‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 228 sur 509 · r.FNÈSE ET EVOI.UTKlN · texte numérisé non relu

r.FNÈSE ET EVOI.UTKlN

le présente incomplel, et dénaUire ainsi, volontairement ou non, la pensée de son auteur. Binet s'est, en effet, contenté de poserle problème des variantes de Ronsard, sans prétendre le résoudre : « Tantost par un meilleur advis de soy-mesme, tantost par le conseil do ses plus doctes amis, il a changé, abrégé, allongé beaucoup de lieux, et principalement de sa divine Franciade, et en ceste dernière main^, voulant tousjours tirer au but de perfection qu'on doit rechercher en la Poésie, pour acquérir de l'honneur, et non la médiocrité qui y est extrême vice... Aucuns ont trouvé la correction qu'il a faicte en ses œuvres, en quelques endroicts, moins agréable que ce qu'il avoil premièrement conceu, comme il peut avenir, principalement en la Poésie, que la première lureurest plus naïve, et que la lime trop de fois mise, en lieu d'esclaircir etpolir le fer, ne fait que l'user et le rendre plusrude. Les doctes qui verront sans passion ses dernières conceptions en jugeront -. »

Le dernier éditeur de notre poète, Marty-Laveaux, s'est borné, lui aussi, à constater, en citant Duperron, que les avis furent partagés au xvi" siècle : « La publication de Ronsard (il s'agit de l'in-folio de 1584) fut fort diversement jugée aussitôt qu'elle parut, « les uns approuvant les censures et additions qu'il y avoit faites, les autres les trouvant languissantes, et estimant qu'elles se sentoient de la froideur de la vieillesse ». Ce serait là une question très longue et très difficile à trancher, ajoute Marty-Laveaux ; nous ne l'essayerons point, nous étant appliqué à mettre sous les yeux du lecteur, qui doit en être le véritable juge, tout l'ensemble des pièces du procès ■*. » Intention excellente; malheureusement Marty-Laveaux est très loin d'avoir fait ce qu'il dit, n'ayant accompagné son texte de loS'i d'aucune variante des éditions antérieures ^, ni reproduit les passages supprimés, du moins pour les Amours, les Gnyetez, les Odes, les Eglogues et les Mascarades, — ce (jui enlève au lecteur toute possibilité de comparaison dans le domaine de la poésie lyrique.

Nous avions donc le devoir de réunir nous-même les éléments de cette comparaison •'', puis de rechercher « sans passion » jusqu'à quel

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