SCÈNE VI
OLIVE, MADAME MONTOUR.
MAD. MONTOUR.
Ouf! quel bain délicieux ! L'eau est tiède, le sable, au fond, est doux au toucher. On croirait rouler sur des perles, Mais qu'est-ce ton père avait donc à crier : Plonge ! plonge!.... Est-ce que je ?.... Mais non pourtant.... Où est-il donc ?
OLIVE
Il vient de s’élancer à la pêche.
MAD. MONTOUR.
De s’élancer à la pêche ? IL n’a pas coutume de se montrer si âpre au plaisir de la ligne. C’est un plaisir trop calme pour son aumeur. Mais sous les-bois, dans la solitude, parmi les plantes sauvages ot les oiseaux coquets, il me semble qu'il se fait un réveil étrange. Nous nous sentons remués, secoués .. .….
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OLIVE
Moi, je dormirais, (Elle s'étend sur la mousse.) Que l'on doit faire de beaux rêves parmi les £ours ot los oiseaux |
MAD. MONTOUR,
Ue sommeil qui te gagne, Olive, c’est aussi un réveil.... Repose-toi ; je vais lire quelques pages au pied de ce grand chêne, en attendant le retour de ton père.... avec ses poissons. (Ælle prend le livre laissé par M. Montour.) Est-ce amusunt, cela ?
OLIVE,
Oui, bien amusant, c'est de la poésie.
MAD, MONTOUR,
De la poésie ?.... Lisons de la poésie, alors... Loin du bruit, sous les bois parfumés, la poésie doit avoir un Charme tout particulier. (Ælle ouvre le livre.) Mais, c'est Canadien !... De la poésie de chez nous!...
OLIVE
Oui, mère, ot de la belle, encore !
MAD. MONTOUR.
Il me semble que la poésie étrangère vaut mieux. Plus ça vient de loin, plus ça doit être beau.
OLIVE
Triste préjugé, ma mère.
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