‹ Rose CaronChapitre 5 sur 11 · BRUNEHILDE · texte numérisé non relu

BRUNEHILDE

On discutait musique dans un cénacle de purs et les uns de prôner Sigurd à l'envie, les autres de répondre : « Simple marchepied à la Tétralogie ». Personne ne s’entendit, les musiciens étant encore moins que les autres, gens à s’accorder, mais le mot de la fin qui rallia tous les suffrages fut, que la

me

plus belle œuvre de Reyer c'était encore M"° Caron, ce à quoi on objecta que la plus belle création de M" Caron c'était encore Reyer.

Et en effet, de par le destin, ils sont irrémédiablement enchaînés l’un à l’autre et si je croyais au prodige des mysté-

rieuses incubations je me demanderais, si une même larve ne

les enfanta pas et si de par une loi fatale ils ne procédent pas l’un de l’autre.

Brunehilde, rôle qui popularisa M" Caron, auquel elle doit

son début à l'Opéra et son premier triomphe.

Sigurd, œuvre inégale, partiellement fort belle, un des

meilleurs opéras français mais qui sans la radieuse poésie dont

M"*° Rose Caron sut empreindre le principal personnage, n'eut

probablement obtenu qu’un succès relatif.

To

Ji le \ QE AL GA

Le plus beau triomphe de sa carrière | jusqu’à présent) et certes sa plus grande joie d’artiste, si au créateur qui idéalise et revit les héros, l’ovation n’indiffère pas. C’est ici que vous admirerez le mieux la poétique de son geste et son unique

majesté d’allures.

Tanit protège-nous, clame le peuple en peur,etsublime,implorant les étoiles, elle s’en va résignée à sa perte reconquérir

le voile et sauver la patrie.

Les colombes s’envolent, la sombre nuit descend et quand paraît Tanit argentant l'horizon il semble qu’astrale, elle va

dans la déesse, dans la pure clarté, s’anéantir transfigurée.

D JELMA

C’est toi dont nous sentons la divine présence, c’est toi dont l’éternelle jeunesse sourit à l'éternel amour.

Prêtresse de Lackmé, que tu fis vivre un jour, c’est'vers toi non vers elle que s'élèvent les chants, et la brise dans l'ombre et le flot sur la grève soupirent ton nom béni, dont les roses

tes sœurs, gardent le souvenir.

Comme aux heures du rêve tu nous apparus belle, dans un nimbe doré, vision d’un moment. Et puis tout Ss’envola, les

musiques moururent et l'on ne se souvient que d’avoir admiré.

eee vre ere ES een NE neue à RE EE Le ee ee dm

Page 1