‹ Rosa Bonheur, sa vie, son œuvreChapitre 21 sur 53 · ROS A BONHEUR · texte numérisé non relu

ROS A BONHEUR

c'est un calculateur: il pri>ccdc par raisonnement, pour ses actes, et son expression porte une pensée souvent profonde : «< Ce que le loup fait par force, dit HulVon, le renard le fait par adresse et réussit plus souvent. Sans cheicher à combattre les chiens et les bergers, sans attaquer les tioupcaux. sans traîner des cadavres, il est plus sur de vivre. Il emploie plus d'esprit que de mouvement; tîn, autant que circonspect, ingénieux et prudent, il varie sa conduite : il a des moyens de réserve qu'il sait n'employer qu'à propos. Quoique aussi infatigable que le loup, il ne se fie pas à la rapidité de sa course; il sait se mettre en sûreté, en se pratiquant un asile où il se retire dans les dangers pressants, où il s'établit, où il élève ses petits. 11 n'est point animal vagabond, mais animal domicilié... L'idée seule du domicile présuppose une attention singulière sur soi-même; ensuite le choix du lieu, l'art de faire son manoir, de le rendre commode, d'en dérober l'entrée, sont autant d'indices d'un sentiment supérieur. Le renard en est doué et tourne tout à son protit: il se loge au bord des bois, à portée des hameaux; il écoute, il flaire, il prend habilement son temps, cache son dessein et sa marche, se glisse, se traîne, arrive et fait rarement une tentative inutile. Il emporte sa proie et la cache en divers endroits; il va surprendre avant le Jour les lacets que l'on tend aux grives et aux bécasses, chasse en plaine, saisit sa proie au gîte, déterre le gibier dans les garennes, découvre le nid, prend la mère sur les œufs et détruit une quantité prodigieuse de gibiers.

« Il a l'organe de la voix plus souple et plus parfait que le loup et le chien ; il a des tons différents, selon le sentiment dont il est affecté; il a la voix de la chasse, l'accent du désir, le son du murmure, le ton plaintif de la tristesse, le cri de la douleur. »

Nous nous en voudrions d'avoir cité cette longue page, si belle qu'elle fût, si nous ne l'avions fait comme un hommage à Rosa Bonheur. 11 nous souvient qu'un jour elle nous disait: « Je n'ai jamais peint une figure de renard, sans avoir présente à l'esprit, avec toutes ses observations si vraies, l'admirable description que donne Hulfon de la nature et de l'instinct — ou de l'âme, comme vous voudrez — du renard. »

Depuis Aristote, en passant par Galilée, le singe ne compte guère de panég3Tistes ; ses petites oreilles, son nez camard prodigieusement étroit entre les deux sourcils, sa petite face édifiée sur beaucoup d'os et de cartilages, le désignent comme un animal remuant et lubrique, rusé pour le vice et susceptible même d'ivrc-

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