ACTE V, SCÈNE II
Mon père sur vos pas vient-il me secourir? ARoseraontle en pleurs ses bras vont-ils s'ouvrir? Qu'ordonnez-vous encor?
Et tes vœux ici même appelaient l'infidèle. Son sceptre avec son coeur m'était donc enlevé, Perfide! et c'est à toi qu'il était réservé î
De me rendre au bonheur s'il conçut la pensée, M'en accuserez-vous, moi qui l'ai repoussée? Je devais le combattre et non pas le trahir. De ma sécurité venez-vous me punir?
ÉlÉONOIîE.
Je maudis le forfait où la fureur me porte;
Je te plains , mais je souffre , et ma clémence est morte.
Pourrez-vous sans remords voir mon vieux père en deuil?
Faut-il si jeune encore arriver au cercueil?
Mes douleurs avant peu combleront votre attente.
Je voudrais ne plus vivre, et mourir m'épouvante.
96 ROSEMOrsDE.
Tremble , tu m'as trahie.
Moi, vous trahir ! non , non, vous êtes obéie ;
A l'amour , à la gloire , à tout j'ai renonce.
Vous m'enviez le jour que vous m'avez laissé.
Ah ! bientôt mes douleurs combleront votre attente.
Je voudrais ne plus vivre, et mourir m'épouvante.
ÉLÉOXORE.
Le sceptre de Henri m'était donc enlevé, Perfide ! et c'est à toi qu'il était réservé ! Ce n'est plus le courroux , ce n'est plus la vengeance . INon, c'est la rage même, une aveugle démence Dont le transport brûlant m'excite à l'immoler.
KLÉO.NORZ.
Qui menaçait mon troue et séduisait son roi? A mon ardent amour qui Ta ravi? c'est toi. Ce n'est plus le courroux, etc., etc.