‹ Rouen; étude d'une agglomération urbaineChapitre 12 sur 168 · NT · texte numérisé non relu

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FiG. 2. — Effets du mascaret sur le niveau du Heuve.

<(Lc>* chilTrc- araljcs indiquent les liauleurs en mètre*. — Les chifTres romains

indiquent les heures.)

2 2 Llv SITE DE HOLE\

souvent sa prcmicjc intensité. La méconnaissance de ce fonctionnement avait fait croire à M. Parliot que les travaux du chenal exécutés en i85o avaient été la cause d'une surévélation delà barre; tandis qu'elle n'était qu'une réapparition syncin-oniquc. En réalité, les endigu(^ments ont amené une diminution de hauteur entre Caudehec et Bcrville là où ils ont été achevés. Mais dans l'estuaire où les travaux n (jnt pas été encore entrepris, la barre se trouve à peu de chose prèsà la même altitude'. Quoi qu il en soit, s'il ne change pas la composition chimique de l'eau, car il n'arrive à Rouen aucune trace d'eau salée, du moins le Ilot modifie-t-il complètement les conditions fluviales. Sans être aussi terribles que sur l'Amazone ou le Gange, ces perturbations ne sont pas cependant négligeables à Uouen : elles nécessitent pour chaque naviie l'emploi de iq attaches alin de se fixer à la rive, tandis que 6 sont suffisantes dans un port ordinaire. C est un grave souci pour les ingénieurs de diminuer dans les bassins l'effet du mascaret. Ils y arrivent en abaissant constamment la hauteur du plafond, car un navire a d'autant moins à redouter des effets du llux qu'il a plus d'eau sous la quille.

La vitesse de propagation de la tête de la barre n'est guère plus constante que sa iiauteur. Lapins faible s'applique aux lieux où le mascaret n'existe pas encore ou a souvent disparu. Entre l'heure de la basse mer au Havre et l'arrivée du Ilot à l'embouchure de la Risle, on compte 2 heures 3o à 2 heures 5o. La distance étant de 20 kilomètres, la vitesse moyenne est de 2"',/io à 2"',5o à la seconde. De l'embouchure de la Uisle à Houen le Ilot parcourt lo^i kilomètres en f\ heures, soit 7'". 20 par seconde; la vitesse n'étant que de 5'",3o jusqu'à Quillebeuf et de 'y'",5o plus en amont. Dans un temps calme, sans vent, la marée emploie 3 fois plus de temps à descendre qu'à monter. La vitesse du courant du Ilot à

1. Comov : II. j). i,')! et 177; A. ^at. : F'*'''"' (1740, (>~'i'i, ''»7'4'i-

(juillebeuf, en anièie du mascaret, varie de i"',:io à •2"','jb à la seconde'.

A Rouen, sauf en temps de crue, le courant se renverse aussitôt après l'arrivée du ilôt et la marée monte pendant 'i heures. Puis le niveau du fleuve redescend pendant 8 heures et demie. Dans les pleines et les nouvelles lunes, le Ilot dure trois fois moins que l'ebhe. Pour les navigateurs, il est meilleur à la montée qu'à la descente. Un navire arrive en 5 heures à Rouen, mais pour retourner au Havre, s'il n'est pas très vite et qu'il rencontre la barre, il devra mouiller à ^ illequier, ^ ieux-Port ou Tancarville. Sans doute, la mer, en prolongeant ses elfels jus- (|u'à Rouen, à 1 23 kilomètres des côtes, a facilité singulièrement l'accès de la vieille cité normande à toutes les marines du monde. Mais, aux débuts de l'agglomération, en recouvrant deux fois en vingt-quatre heures les rives plates des méandres, la marée a forcé les populations à s'établir sur les pentes concaves, sur les points élevés, à I abri des eaux.

m. — Le ré<;ime du flelve a Rouen.

Les glaces, le débit, les sécheresses. — Les ^/ace* étaient jadis un grave inconvénient pour la Jiavigation de la Seine. S'il était rare que la rivière fût prise complètement et qu'on put la traverser à pied, comme en 1/107, ^^^ moins était-il fréquent que la débâcle endommageât les ponts et les vaisseaux. Le pont de pierre, aux travées trop étroites, n'y résista pas. Trois arches s écroulèrent en i5o2, trois autres en i583. Il fut complètement inutilisable depuis i5()^. Son lemplacant le pont de bateaux fut gravement attaqué en iG38, 1G69, i"53 et 1779- Presque chaque hiver, les échevins demandaient la remise

1. Belleville: 7, p. l 'i ; Ville do Houen : 230, p. i^; Flaclial : tL>i, p. 88; Comoy : //, p. i83; A. Nal. : F'-i'i* ^•T-'iT-

2/i LE SITE DE ROUEN

(le la foiro de la Chandolcur pour que la rivièie devenue libre pût convoyer les vins el les cidres. Cependant la navigation fut arrêtée complètement pendant 26 jours en 1826, Go jours en i83o, 10 jours en i833. Au commencement du xix" siècle, cet accident était plus rare, les glaces étaient surtout dangereuses entre la Meilleraye el Quillebeuf. Actuellement, il semble que le transit ne doive plus connaître ces empêchements. La Seine gèle par- 9", l'Eure et l'Iton, plus rapides, à - i/i" el - 17°". Or la température moyenne du fleuve est à Marlot de 12", 2, à l\ouen de 11", 5 avec un maximum de 2G" en 1900. Le minimum o" a été atteint trois lois seulement en 1893, 1895, 1908.

