‹ Rouge et bleu: comédiesChapitre 15 sur 86 · SCENE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

SCENE DOUZIÈME

LE CHASSEUR

J'étais jeune homme quand j'en suis parti ; tout de même, je ne l'ai pas oublié. Québec ne s'oublie jamais. Et c'est peut-être quand on en. est loin qu'on l'aime davantage, c'est comme un bonheur perdu. (^Les femmes s'essuient les yeiLX,)

M. MONTOUR.

Yous devez y avoir des parents, des amis alors ?

LE CHASSEUR

Oui, mais mon père et ma mère n'y sont plus. . - .

MAD. MONTOUR.

Ils sont ici ... . avec vous ?

LE CHASSE ur, attendri.

Ici ... . avec moi. • • «oui^ madame .... oui.

M. MONTOUR.

Cela vous rend l'exil moins amer, sans doute ?

LE CHASSELR.

Beaucoup, en effet.

ESTELLE

Avez- VOUS des sœurs ?

LE CHASSEUR

Oui, mais je ne les reconnaitrais pas.

36 socs LES BOIS

M. UONTOUR, reganlaut BB famme.

Comme certaine femme que Je connais.

HAD, MONTOUR, UD peu méchamment,

Caroline, par exemple.

M. MONIOEJR.

Vous n'avez pas vu le palais législatif 7 le palais da justice 1 le palais cardinalice ? le. . . .

• LE CHASSEUR

Tout cela n'était qu'un i-êve encoi-e.

MAD. UONTOUa, a'cc hauteur.

Le palais cardinalice?

M MONTOCR.

C'est-à-dire... .c'est le nom qui çst nouveau ; mais ce qui Jait l'impoitanco d'une eb03e....pii d'un homme, c'est le nom.

ESTELLE

Et voua n'avez pas vu la gi-ande allée, avec ea bordure de maiBOUB superbes ?

LE CHASSEUR

Non, elle longeait un maigre pSturage brûlé par le soleil, au temps où Je courais dans les rues de Québec. pi.i;vE. Ni la lumière électrique ?

SCÉNB DOUZIÈMB. 9f

LE OHASSEUB.

JN'on 1 c'étaient alors des réverbères qui s*aUuinaîe&t tard et s'éteignaient tôt.

OLIVE

La nuit est claire comnae le jour.

M. MONTOtJR.

C'est vrai, mais pour les amoureux il n'y a ylus^e clair de lune. {Madame le regarde sévèrement.) Et vous n'avez pas vu le nouvel aqueduc :?

MAD. BIONTOUR, vivement.

De l'eau^jour et nuit maintenant ! à se noyer I

LE CHASSEUR

Ou ne boit plus autre chose, alors ?

M. MONTOUR.

La pression de l'eau est si forte qj^e le^ tnjr^jy Gi'èvent..*» comme des consciences sous la pression de l'or. ... en temps d'élection.

ESTELLE

,Et vous n'avez pas vu le bassin Louise ?

LE CHASSEUR

Pas davantage. Un bassin royal, sans.doate?

I II I - rr^irif^x

scàNB DouzièiycE. 39

Et co n'est pas tout. La terrace Frontopiiç-DuÛjÇgii?, où Von se promène aux accords do la musiquç, jue<ll9 SQUs les canons de la citadelle.^..

M, MONTpUR.

Et le grand hôtel, et le pont (

LE CHASSEUR

Ce ne sera point un pont aux fines, celui-là, il est asse^ diSScUe à résoudre.

OLIVE

Et puis rélargîsscment de la rue Saint leao,

LE CHASSEUR, «ûïpris.

La rue Saint Jean ?

M. MONTOUR.

La rue Saint Jean, tout un côté à terre.

MAD. MpNTOlIR.

Pour le relever, le rebâtir. . . .

ESTELLE

Et voilà pourquoi nous sommes ici.

LE CHASSEUR

Yoilà pourquoi vous êtes ici ?

SO*NE IXyXJZIÈME. 48

MAD. MONTOLR.

Mon Dieu ! Berait-ce lui ?

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