‹ Rouge et bleu: comédiesChapitre 6 sur 86 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

OLIVE, seule, des fleurs plein les mains.

Quelle fureur! Jo no croyais pas que cela pouvait . devenir une pnssion si terrible, la pêche. Tenir une poi'f'he immobile pont- prendre un poisson qu'on ne vnii pMS.. Si on pouvait choisir, cncoi'c, je comprendrais. {Elle s'ass'ed). J'en ai assez pour l'instant, de ces cour^es-li\. Celle Estelle est inlati£i:able. La voilà qui descend vers l'otang. Elle aime l'eau comme moi le gîizon. Et pui^, elle cherche des insectes un pou partout. Bî-rrr ! J'ai peur de ces petites bêles qui trottent clfrontdes ou curieuses, et de leurs pattos drues et mordantes vous râpent r(5pidermo.. ..Et pourtant j'en fais uno collection. Mais j'aime mieux

20 BOUS LES BÔIB.

OLIVE

Moi, je dormirais. (Elle s'étend sur la mousse,) Que Ton doit faire de beaux rêves parmi le8 flourfl et i<^» oiseaux !

MAD. MONTOUR.

Ce sommeil qui te gagne, Olive, c'est aussi un réveil.-.. Eepose-toi ; je vais lire quelques pages au pied de ce grand chêfie, en attendant le retour de ton père.... avec ses poissons. (^EUe prend le livre laissé par M, Montour,) Est-ce amusant, cela?

OLIVE

Oui, bien amusant, c'est de la poésie.

MAD. MONTOUR.

De la poésie ?. . - . Lisons de la poésie, alors . • . . Loin du bruit, sous les bois parfumés, la poésie doit avoir un charme tout p'iirticulier. (Elle ouvre le livre.) Mais, c'est Canadien I. . • De la poésie de chez nous ! • . .

OLIVE

Oui, mère, et de la belle, encore !

MAD. MONTOUR.

Il me semble que la poésie étrangère vaut mieux. Plus ça vient do loin, plus ça doit être beau.

OLIVE

Triste préjugé, ma mère.

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