‹ Roméo et JulietteChapitre 32 sur 34 · C AP U LE T · texte numérisé non relu

C AP U LE T

Ah ! ne m’arrêtes pas ;

Il insuite k votre maiitre.

Le Chœur,

Laîfsez agir contre un traître Notre courroux enflammé.

Don Fernand.

Non , il est seul et désarmé.

Le premier qui s^a\ance,..,

Fernand serait pour iui ?

Don Fernand.

Fernand est son appui,

Puisqu il est seui et sans défense,

Saisissez Roméo j vengeance 1

Don Fernand.

Arrêtez !

Juliette, se réveillant.

Roméo!

LE CHCffUR.

^ uieus !

Où suis- je ?

O surprise!.... O prodige !....

Roméo ! .... mes yeux....

An ! n^’abusez pas ma tendre^c'^ N-est-ce pas un songe , une iVresse LOut me confond dans ce séiour.

Cénas a su me yendre à h ciarté du jour.

Toui ensemble,

Aîi Dieux! est-ce un songe, une ivresse?

Tout confond dans ce séjour, nous

Quoi! îa tombe un instant dévora sa jeunesse!

Quoi ! est rendue à U clarté du jour l

Juliette.

Cébas a su me rendre à la clarté du jour.

CHŒUR

. De transports, de cris d’allégresse Remplissons ce triste séjour.

Un instant le tombeau dévora sa jeunesse 5

Il a rendu Juliette à la clarté du jour. ^

Ap res le Quinqué,

Ma fille !....

CÉBAS, le repousse.

C’est vous qui vous opposez, Cébas, à ce que je serre ma fille dans mes bras ?

Ecoute-moi , Câpuîet ; si tu préférés le bonheur de ta fille à la triste satisfaction de te venger, elle est encore à toi ; si tu t’obstines à la rendre malheureuse , cesse de la réclamer; tu n’as plus aucun droit sur elle.

Je n’ai plus aucun droit sur ma fille !

Non, te dis-je : elle appartient au tombeau; ru sauras

par quel art j'avais seulement suspendu sa vie pour t'amener au repentir par la douleur de i'avoir perdue : mais ici, Capuiet, tout est fait pour t'étonner; apprends que ta fille n a point hérité de tes fureurs contre [e sang des Montaigus , et qu'elie aime Roméo.

Home o. ..

Connais-moi , Capuiet ; je suis prêt à chérir le père de Juliette.

Moi, je consentirais à cette indigne alliance?

P O N Fernand.

Et pourquoi, seigneur, pourquoi repousser une occasion heureuse de terminer à jamais ces dissentions désolantes? Le cœur de Juliette ne peut être à moi; Roméo plus fortuné-^ veut se réunir à vous, et demande à vous aimer. Acceptez-Ie pour gendre , et souffrez que son rival soit aujourd'hui son garant. J'étois venu pour vous venger ; et je serai plus fier de ma victoire, si je vous réconcilie.

Romeo.

Rival trop généreux vous devenez mon frère.

Capuiet.

Romeo !... ciel un Montaigu ! puis-je souffrir!...

Eh-bien ! barbare; haïssez donc toujours; rassassiez vous d’horreurs et de vengeances; que cet abîme de îa mort, où toutes les passions s'éteignent dans fa moussîère , redouble, s'il se peut., îa férocité de vos rçsseniimens.; maïs songez que de cette même main qui menace les jours de Roméo, vous replongez au fond de son cercueil une fille infortunée qui n'en sortait

€ue pour vous consoler, et que vous aurez assassinée deux fois .... Serez-vous leur père ou leur bourreau ? Choisissez, Capul'et. .... embrassez vos enfans, ou frappez vos victimes.

Juliuiz U Roméo i avancent.

CapüLET, attendri»

Quelle est donc ta force et ta puissance? Tu parles, et mon cœur s’adoucit ; tu commandes à mes sentimens ,

ma haine est subjuguée tout ce qui m’entoure

est grand et généreux ..... je ne me refuserai point à i’çxemple de vos vertus Approche , Roméo.

Juliette.

O ciel ! est-il possible? Cébas, ô bienfaisant ami!

Donne-moi ta main; c’est au nom des miens que je t’offre l’oubli de ce qui nous a trop long-tems divisés.

Rome o;

■ C’est au nom de tous les Montaigus que je te voue la plus franche et plus constante amitié.

C AP U L ET, lui montrant Juliette.

Voici le gage de la mienne. Sois l’epoux de ma Juliette , j’y consens.

O bonheur !...

Et que les liens qui vont vous unir, ne se rompent qu’au tombeau qui les a vus former.

EJ

Éi

CHŒUR

Un Dieu propice inspire Les Moniaigus , les Capulets; Qu’enfin la haine expire Dans nos cœurs satisfaits ;

Fixons ici Fempire Du tendre amour et de ïa paix ; Tant de malheurs et tant d^années N'amenoierit pas ce fortuné' retour ; Pour dompter leurs fureurs obstinées ^ li failoit Juliette et l’amour.

De l’Imprimerie de fa rue du Bacq, la deuxième porte à gauche en descendant le ci-devant Pont-royaL

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