‹ Roméo et JulietteChapitre 4 sur 48 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

Les Mêmes, CAPULET, JULIETTE. Capulet entre en scène conduisant Juliette par la main. A son aspect tout le monde se démasque.

CAPULET

Soyez les bienvenus, amis, dans la maison! A cette fête de famille

La joie est de saison!

Pareil jour vit naitre ma fille; Mon cœur bat de plaisir encore en y songeant l Mais excusez ma tendresse indiscrète!

Présentant Juliette.

Voici ma Juliette!...

Accueillez-la d'un regard indulgent,

LES HOMMES, à demî^olx.

Ah! qu'elle est belle!

On dirait une fleur nouvelle Qui s'épanouit au matin l

LES FEMMES, c?e même.

Elle semble porter en elle Toutes les faveurs du destin?...

TOUS, à demi-voix.

Ah! qu'elle est belle!

On entend le prélude (fun air de danse»

JULIETTE, à Capulet.

Ecoutez!... c'est le bruit des instruments joyeux Qui nous appelle et nous convie...

Tout un monde enchanté semble naître à mes yeux.

Tout me fête et m'enivre, et mon âme ravie S'élance dans la vie, Comme un oiseau s'envole aux cieuxl

CAPULET, à Paris.

Eh bien ! Paris, faut-il vous dire D'inviter ma fille?... Mais quoil Vous ne m'entendez pas, je crois; D'où vient ce front rêveur?

PARIS

J'admire !

Jl s^approche de Juliette qui cause avec Tybalt,

CAPULET, se tournant vers ses invités»

Allons, jeunes gens!

Allons, belles dames!

Aux plus diligents

Ces yeux pleins de flammes 1

Nargue des censeurs

Qui grondent sans cesse !

Fêtez la jeunesse!...

Et place aux danseurs!...

Qui reste à sa place Et ne danse pas De quelque disgrâce Fait l'aveu tout bas.

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