‹ Rose et Rosette dramevaudeville en trois actesChapitre 46 sur 53 · ALCIBIADE, BERNERETTE · texte numérisé non relu

ALCIBIADE, BERNERETTE

ALCIBIADE, •«*« wprMMBMl.

Croyez que je suis bien heureux. Mademoiselle, de l'occasion qui m’est offerte de... de... de...

BERNERETTE

Avez-vous fini, traître, chenapan, gueux, sacripant, co quin?...

ALCIBIADE

Assez de compliments comme ça !

BERNERETTE

Jamais assez! Depuis six mois, qu’êtes-vous devenu. Monsieur? où avex-vous vécu?..,

ALCIBIADE

Mais ici... à Neuiily!

BERNERETTE

Et qu’y avez-vous fait?...

ALCIBIADE

J'ai consolé André, et je le marie aujourd’hui!...

BERNERETTE, d'uo ton *npb»tî.pi*.

Et moi, vous m'avez délaissée, soupirant, gémissant, désolée, accablée, désespérée...

ALCIBIADE, du méat Un.

Déshonorée, flétrie!

BERNERETTE

Non, Monsieur!...

Hélas!... je le sais bien... et co u’csl pas de ma faute ! mai* dans les mélodrames, la jeune fille abandonnée finit toujours son récit par ces deux mots-là I

BERNERETTE

Vous avez l’audace de rire!

* Polycarpe, Louison, Alcibiade, Bernerette, Min, tir. Anli’ocr, Hector, Martrurrite.

ALCIBIADE

Eh! parbleu! cela vaut mieux que de pleurer!

WERNERUTB.

Mau, au moins, rcnd>. z-moi compte de votre conduite depuis sis mois! Qu’avez-vous fait ?

ALCIBIADE*

Ce que j'ai fait 1

Air de la Cocarde ou Lvoiudr,

Vont demande» ce que j'ai hit l.i'iiu de vous «| jc j’aiin.iii, que j’aime!

Je v,ùt {dire un aveu romplel.

Et vous me jugerez vous- même !..

André, resté seul sur la terre,

Ne partait pins que de mourir ;

Moi, son compagnon. moi, son frère,

Je fis Serment de le guérir!

A Paris, tout était pour lui RegnU nouveaui, peine nouvelle ;

Loin de tous, loin de vous, loi d’elle.

Nous iimm sommes carbes ic.i.

I! faut toujours bicu que l’on aime.

Et que l'ou se console un jour...

Si bien que «'est l’amour lui-méme Qui guérit Ici douleur» d'amour !..

Dans un pauvre co-in déchiré Quand il a porté la souffrance,

Il y fait rentrer l’espérance :

Il en fut ainsi pour André!..

U me disait, dans sa tristesse :

« Non, je n’alaetai plus jamais!

« Je n’aurai pas d’autre maître A* »

Qu’advinl-d de ecs beatu projets?

Après cinq Ions s mois de douleur,

Devant lui, puiipeUc et coquette.

Un matin passe une fillette!

Voici qu'il seul batlre ton cœur!

André, tout étonné, s’arrête ;

Il la regarde, et puis voici Que le sang lui monte a la télé!

La pauvrette rougit aussi !

L'étincelle de deus grands jeux Suffit pour rallumer la flamme Qu' André croyait morte en son Ame!

Il se sent vivre! Il est heureux'

Il épuute celle qu'il aime...

Et mol j’ai sauvé mon ami!

labre enfin, je peux, pour moi-méine,

Berncrvtte, aimer aujourd'hui !

Eb bien! voici co que j’ai fait

Loin de vous que j'aimais, que j'aime!

Voici l'aveu le plus complet...

Et maintenant jugea vous-même.

MWEIITT8.

Ainsi...

ALCIBIADE

Je suis venu demeurer ici avec André, nous y avons vécu, lui, moi et celte pauvre madame Bcrnier, qui n’a pas voulu nous quitter. Nous demeurons là tous les trois .. Un autre amour a consolé. André, H se marie aujourd’hui, et je vous al tous invités à la noce, comptant bien que cette circonstance amènerait entre nous une tendre réconciliation.

BtRNt'.BETTE, Sent.

Vous êtes un brave garçon, Alcibiade, et je vous pardonne! Mais est-ce que ce mariage et ce bonheur d’André ne vous donnent pas des idées?., mais la, des idées!!!

ALCIBIADE

Quelles idées?

BERNERETÎH.

Eh! mais des idées... d’amour!

ALCIBIADE, arre «n «oabrtttut.

Dos idées d’amour !.. niais j’en ai toujours, mais j'en ai tropl

BERXLRF.TTH.

Oui, mais d'amour suivi de mariage?

ALCIBIAUK.

Sac A papier! Rernerette de mou Ame, nous ne nous entendons plus!

BVtlKF.Rt.TTt.

Mais alors, vous n’êtes pas conséquent!..

ALCIBIADK.

Ça m’étonnerait! Je me crois conséquent!

BF.R.NERF.TTR.

Non! vous croyez faire le bonheur d'André en le mariant.

ALCIBIADE

Mais, Bernerclle, André est triste, malade, Inquiet îil a besoin délit: aimé et consolé; uiué, je me poite à merveille! Tenez, j’ai pus du ventre!

BÉRNERETt*.

Réfléchissez et vous m'épouserez!

ALCfHAM.

Réfléchir! quel conseil me donnez-vous là?... Mab, malheureuse, on ne se marierait jnmais, si on réfléchissait avant! BERNERETTB.

Vous êtes fou t

ALCIBIADE

Je suis le bon sens lui-même! jugez plutôt I

Air de F Héritière.

Quand un homme n fait la folia De prendre uac femme ici-bot,

Un seul doute remplit (a via :

Le tuis-je ou tic le suis-je pu?

Le seul bonheur, c'est ne pas l'ètra;

IA «t bornent tous les souhaits I O bonheur, je peux le connaître En ne me manant jamais.

(p»ri*.) C’est évident! pas de danger! et tout le bénéfice I..

(Vojssl AaJi* qui xrl Je U maiion.) Alldt'é Serait de CCI tfiS-là l'il

ue te mariait pas aujourd’hui!

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