ACTE QUATRIÈME
HÉLION, la tenant toujours.
Si vous saviez quel ami discret, dévoué, peu exigeant, vous auriez en moi!... Vous arrangeriez votre existence à votre guise ; elle serait assurée pour jamais. Vous resteriez la femme la plus libre qui soit!... Vous ne pouvez pas refuser cela. — C'est convenu?
ROSE, se dégageant.
Non ! Allez-vous en, je vous en prie...
HÉLION
Qui vous retient dans cette ville, où vous n'avez ni parents, ni relations, ni situation ; où \ous êtes livrée à la mauvaise volonté, aux taquineries de tout le monde? Sans compter les calomnies, les humiliations, les déboires, toutes les petites méchancetés de la province contre lesquelles votre
courage, à la longue, se brisera. Je vous dis que la province n'est pas habitable pour une femme comme vous, (aium iui prendre ia main.) H faut la quitter... Il le faut ! Ce serait une folie insigne de refuser plus longtemps. Vous partirez d'ici le jour et l'heure qui vous plairont. Vous emmènerez votre cousine. Il suffira que vous me préveniez la veille par un petit mot, un simple oui, sous enveloppe, adressé à la fabrique, bien entendu. Ne craignez rien de ma femme, ni de personne. J'ai tout prévu, tout combiné, même votre installation à Paris... Ne me répondez pas, c'est inutile. Maintenant, je m'en vais... J'attends votre signal. Demain, par exemple, ou après-demain...
Au revoir, Rose. Ma parole d'honneur, je
suis toill à vous! A demain!... (u sort en disant à part.) Je n'ai pas été amoureux à ce pointlà, depuis Léontine.