COMTES GUERRIERS
ALBOIN
Je veux qu’à notre tour
Nous allions brûler Rome, et je vais prendre jour;
Cette Rome n’est plus qu’une ombre, un simulacre ;
Ce qu’Alaric a fait, ce qu’a fait Odoacre ,
Je le veux accomplir avec vous , mais si bien Qu’après notre passage il ne reste plus rien;
Rien de ce capitole et des hautes murailles Que lavèrent le flux et reflux des batailles ;
Ce projet doit vous plaire et vous entraîner tous , Embrassez-le , Didier, au lieu d’ètre jaloux De me voir épouser Rosemonde ; une femme Ne doit jamais tenir tant de place en notre âme ;
Égildo, qu’on te donne, est belle; et , sur ma foi , Je l’aurais volontiers prise pour femme.
D IDIKH.
Roi ,
Mon dépit tombe ; Égilde est une noble fille Qu’on pourrait accepter pour mère de famille. Rosemonde est à toi , n’en parlons plus.
ALBOIN
Ta main ;
Et pour exécuter nos projets, à demain.
 demain.
DIDIER
ll« se retirent tous, exceptcfi Clépbon; Didier ra chez lui.