ACTE TROISIÈME
ROSE
Oui, madame... car on ne mendie pas le travail, on le demande. Et, d'ailleurs, je ne suis pas humiliée le moins du monde, soit qu'on m'en donne, soit qu'on ne m'en donne pas.
.MADAME 1IÉLI0N.
Je vous préviens que vos airs de fierté et de vertu ne m'en imposent guère... Je commence à soupçonner les idées que vous avez en tète.
J'ignore les idées que nous me prêtez, madame. Il est clair que, quand mon père vivait, je ne songeais pas à être une ouvrière. J'avais tort. Une jeune fille sans fortune devrai! tout prévoir. Aujourd'hui par suite d'événements qui ne sont pas
lous de ma faute, je suis obligée de travailler du seul métier que je connaisse : il est souvent très dur, mais j'aime encore mieux le faire que d'être aux gages de n'importe qui. Je ne vois vraiment pas en quoi cela peut vous offenser.
MADAME HÉLION
Mais, ma parole, vous êtes étonnante !
Vous ne vous rendez pas compte de votre situation. Savez-vous bien que, sans M.
Pagelet, aucune maison de la ville ne vous serait ouverte, et la mienne toute la première?... Et vous faites la dédaigneuse, comme si la place que je vous offre n'était pas à la hauteur de votre mérite !
ROSE
.le ue iix' crois aucun mérite, madame. Je n'ai qu'un but, qui est de continuer à