, à d’ailleurs bien chanté Roméo, dont il possède exactement la voix. Peut-être pourrait-on poser, en ce qui concerne spécialement la salle de l'Opéra, la question subsidiaire du cadre? Encore ne le crois-je point, si j'en jugé à certaines parties du duo de la chambre ét à tout le dernier acte. La voix de M. Ansseau est égale et étendue, bien ‘émise, franche de sonorité, d'un solide métal surtout ; la éechnique du chanteur ne peut | être mise en discussion. Que lui manque-t-il donc? La chaleur vocale, une plus grande variété de coloris, et, à la traduction du pérsonnage, la sensibilité, le foyer, à proprement parler l'âme, ce souffle ou cette étincelle de feu qui anime ét pénètre tout. A quoi devrait s'ajouter aussi plus de ligne et de distinction à donner à la silhouette, et un grime plus habile. Le ténor dont nous avons apprécié les qualités n’est point tout à fait Roméo, et pas du tout Montaigu. Certes, il eut d'excellents moments, de très brillantes «notes» — il eût pu s'abstenir des deux contre-ut facuitatifs du tableau du duel qu'il ne faut risquer à la grande rigueur qu'avec une ampleur qui émporte tout — et surtout un dernier acte où 1l fit apprécier l'opposition d'expressifs forle et de demiteintes très réussies ; il recueillit à plusieurs reprises des applaudissements nourris qui n'émanaient pas seulement, comme d’autres, de « billets blancs » bien placés, Mais il n’est pas — pour l'instant — suivant l'expression assez juste d’un auditeur idoine, de la lignée des grands Roméo qui parurént à l'Opéra, dé Jean de Reszké à M. Muratore. S'y classera-til par la suite? Je le souhaite sans en avoir la conviction. Je ne retrouve pas ên lui l'artiste que certaines scènes d'Orphée faisaient pressentir.
Mile Alexandrowitch remplaçait Mile Fanny Heldy dans Juliette. En la circonstance, c'était fâächeux. Certes, la Juliette de cette authentique chanteuse légère, dont les style « grand opéra » est le modèle du genre, est d'une correction technique et dune virtuo:
sité scolastique qui désarment la critique.
C'est «très bien fait», encore que les sonolrités soient loin d’être aujourd’hui également
‘homogènes à tous les étages de la voix, Le:
(rez-de-chaussée et l’eñtresol, notamment, lais- Isent parfois à désirer. Mais je reprocherai surtout à Mme Alexandrowitch, qui a, commé l'artiste qu’eile suppléait, une excellente « soufflerie », certains points d'orgue d’une REY fl
tenue démesurée, qui, ayant l’air d'une tentative de record, fofcent peut-être les applaudissements du vulgaire, mais sont d'un mauvais goût parfait.
M. Couzinou est un exemplaire Mercütié.
M. A. Gresse donne belle allure au rôle un peu tendu pour lui de Capulet dont il se tire avec adresse, mais qui conviendrait mieux à un gros baryton. Le Frère Laurent de M.
Huberty, lequel est ici bien dans son emploi, a beaucoup de telief, Les directeurs pas:
sent; la providentielle Mme Laute-Brun teste, et chaque reprise de Roméo nous la rend sous le maillot et le pourpoint du page Stéphano, de même que le sympathique M. Dubois en Tybalt. Cependant, celui-ci commen- -ce à ne plus joindre autant qu'il le faut ici la voix au geste. On a rétabli le rôle du duc; on à bien fait. On sent à ce détail, à cerfains autres de mise en scène aussi, sé manifester depuis quelque temps une heureuse influence. Il y aurait néanmoins pour certains décors, tel celui du deuxième acte qui nous présente l’inénarrable pavillon-jouet, modèle bazar de l’Hôtel-de-Ville, qu'habite la fille du seigneur Capulet, matière encore à de plaisantes critiques. Nous avons évolué, dans cet ordre d'idées, depuis un quart de siècle.
Dieu me damne! J’allais oublier d’enregistrer que Mile Anna Johnsonn fut l'étoile ap-. plaudie du « grand divertissement ».
Georges Linor.
4 Supplément à la Partition
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