C. Tell
G. Maghiéro.
N. Plessoiano.
J. HÉLIADE Radulesco.
Quant à la proclamation (2) d'Héliade, faite dans un style à la fois religieux, mystique et révolutionnaire, elle porte le cachet très spécial aux harangues, manifestes, écrits parus à cette époque. En voici quelques extraits qui peuvent donner une idée de l'ensemble. D'abord l'épigraphe.
(1) Mémoires sur l'histoire de la régénération rouviaine ^ par Héliade Radulesco, p. 65
(2) Idem, p. 65-69.
Voici, à propos des Mémoires, le jugement porté par les Roumains exilés à Brousse : « Parler des hommes de la sorte, en faisant d'eux des personnages poétiques, et de son livre un roman, c'est une insulte à ses contemporains et surtout à ceux qui ont vu, de leurs propres yeux, et les hommes et les choses.
« Lorsqu'on écrit un roman, on choisit les héros parmi les trépassés et l'on se crée des personnajTes fictifs. » (Suite à V Histoire de Regnauli, par Russo Locus- TEANO, p. 9.)
TEXTE EN LANGUE FRANÇAISE
Dieu seul est Seigneur et il s'est maftifesté à nous ; béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !
Puis, après avoir ainsi présenté les membres du gouvernement provisoire comme les apôtres bénis du Seigneur, la proclamation débute par cette phrase :
Le temps de notre délivrance est arrivé, rappelant ce vers de la Marseillaise :
Le jour de gloire est arrivé;
et continue (i) :
« Le peuple roumain s'éveille au son de la trompette de l'ange « du salut, et il reconnaît son droit de souverain. Paix à vous, « caria liberté vous est annoncée... Tout Roumain est atome du « corps souverain... chacun est fils de la patrie, et d'après notre (( croyance il est plus, il est fils de Dieu. Nous portons tous le « nom de Roumains, et ce nom nous rend tous frères, il impose « silence à tous les intérêts, il éteint toutes les haines. Ainsi « paix à vous, liberté à vous! Ce réveil est pour le bien, pour le a bonheur de toutes les classes de la société, sans dommage « pour aucune d'elles, et même sans dommage réel pour perce sonne. Il ne convient pas non plus de sacrifier le plus grand « nombre pour le plus petit, parce que cela est injuste. Il ne « convient pas non plus de sacrifier le plus petit nombre pour « le plus grand, car cela est violent. Le peuple roumain, en ce « qui concerne l'extérieur, reste inoffensif, respecte les puis- « sances, et demande que celles-ci respectent ses droits, stipulés « par les traités...
« Le peuple roumain rejette un règlement qui est contraire à « ses droits législatifs ainsi qu'aux traités qui reconnaissent son « autonomie. Cette répudiation est même à l'avantage de la
(i) Mémoires sur l'histoire de la régénération roumaine, par HÉliade Radu- LESCQ, p. 65-79.