C AP U LE T
Ah ! ne m’arrêtes pas ;
Il insuite k votre maiitre.
Le Chœur,
Laîfsez agir contre un traître Notre courroux enflammé.
Don Fernand.
Non , il est seul et désarmé.
Le premier qui s^a\ance,..,
Fernand serait pour iui ?
Don Fernand.
Fernand est son appui,
Puisqu il est seui et sans défense,
Saisissez Roméo j vengeance 1
Don Fernand.
Arrêtez !
Juliette, se réveillant.
Roméo!
LE CHCffUR.
^ uieus !
Où suis- je ?
O surprise!.... O prodige !....
Roméo ! .... mes yeux....
An ! n^’abusez pas ma tendre^c'^ N-est-ce pas un songe , une iVresse LOut me confond dans ce séiour.
Cénas a su me yendre à h ciarté du jour.
Toui ensemble,
Aîi Dieux! est-ce un songe, une ivresse?
Tout confond dans ce séjour, nous
Quoi! îa tombe un instant dévora sa jeunesse!
Quoi ! est rendue à U clarté du jour l
Juliette.
Cébas a su me rendre à la clarté du jour.
CHŒUR
. De transports, de cris d’allégresse Remplissons ce triste séjour.
Un instant le tombeau dévora sa jeunesse 5
Il a rendu Juliette à la clarté du jour. ^
Ap res le Quinqué,
Ma fille !....
CÉBAS, le repousse.
C’est vous qui vous opposez, Cébas, à ce que je serre ma fille dans mes bras ?
Ecoute-moi , Câpuîet ; si tu préférés le bonheur de ta fille à la triste satisfaction de te venger, elle est encore à toi ; si tu t’obstines à la rendre malheureuse , cesse de la réclamer; tu n’as plus aucun droit sur elle.
Je n’ai plus aucun droit sur ma fille !
Non, te dis-je : elle appartient au tombeau; ru sauras
par quel art j'avais seulement suspendu sa vie pour t'amener au repentir par la douleur de i'avoir perdue : mais ici, Capuiet, tout est fait pour t'étonner; apprends que ta fille n a point hérité de tes fureurs contre [e sang des Montaigus , et qu'elie aime Roméo.
Home o. ..
Connais-moi , Capuiet ; je suis prêt à chérir le père de Juliette.
Moi, je consentirais à cette indigne alliance?
P O N Fernand.
Et pourquoi, seigneur, pourquoi repousser une occasion heureuse de terminer à jamais ces dissentions désolantes? Le cœur de Juliette ne peut être à moi; Roméo plus fortuné-^ veut se réunir à vous, et demande à vous aimer. Acceptez-Ie pour gendre , et souffrez que son rival soit aujourd'hui son garant. J'étois venu pour vous venger ; et je serai plus fier de ma victoire, si je vous réconcilie.
Romeo.
Rival trop généreux vous devenez mon frère.
Capuiet.
Romeo !... ciel un Montaigu ! puis-je souffrir!...
Eh-bien ! barbare; haïssez donc toujours; rassassiez vous d’horreurs et de vengeances; que cet abîme de îa mort, où toutes les passions s'éteignent dans fa moussîère , redouble, s'il se peut., îa férocité de vos rçsseniimens.; maïs songez que de cette même main qui menace les jours de Roméo, vous replongez au fond de son cercueil une fille infortunée qui n'en sortait
€ue pour vous consoler, et que vous aurez assassinée deux fois .... Serez-vous leur père ou leur bourreau ? Choisissez, Capul'et. .... embrassez vos enfans, ou frappez vos victimes.
Juliuiz U Roméo i avancent.
CapüLET, attendri»
Quelle est donc ta force et ta puissance? Tu parles, et mon cœur s’adoucit ; tu commandes à mes sentimens ,
ma haine est subjuguée tout ce qui m’entoure
est grand et généreux ..... je ne me refuserai point à i’çxemple de vos vertus Approche , Roméo.
Juliette.
O ciel ! est-il possible? Cébas, ô bienfaisant ami!
Donne-moi ta main; c’est au nom des miens que je t’offre l’oubli de ce qui nous a trop long-tems divisés.
Rome o;
■ C’est au nom de tous les Montaigus que je te voue la plus franche et plus constante amitié.
C AP U L ET, lui montrant Juliette.
Voici le gage de la mienne. Sois l’epoux de ma Juliette , j’y consens.
O bonheur !...
Et que les liens qui vont vous unir, ne se rompent qu’au tombeau qui les a vus former.
EJ
Éi
CHŒUR
Un Dieu propice inspire Les Moniaigus , les Capulets; Qu’enfin la haine expire Dans nos cœurs satisfaits ;
Fixons ici Fempire Du tendre amour et de ïa paix ; Tant de malheurs et tant d^années N'amenoierit pas ce fortuné' retour ; Pour dompter leurs fureurs obstinées ^ li failoit Juliette et l’amour.
De l’Imprimerie de fa rue du Bacq, la deuxième porte à gauche en descendant le ci-devant Pont-royaL