Les sécheresses ne sont pas davantage à craindre. La Seine, type des fleuves de la zone tempérée à pluviosité constante, a ses eaux les plus basses à l'époque des plus grandes précipitations atmosphériques, en été. Parmi les crues si nombreuses, signalées par Champion, aucune n'appartient aux mois de juillet, août et septembre. L indice d'écoulement est notablement abaissé pendant la saison chaufle, la plus grande partie de l'eau tombée étant absorbée par la végétation et l'évaporation. En hiver, au contraire, l'évaporation est la seule cause de la perte des eaux ; encore duniiuic-l-elle au fur et à n^esure que le sol meuble se sature : les sources superficielles tendent de plus en plus à rendre presque aussitôt l'eau tombée. A Rouen, la sécheresse n'a jamais présenté de grands inconvénients. La tradition rapporte, cependant, qu'à la suite d'un violent ouragan, en l'an 1 1 19, le fleuve lut desséché et que les habitants le passaient à pied sec. Ce fait trop ancien pour (ju'on puisse le contrôler ne s est pas renouvelé par la suite, ('ependant, en 1819, le niveau de la

1. l'oiiqiK^l : L'i>/, II, p. ÔÔS; Péri au x : :>'>iS\ p. '\'i'.\. 'i'|(), ^^^7, Ô^ÇJ, 55", 587, 75a; Frissarl : iL>j. p. 87; A. S. I. : M. (lomin. : A Xal. : (î" 4(i5, 5oi, 5o:!.

3. l'assy : 5^, p. 59 ; Min. Irav. publ. : i-O. p. v.O(| : \. I'. cl C. : M. ami. mélco. (moyenne de iHJ'S à itjoS).

rivière demeura pendant iG5 jours au-dessous de o™,5o, et d'autre pari, dans les années sèches, en 1862, 1899 et 1 1)01 , on a été obligé de draguer un chenal dans les basfonds de Saint-Adrien pour permettre au passeur de traverser les ouvriers de Saint-Etienne. Dans la Seine maritime, en aval du poni de pierre, les plus basses eaux, dans ces 20 dernières années, ont été o'", 22, le 22 août 1874, et o"',i7. le 3 octobre 190/». Ce qui donne par rapport au zéro des cartes maiines des profondeurs de /i"',25 et V",5o, suffisantes pour la majorité des cargos '.

On arrive aux mêmes résultats par la considération du iléhil. MoNcnnement il est de 202 mèties cubes par seconde, pouvant atteindre 80 mètres cubes à létiage et dépasser 2000 mètres cubes en crue.

On a noté, pendant l'inondation de 1882, 2 ^83 mètres cubes, au pont d Oissel. Le débit d'une crue qui atteint 7"", Go à Mantes est de 2 200 mètres cubes dans cette ville et de 2 ôoo mètres cubes au confluent de l'Eure. En général, le débit de létiage est compris entre 1/20 et i/3o de celui des grandes crues, valeur assez forte pour assurer la navigation du moyen tonnage. Plus que les glaces et les sécheresses, les crues et les inondations sont préjudiciables ^

Les crues. — Le bassin de la Seine offre, en raison de ses faibles dimensions et de la simplicité de sa structure géologique, une réelle homogénéité. Les aflluents et le cours d'eau princi[)al entrent presque simultanément en crue. Ces conditions Indiologiques expliquent le danger des inondations, leur intensité, leur rapidité à s'étendre et à décroître. L'étude des courbes, des variations du ni-

I. lielgraïuJ et Lemoine : (J, p. 287 ; île Marloiine : ïrailé de Géographie physique. Paris, 1910, p. 3Ô7 ; l'iachal : ii>/. p. I0, 5<S ; A. Nal. : F'^'''* «■>7'|0.

3. De Lapparoiit : Traili' île Géologie, ouvr. cilé, p. 178; Hcllcviile : 7, p. S; l'n'aïKleau : afi, p. .'i33 ; Ville de Uoucti : :i.yi), p. i^; Bresse: 'j. p. /18.

veau montre que la crue de la Seine prend à Paris son allure définitive". La crue de l'Oise, ayant à peu près même figure que celle du ileuve, ne la délornie pas, bien qu'elle augmente notablement sa portée. Les autres alfluents. lEpte, l'Andelle, l'Kure, n'ont pas un débit suffisant pour avoir une influence notable. Le j)lus considérable, l'Eure, ne débite pas plus de loo inMres cubes par seconde, dans les plus grandes crues. Aussi, depuis Mantes, la crue au large dans les prés riverains \a-t-elle en diminuant jusqu'à Uouen".

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