ACTE V, SCENE IV. io
Inondant de mes pleurs mon trône solitaire, De mon sceptre sanglant porter seul le fardeau; * Oui, tout seul, sur le trône il suffit d'un bourreau. Toi qui fus reine, adieu, va chercher un asile Sur les bords étrangers où ma haine t'exile Eloigne-toi , va-t-en , ôte-toi de mes yeux , Le crime nous sépare.
CLIFFORD
Il vous unit tous deux.
Ensemble criminels, vous gémirez ensemble, N'accusez pas le Ciel qui tous deux vous rassemble ; A chacun , par lui-même au remords condamné , Pour confident du meurtre un complice est donné.
HENRI
Pardonne.
CLIFFORD
Est-ce à Clifford de frapper ou d'absoudre 1 De vos fronts couronnés puis-je écarter la foudre? Pleure, antique Albion, voici tes jours de deuil :
* Vers supprimé par la censure.
108 R0SEM01NDE.
Honneur, gloire, vertus, descendez au cercueil. Et vous dont les fureurs et l'infâme licence De Dieu sur l'univers signalent la vengeance, Levez- vous, ravisseurs, levez-vous assassins, Désertez vos climats, fuyez vos bords lointains, Parmi vos noms proscrits , gravez deux noms célèbres;
Accourez , et cessez de cbercber les ténèbres ;
Venez, du trône anglais bravant la majesté,
* Près de complices rois trouver l'impunité; Venez ; et par le crime empressés à leur plaire , A la clarté du jour réclamez son salaire. Eléonore, adieu; Plantagenet, adieu;
Je meurs ; pour vous punir il ne reste que Dieu.
* Vers supprimé par la censure.