‹ Ronsard, poète lyriqueChapitre 336 sur 509 · Ibid., 276. Cf. au tome VI le poème du Rossignol · texte numérisé non relu

Ibid., 276. Cf. au tome VI le poème du Rossignol

7. Ibid., 438. Cf. au tome VI le \arssis et le poème lyrique de r.4/oup((e, pp. 240et 348.

vijyie « se marie » à l'ormeau ; le lierre « se grippe à l'entour du chêne aimé ». Ces dernières visions reviennent h satiété dans l'œuvre de Ronsard '. Il y puise des comparaisons et des arguments. Çette nature librement lascive n'est-elle pas pour la femme qu'il chante un exemple à suivre ? Ne l'invife-t-ellp pas h céder à sa prière, à s'abandonner à l'amour ■? l'hnnhi vDir;/ amor, rt no!: redmnus amori. Nous retrouverons plus loin quelques-unes des plus intéressantes variations qu'il a exécutées sur ce vieil air.

Or les^ornements qui lui ont permis de développer cette conception de la nature, il les a hérités d aliord des poètes latins, ensuite et surtout de leurs imitateurs de la seconde Renaissance. Lucrèce, Virgile et Ovide avaient dépeint l'amour des animaux dans leurs poèmes didactiques ; le troisième l'avait même proposé en exemple aux lecteurs et lectrices de VArt d'aimer^. Catulle avait rapproché les baisers de Lesbie de ceux des colombes 3. Properce avait dit à Cynthie : « Prenons pour modèles les colombes amoureuses * » ; Catulle, Horace, Ovide, Claudien, avaient parlé des embrassements du lierre ou de la vigne avecl'ormeau ^. Mais d'ailleurs ils n'en avaient parlé que sous forme de comparaisons fugitives, sans y insister, sauf pourtant Ovide dans un passage desMélammyhoses^, Ovide, qui, après avoir exercé une influence prépondérante sur la poésie erotique et didactique des trouvères, reste en définitive, à cet égard comme à bien d'autres, le grand maître de la seconde Renaissance poétique.

Au contraire (et en cela Ronsard leur doit bien plus), les poètes italiens et néo-latins avaient développé et ressassé de mille façons ces images de. lanature-OiaQureuse ; ils avaient étendu les passions de l'amour aux plantes et même aux choses inanimées, enviant le sort de tous ces êtreSj dont jauçun obstacle ne contrarie les ardeurs. Voici des exemples tout à fait typiques empruntés à VArcadia de Sannazar ; sous le nom de Sincero, le poète raconte son premier amour : « Et me semble que les cavernes, les fontaines, les vallées, les montaignes et toutes les forestz l'appellent (la bien-aimée), et que les arbrisseaux resonnent incessamment son nom : entre lesquelz.

1. Voir Bl., I, pp. 18, 171. 189. 216. 222, 224. .301, 332-33, 375, 383 ; II, pp. 146, 245, 390, 469; IV, pp. 49. 69, 212. 272 ; VI, p. 240.

2.Denat. rerum. début; Géorg.. III, 215 et suiv.; .4r5 ama(., I, 279-80; II, 490 à 500.

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