IV, 127. - III
- 7. — Vers récitez par i,e Seigneur Mauvissier sur lapin de la Comédie a Fon-
teine-Bleau. Icy la Comcdie apparoist un exemple \iy,liiÀ. — V, 236) ^.
et ancienne eclogue » et que pour ce motif Ronsard « s'est donné la liberté d*y mettre des chœurs à sa façon, quoy qu'il sçeut bien que les chœurs n'estoient anciennement que pour les comédies et les tragédies ».
1. Voir Fr. Torraca, G/' imilatoii stranieri di J. Sannazaro (Roma, 1S82\ pp. 58à 70.
— Sannazar avait d'ailleurs lui-même imité Théocrite \ldyl. \ pour la description de la coupe, Virgile Bue, \') pour l'éloge funèbre d'Androgeo, \'irgile encore et Ovide
Met I pour la description de 1 âge d or, et je crois que R. en remaniant et développant les passages de Sannazar, n'a pas négligé ces sources gréco latines — D'après H. Hauvette, R aurait imité Alamanni dans la description de I :ige d'or et dans l'éloge de la France jh. fr., 11)03, pp 276,456. 458 note).
2. Œuvres choisies de Ronsard, les Noies qui précèdent et suivent les extraits de cette Bergerie. — Sainte Beuve s'est du reste trompé en prenant la bergère Margot pour Marg. de Savoie, laquelle était alors en son duché et ne pouvait par conséquent figurer à Fontainebleau dans un ballet. 11 s'agit de sa nièce, la petite princesse de 11 ans qui deviendra la reine Margot. Blanchemain a commis la même erreur, qui a pour origine le commentaire de Marcassus.
3. Ces Xgmpbes sont les Bergères du chœur précédent qui s'étaient divisées en deux demi-chœurs. Les chœurs de cette pièce ne sont composés que de Bergères, et non de Bergers comme l'indique 1 éd Blanchemain, IV, pp. 39 et 44.
4. Ce cartel est précédé des « mascarades, combalz et cartels * que voici : Apres uuoir pour l'Amour combattu ; Si jamais homme en aymant fut beureu.v : .Ayant I cril triste et pesant le sourcy . Las ! sans espoir je languis à grand tort ; Ce diamant, maiiresse, je vous donne ; Six Chevaliers aux armes valeureux: Quand le loysir me seroil présenté. Il est suivi du sonnet Si la pitié peut émouvoir les dames.
5. Ces stances sont séparées des n"^ 8 et 9 par le cartel Demeure Chevalier et en la mesme jilace. et le sonnet pour une mommerie L'an et le mois, le Jour et le moment.
DE l'iT.LVMK LVHlniK llE HONSAHll 2<9
8. — Poi R LE TROPHÉK d'Amoir A LA Co.MKOiE. Jc SUIS Aiiiour, Ic grand maislre
des Dieux (IV, 131. — III. 4fi5).
9. — Pour le trophée de la Chasteté en la mesme Comédie Pour mon
trophée en ce cliar trionfant (IV, 132. — III, 467). 10 et 11. — PoiK LES mascarades de Bar le Duc. ci) Les quatre elemens PARLENT Ai: RoY Je t'ciij donné, (Charles, Roy des François
b) Les quatre planettes respondent. Ce n'est pas toij. Terre, qui
ce grand lion (IV, 134-35. - III, 468-69) '.
12. — Stances a chanter sur la lyre pour l'avant-venue de la Royné
d'Espagne. Soleil, la vie cl la force du monde (IV, 137. — III, 471) -.
L3 et 14. — Les Sereines, représentées au canal du jardin de Mgr dOrleans
A Fonteine-bleau. a) La première parle — De l'immortel les Rois sont
les en fans.
b) Prophétie pour la seconde Sereine. 0 Prince heureusement bien né (IV, 141-44. — III, 475-78) K
15. — Ode a Monsieur de Verdun, Secrétaire et Conseiller du Roy. Si
j auois un riche thrcsor (II, 369. — II, 454;.
16. — Paraphrase de Te Deum, au Seigneur Boulan, Receveur général de cette
ville de Paris. 0 Seigneur Dieu, nous te louons V, 255 — V, 443).
Sauf les u°^ 15 et 16, qui lermiuent le recueil, toutes ces pièces sont ies œuvres de commande, écrites pour des divertissements de la 3our ; et cela dans la première moitié de loC4, e.xceplé le n° 12, qui est ie 1565. Précisons le moment de leur composition et rétablissons-en 'ordre chronologique, bouleversé sans doute à dessein par Ronsard *.
