‹ Rose CaronChapitre 3 sur 11 · ÉLISABETH · texte numérisé non relu

ÉLISABETH

Je ne crois pas que l’on puisse dire de Madame Rose Caron, qu'elle est supérieure dans tel ou tel ouvrage puisqu'elle est elle-même partout, mais s'il est un rôle créé pour elle, un personnage qu’elle excelle à transfigurer c’est certes celui-là. Voyez-là recevant à la Wartbourg les chevaliers rivaux, hiératique, évocation vivifiée d’une vierge d'Albert Dürer naïvement grande en sa touchante simplicité.

-.... Et quand le criminel, menacé par les glaives s’incline repentant, comme elle implore grâce, « Grâce pour le

pécheur » ; comme elle crie « Clémence » douloureuse blessée.

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Blanche, toute blanche, fleur de neige immaculée, elle chante aux pieds de Marie, et dans le ciel apparaît pure et blanche comme elle, l'étoile confidente, la stella d’amore pour la guider là haut parmi les anges, là haut dans la blancheur

et l’immortalité.

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SIÉGLINDE

U théâtre, savoir s’abstraire, quelque peu, s’effacer, quand telle est l'obligation du personnage, est au théâtre qualité tellement rare que le public ne saurait la saisir.

On discuta donc M"° Caron dans Siéglinde,

il lui manquait le panache qui rallie les

faciles suffrages, puis dans le premier abasourdissement du coup de tonnerre leur révélant l’œuvre nouvelle, les orchestreux ahuris ne purent saisir tout ce qu’il

y avait de psychie dans la réserve de son interprétation.

Siéglinde, rôle sans effets de décors et où l'accent et la mimique sont avant tout à observer, nous révela M"° Caron sous un aspect que nous ne lui connaissions pas, il nous fit comprendre toute la subtilité de son talent et la modestie de son caractère, car il est facile de rivaliser en s’abaissant aux luttes courtoises, mais bien plus beau s’enfermant dans sa tour

d'ivoire de laisser aux brises vespérales le soin de disperser

les nuages.

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