SCÈNE PREMIÈRE
DUCAP, JEAN, en livrée.
DUCAP, familièrement, la main sur l'épaule de Jean.
C*e6t qu'elle te va bien, cette livrée. . . .Tourne-toi donc .... Coulé I Moulé ! . . . . pas un pli ! C'est comuifa Técorce autour de l'arbre. Vous êtes faits Tun pour l'autre. Tu voie que la réflexion est bonne. Il faut toujours se défier du premier mouvement ; il e^t généralement mauvais.
JEAN
Ce n'est pas comme pour la pensée alors, car la première est toujours la bonne.
Et puis, mon garçon, quand on est au service de quelqu'un, il faut se soumettre en tout, ou ... .
JEAN
Ou se démettre.
DUCAP.
Précisément. C'est-à-dire que le bon et fidèle serviteur doit voir par les yeux, entendre j»r les oreilles , parler par la bouche ....
Tiens I mais ce n'est pas du nouveau, cela; fut-il manvais serviteur qii'it no pourrait faire autrement.
Tu m'as interrompu, tu ne m'as pas donné le temps définir. Est-ce que je ne sais pas comme toi qu'il faut des oreilles pour entendre et une bouche pour parler? Ce que tu ne sais pas comme moi, c'est te moment et la manière de «'en servir. Je disais donc r par les yeux, parles oroilles, par la bouche du maître. Bntends-tu ï Comprends-tuf Du maître 1 ... . Ainsi 1 l'avenir, fais attention. Et s'il me plaisait de t'ôter cette livi-ée, qui te sied si bien ....
JEAN
J'en serais délivré ?
DUCAP.
Sur le champ.
JEAN
Vous plaisantez.
Je ne plaisante jamaifi.
Je me suis fait prier pour la prendre, je mo ferais prier davantage pour la laisser : Je suis ainsi fait.
DUGAP.
Et moi qui t'ai supplié de la prendre, je t'ordonnerai de la laisser .... quand il me plaira ; je suis fait ainsi. Mais il ne s'agit pas de cela. Est-ce vrai 06 bruit qui court depuis une heure qu'un domestique des plus nécessiteux 'vient d'hériter d'une fortune ? En sais ta quelque chose ?
JEAN
Le miracle se raconte.
DUCAP.
Ce n'est toujours pas toi.
JEAN
Et pourquoi non ?
DUCAP.
Parce que, fier comme tu l'es, tu aurais déjà jeté ma livrée au diable.
JEAN
Yous voulez dire que je vous l'aurais remise ?. .. Mais s'il me plaît de la garder ?
Cela ne te plaît point.
JEAN
Je viens de vous dire que j'ai des idées à moi.
Bes id^ea, ce D'est pns cela qui ennchit. On crève do faim avec des idées.
JEAN
Vous ne deviez pas manquer do faire fortune.
DUCAP.
Je n'en avais qu'une, mais elle était fixe. Une i<lée fixe, c'est une grande force; c'est la goutte d'eau qui perce la pierre. , , .Ainsi, tu ne sais pas quel est cet heureux gargon qui n'a qu'i ouvrir ieS'mjwns pour que le ciel les loi remplissent d'or ?
C'était pour vous parler de cet heureux mortel que je suis entre ici ce matin. Voua ne m'en avez )>as donné le temps. ...vous m'avez entnùné aillaura. Maintenant excusea-moi, il faut que je voie Paul. Ensuit* Je voua répondrai.
Il n'est pas nécessaire que tu sortes, il va venir dans un iustant ; il vient souvent, rapport à la voiture. Tu ferais mieux do reprendre l'ouvrage. Ta journde n'est pas unie....
{Mad, Ducap entre.)