ACTE PREMIER
l'infamie que vous avez commise, voire mère et vous, vous portera malheur !
LUCIE, se retournant.
Qu'est-ce que vous dites ?
ROSE
Je dis que je porte malheur aux gens qui me font du mal, et que je vous porterai malheur, à vous !
LUCIE, tressaillant.
Ce n'est pas possible ! Et en quoi pour-
rieZ-VOUS nOUS nuire? (silence de Rose.) Vous
ne pouvez point nous nuire !... Vous ne répondez pas? Vous allez essayer de nous jeter un sort, peut-ôtre?
rosi:.
Je ne prononcerai plus votre nom des que vous aurez passé cette porte ; mais, j<' suis tranquille, je serai vengée.
LUCIE, à part.
C'est qu'elle en est capable, de nous jeter un sort ! (Haut.) Voyons, Rose, il est inutile de se brouiller complètement. Prenez l'argent qu'on vous offre. On vous en donnera encore, quand vous n'en aurez
plus. (Elle tire une vieille bourse de sa poche.) 1 re-
nez-le! On s'engagera par écrit. — Tenez, vous n'êtes qu'une méchante et dangereuse créature, une femme sans cœur, et si jamais, il nous arrive malheur... (Eiia la
menace de la main, puis tout à coup, changeant de ton.)
Vous devriez prendre l'argent... (Rose repousse la bourse avec la main et la jette par terre. Lucie revient encore une fois vers elle, radoucie.) J)C—
sinz-vous lui parler, à Jean? Vous verrez que ce n'est point moi...
ROSE
Je neveux plus ni lui parler, ni le voir...