Lesn''^6à9, 13 et 14 datent du Carnaval de Fontainebleau, fameux par les fêtes très brillantes que deux témoins nous ont racontées en iétail 5. Ces fêtes durèrent au moins dix jours, du dimanche 6 février au
1. Les n°' 10 et 11 sout suivis du sonnet Appaisez-uous, ne jouez plus des mains, jui faisail partie delà même mascarade.
2. Ronsard employait là pour la première fois le mot stances, dont il usa souvent tans la suite. Pasquier préférait le mot couplet ■ qui est de nostrc ancien esloc » à celui te slance « que par nouvelle curiosité nous mandions sans propos de l'Italien » iRcch. ie la Fr. ^'1I, ch. vu . Laudun a consacré au.\ Stances un chapitre où cette variété de 'ode est assez bien caractérisée 'A. P., III, ch. v)
3. Les deux odes des « Sereines » sont séparées du n° 15 par seize sonnets adressés îu roi, au prince de Condé et à divers personnages de la Cour.
4. On ne voit pas trop quel intérêt il avait à brouiller ainsi les cartes. Le souci de la variété, qui semble avoir été son excuse v l'épilogue de la Bergerie), ne saurait le ustifier ici. Car pour la postérité, comme pour ses contemporains, il aurait dû s'ef- 'orcer au contraire de remédier dans la mesure du possible, par des groupements :ontiuus. à l'obscurité qui résultait déjà de l'isolement inévitable des dift'érents mor- •eaux écrits des tournois et des mascarades.
5. V. le liecaeil et discours du Voya(je du lioy Charles IX... par Abel Jouan, '< l'un les serviteurs de Sa Majesté » lâCiii , et les Mémoires de Castelnau. » gentilhomme de la îhambre du Hoy . liv ^^ chap vr (Collection Micbaud et Poujoulat t. IX . Castelnau le fut pas seulement témoin de ces fêtes ; il y prit une pa"t acti\e On trouve le recueil 1 .\. .louan dans les PiVcf.s fuc/ilives p'Hir servir à l'Histnire de France publiées en 1759 lar d Aubais et Ménard. — \'. encore Brantôme, Dames illustres \'ie de Catherine le Méd.' ; le P. Dan, Trésor des Merueilles ; H. de la Perrière, art. cit sur Isabelle de Limeuil .
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mardi IS, mais elles battirent leur plein les 13, 14 et 13, jours gras. Après avoir eu l'habileté de faire marcher en 1363 dans les mêmes rangs, au siège du Havre, catholiques et protestants, Catherine de Médicis réunit et fit fraterniser en 1364 à Fontainebleau de nombreux représentants des deux partis. Au milieu des tilles d'honneur de la reine mère, qui jouèrent là un grand rôle, Louis de Condé fut le héros des tournois et des mascarades, et Ronsard prodigua sa verve avec une excessive facilité, pour elles, pour lui, pour les souverains et les princes, sous l'œil protecteur des Secrétaires d'Etat '. Les n°^ 8 et 9 sont le prologue et l'intermède - d'une comédie-ballet, tirée de l'Arioste et intitulée la Belle Genièvre ^, laquelle fut jouée par des dames et seigneurs de la Cour le dimanche gras « après diner », c'est à-dire l'après-midi *, dans la grande salle de bal connue aujourd'hui sous le nom de galerie Henri II ^ Le n° 7, sorte d'épilogue de cette comédie, en contenait la morale et la terminait par de belles strophes d'un ton grave, que récita Michel Castelnau de Mauvissière, celui-là même qui, dans sesMnnuire^, nous a conservé le souvenir des fêtes de Fontainebleau, et qui, ambassadeur ordinaire et extraordinaire auprès des reines d".\nglete!Te et d'Ecosse, se chargea en août 1563 de leur offrir, de la part de Ronsard, le volume des Elégies, Mascarades et Bergerie •'.
Les n^s 13 et 1-4 ont été récités par deux dames d'honneur de Catherine, qui figuraient des Sirènes « au canal du jardin de .Monseigneur d'Orléans », ainsi qu'un sonnet au roi, écrit « pour la Nymphe delà fontaine du logis de Monseigneur d'Orléans '' ». Ce sont des éloges
1 Les pièces nombreuses qu'il a improvisées en Irois ou quatre semaines dépassent 2000 vers (y compris la Bergerie). J'ai publié dans la Rrv. d'Hisl. lilt de juillet 1902 IroiÉ d'entre elles, qu'on chercherait vainement dans les éditions collectives de Konsard, contemporaines ou posthumes.
