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A M" Rose Caron
Avec ces fleurs écloses pour Sigurd ébloui, Ô Brunehilde sainte, fille des dieux cruels, Walkyrie condamnée à subir un mortel, tu nous a révélé le pays d’où tu vins. Vierge pure et fatalé dont l’œil profond sonda le mystére éternel, la sombre nuit en pleurs; devant ta face pâle à l’auguste sourire, comme devant l'étoile qui préside à mes rêves, je m'incline et t’ad-
mire, à genoux devant toi.
O suprême inspirée, où prends-tu tes accents ? Est-ce la voix du ciel ou l’écho de ton âme, ou n’est-ce plutôt pas le langage sacré, que parlait dans les temps la fille d'Hamilcar à Carthage éplorée.
Elles t'ont donné leurs ailes tes colombes chéries, pour
monter au sublime, à la beauté, à Dieu.
Il y a longtemps, voilà plusieurs années, que l’idée de rendre à M* Rose Caron, un hommage public d'admiration artistique, m'était joie immense.
Je voulais me faire l'interprète d'une élite de musiciens et d’éclairés amateurs, qui comme moi la savent noblement inimitable et la saluent dans une sphère de lumière, à une hauteur où nulle ne peut atteindre ; idéalité blanche qu'on contemple mais qu’on ne discute pas.
J'hésitais cependant et la meilleure de mes raisons de silence était la réclame éhontée, dont vit la multitude cabotine.
Ce nom Rose Caron ne se suffit-il pas à lui-même et n’estce point témérité, que d’oser y accoler un éloge.
On portraicture de bas en haut et de haut en bas, en charge ou en héroïnes, les Sarah, les Yvette etc, mais ce qui s'emploie pour populariser ces filantes nébuleuses peut-on raisonnablement en faire usage, même avec discrétion pour la noble Caron ?
Puis des amis, m'ont rappelé mes premières intentions (les meilleures paraît-il) et je me suis dit : Quelque humble fleur jetée sur le passage de la géniale créatrice ne sera pas remarquée et puis Sainte Elisabeth ne pardonna-t-elle point aux
roses qu'un miracle fit naître sous sa blanche tunique.
On m'a reproché de ne sacrifier qu'aux musiciens ou artistes allemands, je suis heureux cette fois-ci de rendre le plus éclatant hommage, à celle qui au milieu de compositeurs mesquins, de chanteurs sans style, de musiciens de métier, m’apparaît comme l’incarnation la plus noble et la plus élevée du génie expressif français, de saluer en Madame Rose Caron un incomparable et unique exemple d’unité et de poésie, dont
on chercheraïit vainement le pareil sur toute scène du monde.
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Une physionomie plus que belle ; superbe.
Un je ne sais quoi dans les yeux, à la fois d’inspiré et de sévère, ensemble majestueux et d’antique prestance, que divinisent un charme et une suprême poésie d'expression.
Contemplez-là, beauté de rêve et de mystère, toujours songeuse comme écoutant ses voix, figure qu'on croirait détachée d’un Botticelli et dont l’allégorie rappelle les prètresses druidiques officiant sous les chênes verts.
Saluez-là bien bas, c’est plus qu’une femme ; c’est l’incarnation de l’art plastique se réalisant non sous une matérialité de formes, maïs par la splendeur du geste et l'harmonie de la ligne.
C'est l'expression d’un admirable talent vocal qu’animent la vérité de l’accent, la sobriété des moyens, le mépris de l'effet factice.
Saluez, bien bas ! Elle est de celles qu’on imite mal et
qu’on ne remplace jamais.
LES ROLES DE MapaAmME ROSE CARON
Il faut parler de ce qu'il était si doux d'entendre seulement et l'on doute si les mots sauront jamais dire ce que chantèrent les. sons mystérieux.