‹ Rosine; comédie en quatre actesChapitre 127 sur 149 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

LOUISON

Voulez-vous que je vous parle franchement, monsieur?

HÉLION

Va!

Eh bien! je pense que vous vous trompez, si vous croyez que Rose deviendra jamais une cocotte.

HÉLION, se levant.

Mais, il n'est pas question... Une cocotte!... Sais-tu seulement ce que c'est qu'une cocotte, toi qui n'as jamais quitté la campagne?

LOUISON

j'en ai connu deux.

HÉLION

Ah bah !

LOUISON

A Louzy, près de chez nous, la plus belle maison du pays, après le château, était habitée par une ancienne cocotte. Elle y restait six mois tous les ans. C'était une grande femme maigre, avec des cheveux de carotte ; mais, très comme il faut tout de même. De temps en temps, elle recevait des gens de la ville : le notaire, le substitut. Le général est venu une fois. Je la rencontrais tous les dimanches, à l'église. Elle avait l'air très heureux. On voyait bien qu'elle ne s'était pas ennuyée dans la vie !

HÉLION, riant.

Ah!... El l'autre?

L'autre était beaucoup plus jeune. Elle

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