2. On disait alors entremets (v, les Œuures de Baïf, éd Marty-Lav., II, 204 ou intermédie ,\'. les Œuvres de Saint-Gelais, éd. Blanchemain, III, 159;.
3. ,Ie donne ce titre d'après Brantôme. Cf. Roland furieux, ch. iv à vi, aventures de Ginevra de Dalinda et du trompeur Polinesso. Saint-Gelais avait commencé à traduire eu vers cet épisode éd. Bl-, II 328 ; Baïî continua sa traduction éd. Marty Lav., II, 231 . Mais l'auteur de la tragi-comédie représentée au carnaval de Fontainebleau m'est inconnu.
4. Ce fut. comme on dit aujourd'hui très improprement, une matinée dramatique.
5. Castelnau l'appelle indifféremment une tragi-comédie, une tragédie, une comédie ; Konsard. Abel Jouan, Brantôme et le P. Dan simplement une comédie. Ronsard en a reparlé dans une élégie à Catherine de Médicis (Bl., III, 384), Vauquelin dans son A. P , III, vers 197 et suiv. V. enfin Jacques .Madeleine, Quelques poètes français à Fontainebleau ;1900), pp. 5 et 359, et Revue de la Renaissance de janv. 1903, où j'ai trouvé d utiles indications
6. y. la Correspond.de Catherine de .Médicis. II, 310, lettre à Paul de Fois, et un « envoy ■> de Ronsard A la Royne d'Ecosse Bl., VI, 19. dont certains vers correspondent tout à fait à la leUre de Catherine. Cf. les Mémoires de Castelnau, passim.
7. Les mots entre guillemets sont des indications données au litre de ces pièces. Pour le sonnet, v. Rev. d'Hisl. litt. de juillet 1902, p. 445.
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et des compliments qui ont pour sujet Ctiarles IX et servirent à une mascarade jouée le lundi gras dans v l'hostel » de son frère cadet* ; ils furent chantés pendant le dîner qui eut lieij sous des tentes dans un enclos, parcouru d'eaux vives, comme le donnent à penser ces lignes de Castelnau: « LaReyne mère du Roy... fit aussi de très rares et excellens festins, accompagnez d'une parfaite musique par des Syrenes fort bien représentées es canaux du jardin... »
Le mardi gras, autre divertissement : un tournoi-carrousel, oii « volterent six compagnies de six cavaliers » aux couleurs diverses, et « paradèrent six dames à cheval toutes vestues en Nymphes » ; après quoi cette petite troupe assiégea une Tour enchantée, défendue par six tenants, d'entre lesquels deux géants, qui en gardaient l'entrée, rompirent des lances contre le roi et son frère, chefs des assaillants ; enfin ceux-ci, restés vainqueurs, délivrèrent plusieurs belles prisonnières, qui, sur l'avis de la fée Urgande, les avaient appelés à leur secours. Le n" 6 nous transmet l'appel de deux de ces captives, qui ne devaient recouvrer leur liberté « sinon par les efforts
De deux guerriers, jeunes, courtois et forts - ».
Au même tournoi se rapportent le sonnet « pour chanter à une mascarade» et le cartel «pour l'Hermite au combat du Roy à Fonteinebleau » 3. Toutes pièces qui prouvent que Ronsard avait lu le roman d'Amadis et s'en inspirait à loccasion, bien qu'il l'eût considéré d'abord, avec quelques-uns de ses amis littéraires, comme un reste de l'époque d'ignorance, tout juste bon pour amuser les « gentilz-hommes et les damoyselles ». En 1564 il y avait quelque dix ans que ses amis et lui travaillaient à plaire aux « gentilz-hommes » et aux « damoyselles » et avaient par suite abandonné leur dédaigneuse doctrine *.
Faut-il rattacher aussi à ces fêtes la //^yer/e ;\ laquelle appartiennent
1. Cet " tiostel ", qui s'élevait dans les dépendances du palais de Fontainebleau, avait été donné en propre par Charles IX à son frère, le futur Henri III, comme l'indique la tin du discours de la première « Sereine » Bl-, W , 143).