‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 116 sur 168 · B. S. indu.: t8yo, p. 35o · texte numérisé non relu

B. S. indu.: t8yo, p. 35o

serrées les unes contre les autres. Un plan de la ville marquerait qu on a été aussi prodigue d'espace pour les premières qu'avare de terrain pour les secondes. Néanmoins les habitations sont peu élevées. Cette zone contient, sur l'ensemble de la ville, 87 pour 100 des maisons à 2 étages, 90 pour 100 des maisons à un étage. Elles se pressent le long des axes de la circulation principale, elles s'échelonnent et se disséminent loin de la fonction industrielle. Plusieurs voies de communication nont de la ville que le pavage, les trottoirs et l'éclairage; elles semblent appeler les futures fabriques qui leur donneront la vie. Par les grandes rues de ces faubourgs, Rouen entre en contact intime avec les communes suburbaines. Ces agents ont permis à la ville croissante d'attirer les forces éparses et de transformer une multiplicité d'établissements en une véritable agglomération. Par les rues, Saint-Sever forme un tout compact avec Petit-Quevilly et Sotteville, Martainville avec Eauplet, Saint-Hilaire avec Darnétal, Cauchoise avec Déville, Marommc et toute la vallée de la rivière de Clères. Entre tous ces peuplements il n'existe guère de différence. La ville s'en sépare par les barrières souvent très fragiles de son octroi.

A l'extérieur du deuxième anneau commence une troisième zone. Parfois elle est en contact immédiat avec la ville comme à Saint-Sever; souvent elle débute aux limites des communes suburbaines les plus rapprochées de la ville. Cette zone se distingue de la précédente parce qu'elle met en œuvre les produits du sous-sol utiles à la construction : tuileries et briqueteries de Bonsecours, de Bihorel et du Mont Saint-Aignan, carrières des Bruyères et de Sotteville, sablières de Quatremare; parce qu'elle sert de dépotoir aux détritus urbains : usine à poudrette du rond-point Sainte-Lucie ; parce qu'elle est le terrain préféré des maraîchers et des fleuristes : cultures de la vallée de l'Aubette et des pentes du Mont-aux-Malados. Elle vit des besoins immédiats de l'agglomération. Par ailleurs, le prix peu élevé du sol a engagé des groupements à s'y

constituer alors que des places entières restent dépourvues d habitation dans le deuxième anneau, plus proche de la cité. La pénétration extrême des tramways suffît le plus souvent pour expliquer cette anomalie. Ce processus de l'émigration urbaine vers la banlieue est particulièrement visible au sud de Saint-Sever, à l'est d'Eauplet, à l'est de l'octroi sur la roule de Lyons-la-Foret et dans le prolongement occidental de la rue du Renard. Enfin cette zone est encore caractérisée par des maisons isolées au milieu des champs, quelquefois à moitié terminées, avec de nombreuses ouvertures. Leur nombre est assez restreint pour que les plans de la ville les indiquent par des signes particuliers au lieu de les marquer par le grisé habituel aux quartiers urbains. La spéculation a déjà alloti les terrains environnants. Elle a désigné les rues sans les tracer. La plupart d entre elles sont de simples sentiers qui, par les champs, mènent à la route. Ce sont les déserts de la ville.

Toute agglomération, « en s'étendant, voit se transformer, par là même, sa structure interne. A mesure qu'elle devient plus vaste, les divisions s'y créent, les centres secondaires s y forment dont l'autonomie va grandissant : le centre est de moins en moins capable de dominer un cercle dont il cesse d'embrasser les limites'. » La ville n'est plus que le noyau de populations agglomérées sur une surface plus ou moins étendue. Son rôle social et son rcMe économique ont changé.

Son site même *s est transformé. Des remblais ont donné au sol une hauteur artificielle. Ces apports atteignent environ 6 mètres dans la cité; ils dépassent 5 mètres dans Saint-Sever, 6 mètres dans le quartiei- du Mont-Uiboudel. Les marais ont été desséchés. Le Malpalu et le Lieu de Santé sont devenus des places habitables. Les rivières ont été couvertes. La Renelle n'est plus qu'un

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