E N E IV
CaI>ulet, notre ancienne amiîié me donne auprès
de vous des droits dont j’usai rarement C’est dans
l’occasion ia plus 'importante de votre vie que je les redame , que je les ferai valoir.
Cap ü l e t.
Où tendent ces discours ?
Quand îe ciel vous accorda le plus grand, le plus doux des bienfaits. une fille,, à ia fois l’honneur etl’ornem§nî de ia nature quel engagement prîtes-vous avec lui , avec voiis-méme ? Ne promîtes-vous pas , en serrant Juliette dans vos bras, de l’aimer , de la rendre heureuse ? '
Eh bien ?
"" É B A Sr
Descendez dans votre cœur. ...ouvrez les yeux* os.*, voir ia répugnance de Juliette pour Don Fernand ei dîtes-moi si vous remplissez vos devoirs de père vertueux et tendre...... en voulant les unir!
Vous savez , Cébas combien votre amitié' m’est
précieuse , combien j’estime la sagesse de vos conseils..,* maïs, g .c.
Et si votre fuie avait ujie aversion invincible pour Don Fernand, croyez-vous qu’il 'vous fût possible de ia détruire?
OPERA. ai
Encore lUie fois, Cébas, je croîs que tout doit cëJer auK motifs qui m^animent. Oui, tour, même i’aversicn que vous supposez ( sans doute injustement à maüife sa main sera ie pris du sang de Roméo.
C É B A St
Alîez, barbare ! vous me faites horreur. Ainsi donc !e lien le plus doux , ie plus sacré , l’innocence et fa vertu réunies seront profanées , deviendront le gage d\în nouveau crime. Ah ! si tant d^années écoulées dans les fureurs d^une haine héréditaire , si tant de sang répandu n’ont pas éteint en vous la soif ardente de''îa destruction des Montatpus , ne vous reste-t-il pas des vengeurs dans votre famille ? faut-il sacriher Juliette pour associer Don Fernand à votre rage ? de que! droit enchaînes-vous jusq'u^’à l’avenir de yotre îiile par un serment que son ame réprouve ?
N’ai-je pas ie droit de disposer >de ma fiiie ?
Cébas.
c3oi, comme un père; non comme un tyran ! vous répondez au ciel , à ia terre de son bonheur.
. ir C A^ ;P U L E T.
Céhas.... je souffre les conseils ; mais ii est des choses que ma dignité de père ne me permet pas d’entendre.
^ CÉBAS.
Capuïet , îa vérité ne peut offenser que celui qui îa craint.... j’ai fait mon devoir; c’est à vous *à. faire îe vôtre.
Je sais ce que je dois; J’attends ici ma fiüe, lui dicter mes volontés.
et vais,
Je ne di:' plus qidün mot; songez au parti que vou»
allez prendre : si Juiiette est sacrièée. tremblez ! ....
vous avez un cœur.... eiie sera trop vengée; adieu.
Ma fiiïe s’approche poursuivons îioi desseins.