ACTE DEUXIEME
Ah ! tu sais que la nuit te cache mon visage ! Tu le sais !... Si tes yeux en voyaient la rougeur,
Elle te rendrait témoignage
De la pureté de mon cœur !...
Adieu les vains détours !... M'aimes-tu ?... Je devine Ce que tu répondras. Ne fais pas de serments ! Phœbé, de ses rayons inconstants, j'imagine,
Éclaire le parjure et se rit des amants !
Cher Roméo, dis-moi loyalement : je t'aime î
Et je te crois !... Et mon honneur
Se fie au tien, ô mon seigneur, Comme tu peux te fier à moi-même !...
N'accuse pas mon cœur, dont tu sais le secret,
D'être léger, pour n'avoir pu se taire ; Mais accuse la nuit dont le voile indiscret A trahi le mystère !
ROMÉO
Devant Dieu qui m'entend je t'engage ma foi !
On vient!... Silence !... Éloigne-toi !...
Roméo s'éloigne et disparaît sous les arbres. — ■ Juliette se retire du balcon.