‹ Rosemonde tragedie en un acte, en versChapitre 8 sur 27 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Et quo dans un festin couronnant cet exploit Tu boirais dans son crâne; il faut que cela soit.

Le vaincu par tes pleurs survit à sa défaite,

Et ta douleur rendrait ma victoire imparfaite;

Mais le roi de Lombards repo.usse un tel affront,

La couronne de fer repose sur mon front,

El de ce dur métal les Dieux firent mon âme Qui ne s’émeut jamais aux pleurs vains d’une femme. Allons; il faut subir mon pouvoir absolu :

Versez, et qu’il soit fait ainsi que j’ai voulu.

Au moment oü sur l'ordre d'AlNvin un ëchanson ra prcsontcr la coupe à Rosemondc, Didier s'avance pour défendre la reine.

DiniER.

Roi, cet ordre cruel nous blesse, tu t’égares;

Les latins à bon droit nous traitent de barbares.

ALBOIN

Veux-lu me provo(}uer?

CLëPIIONj bas k Didier.

Oh ! silence.

DIDIER

Eh bien, quoi?...

Je parle librement même devant le roi.

Jusques dans ce pays de honte et d’esclavage J’ai porté dans mon cœur la liberté sauvage De nos forêts; Alboin, qu’un peu d’ivresse absout.

Est le premier parmi sefe égaux, voilà tout;

Et, fùt-il libre autant qu’un empereur de Rome,

Depuis qu’il est un roi ne suis-je plus un homme?...

ALBOIN

Parle, parle; écoulons Didier.

DIDIER

Je disais donc

U HOSEMONDE.

Que l’on ne doit pas faire un entier abandon Du passé, ni marcher aveugle sur la trace Des Grecs et des Romains, peuples de vieille race,

Mais qu’il nous faut choisir dans les mœurs des aïeux Et de ces nations ce que l'on fait de mieux :

Il faut être, en un mot, l’exemple est assez rare.

Juste comme un Romain et fier comme un Barbare.

Le roi rit ci fo moque de Didier areo scs amis. ALBOIN.

Ha! ha! ha!...

DlUIËll.

Faudra-t-il végéter sous ta main Cruel comme un Barbare et faux comme un Romain?

ALBOIN

Didier nous brave, amis, vous venez de l’entendre.

C’est un Grec, un Romain, cet homme a le cœur tendre, 11 aspire aux vertus des peuples policés...

Je suis Lombard; je suis le maître, obéissez.

DIDIER

Quoi ! cette fille est noble,, elle est belle, elle est pure.

Et c’est pour la briser ainsi par la torture Que tu l’épouses!... roi, c’est nous outrager tous Que d’avilir ce front qui va régner sur nous.

ALBOIN.'

Ah! ce méchant rhéteur me fatigue.

A Didier qui voui pourfuirro*

Silence,

Didier! je ne veux plus supporter d’insolence.

DIDIER

C’est ainsi que les rois traitent la vérité.

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